lundi 22 août 2011

UN BON CRU DANS DE VIEUX FUTS...

DOCTEUR X-RAY speaking ! Encore en direct du Garance Festival... D’aucuns diront que ce genre de festival n’est plus de mon age, mais je défie quiconque de trouver un festival de musiques en France où la moyenne d'age des artistes est aussi élévée ! ! Avant de vivre ces moments avec mes enfants (si ils daignent que les accompagne !), j’ai encore quelques années devant moi, et les Jamaïcains présent à Bagnols sur Cèze ont prouvé eux aussi qu'ils avaient encore le dynamisme et l'authenticité pour régner dans ce rassemblement festif de taille ! Le souvenir des Jamaican Sunrise et autres Jah Sound (les précédentes éditions de ce Festival Reggae à Bagnols sur Cèze), et l’affiche inespérée promise cette année m’ayant rajeuni de 15 ans, j’ai donc fait mon sac, et avec d’autres potes (tous parents ou presque) nous sommes allés camper tranquille du coté des Cascades, pour nous préparer à quatre jours de concerts et sound-systems…

Et ne pas rater le début ! L’ouverture des portes avec un petit retard a vu s’engouffrer plus de 300 combattants, avec leur pass 4 jours ! Les purs et durs, les habitués et dingues de son ne pouvaient pas rater ce rendez-vous : Pour la première fois, un Sound System (en l’occurrence Soul Stereo de Paris) accueille le Team de Studio One, des chanteurs et DJ jamaïcains formant pour l’occasion une revue, s’exprimant en mode impro-sound sur les célèbres instrumentaux forgés par Coxsone et répétés par Fattah le selecta…
Dawn Penn
Winston Francis
Alpheus
Pas moins de dix artistes (pas des moindres) étaient annoncés, entrecoupé d’un concert Live de Burning Spear! Quelques doutes se sont posés quant à la participation de certains, surtout après une première partie de près de 2 heures où l’on n’avait vu que Alpheus, pour une bonne mise en bouche,  un Winston Francis efficace
pour maintenir le coté lover, et Dawn Penn qui n’a pas su ravir sa place inédite sur scène sans groupe derrière !...
WINSTON RODNEY the SPEAR
King Stitt a également fait son apparition pour deux morceaux, ce DJ légendaire au strabisme disgracieux conserve ses capacités de Mc, juste aidé pour monter sur scène jusqu’au micro. Fattah a cité tous les autres intervenants et aucun n’a manqué à l’appel. Ken Boothe était même déjà présent au point presse, mais n’a pas fait de guest meurtrier, il était annoncé seulement pour le lendemain. Plutôt que de résumer l’éclat du Spear, posé sur des riddims plus lents et avec toujours une aura très roots, place à l’improvisation, et à la force de communication de cette revue, avec la grosse surprise pour Carlton Livingston et le coup de grace de Lone Ranger !
Willie "Armagedon" Williams
Dillinger...
Willie Williams et Dillinger, les plus en demi teinte, mais pas pour les mêmes raisons : L'un pas à l'aise et meilleur en Live avec un groupe, l'autre ayant complètement passé à coté du Show vu son état...
LONE RANGER  ! ! !
CARLTON LIVINGSTON
Carlton Livingston l'a dit au micro, il est plus jeune que jamais avec ses semi accapellas, et Lone Ranger est de retour en France avec tous ces bruits familiers :
Boïng, skibit ! ... C'était le premier DJ à venir toaster de cette façon en France fin 80 à Paris !

Sur que ce show n'était pas tout à fait préparé, mais le selector parisien a du surement kiffer ces moments-là, présents autour d'artistes qui ont joué un role majeur dans la carrière de Mr Coxsone... On le voit ici avec Jim Brown (autre grosse surprise que ce DJ méconnu qui avait disparu depuis longtemps), Carlton Livingston et Dillinger, le lendemain du Set ! ! 
Après un tel déluge d'artistes sur scène, quelquefois pour une chanson à peine évoqué, ou pour des duos (voire trios) improvisés, le retour au camping s'est fait tout seul. On a pas pu bien voir tous les stands qui nous attendaient avec leurs vinyls, leurs accessoires Vert-Jaune-Rouge et leur odeurs d'épices qui montaient à nos papilles. Ni sentir les basses du Sound-system, qui était présent les quatre jours adossé de l'autre coté du Parc, avec un coté "amphi" qui rappellait l'Université du Dub à Luminy...

Ce sera chose faite dès le lendemain, avec un très bon programme coté Dub Station corner, entre le très moderne Sandeeno et le plus classique et très efficace Carl Meeks, et le son des allemands de Jahtari que l'on retrouvera en Octobre à Marseille.

L'équipe de Musical Riot est habitué de voir cette affluence, et controle à merveille son affaire, ils ont même invité Prince Jazzboe en dehors du site, pour une rencontre au micro assez mémorable parait-il !

Le stand de Musical Riot, face à l'espace Dub qu'ils organisent
Coté scène, ce sont d'autres vibes que l'on va partager, un reggae plus lent et innoffensif, de la première partie (Natty, peut mieux faire!) à Midnite, annoncé comme un grand come-back après leur première date fracassante à Bagnols, pour le Jahsound en 2005, concert qui les avaient alors révélé au public Français. Cette messe finale n'était somme toute pas si lente que celà, hypnotique et militante, ce concert était trop court et lechanteur n'a peut-être pas su dégager son charisme et son inspiration derrière un faciès absent et un drole de chapeau sur ses locks !
Vaugh Benjamin, une prestence quasi pharaonique...
Je ne vais pas convertir ceux qui ne sont pas rentrés dans ce shéma, mais j'avoue avoir vu de nombreux témoins embrasser la Cause. Il y avait en tout cas plus de magie et de vibes que les deux prestations précédentes, tout ce que l'on aime pas dans le Reggae...

Façon Disneyland avec un Cliff en mode Best of qui nous joue le Roi Lion sans aucune aura, ou façon Star Wars avec l'Empire Sly & Roobie qui nous la refait, en pire, avec leur guitariste nauséabond, et un manque de feeling certain. Comble du comble, le chanteur venu en Guest nous fera tomber son turban, et disparaîtra sans finir son show. Absurde et affligeant ! A ce train là, valait mieux encore rester dans l'époque bénie avec un Ken Boothe tout en puissance, très humble et démarrant son set par du Reggae Roots...
Les No More Babylon l'avaient déjà suivi dans des tours en Europe et en France, et même pour un cd Live... Le Papy avait beau marquer ses traits de Patriarche, il a su y ajouter un certain militantisme qui lui sied bien (ouah, ce final avec Freddom Street"), et qui le portera en digne vainqueur de la soirée.
Le Gladiator Clinton fearon

Pour Clinton Fearon, sous le soleil couchant du Gard, son set n'aura pas été asse puissant. Peut-être qu'il n'est pas si habitué aux grandes scènes, ou qu'il a été ceinturé par un sonorisateur peu convaincant (car dans l'ensemble, il y avait pour tous les shows un super son) !

Jimmy Cliff en Conférence de Presse
En tout cas, pour notre deuxième retour aux Cascades sous la nuit étoilée, la messe était dite : C'est dans les vieilles marmites que la soupe mijote longtemps et que son goût reste authentique ! On aurait même eu bien envie de sentir encore cette vibes Rock Steady les deux jours restants....

A DEMAIN POUR LA SUITE! UN GRAND MERCI A TOUHID POUR LES SUPERBES PHOTOS

Sly & Roobie en conférence de presse