mercredi 11 mars 2009

"Eh, y'a rien, là ...?" (avec l'accent c'est mieux !)

Une Semaine orange pour Marseille, avec la venue de l’Ajax Amsterdam au Stade Vélodrome (ce n'est pas vraiment le sujet de ce blog sur le REGGAE, quoique...)?
Non, plutôt une prise de conscience, un avertisseur juste avant que le feu devienne rouge, coté Culture et Musiques, dans notre belle cité...

On en parle pourtant jusqu’à Paris : Massilia et le Reggae, la Planete Mars et le Rap, Marseille et sa Fiesta,… tous les sujets tendent à corroborer le fait que l’on soit le centre de spécialités bien musicales, et l’Histoire ne nous contredit pas, de Iam à Anaïs, mais aussi plus près de nos goûts REGGAE l’asso Massilia Dub, qui enfantera les gars de Massilia Sound System, et le concert de Jo Corbeau sur le parvis de Notre Dame de la Garde…
Mais là où le bas blesse, c’est quand on jette un coup d’œil à la corbeille, et que l’on déroule les projets non soutenus par la ville : Nuits blanches pour la musique noire au Parc Beaumont puis au Frioul (aaah, LKJ avec le clapottis des vagues, en 91, celà le faisait bien !), le festival de Blues au Théatre de la sucrière, ou mon premier festival en 1984 à la MJC Corderie pour un concours de DJ, le tremplin Tentazik, le concert gratuit des wailers au Parc Chanot, et j'en passe : Jamais un festival en extérieur dans les alentours de la ville ou mieux encore au cœur de la cité. Jamais un grand évènement avec du REGGAE dans sa programmation !…
Sans creuser si profond dans cette corbeille, des évènements de qualité (et d’actualité) ne semblent pas figurer dans les plans de reconversion de la ville en capitale culturelle, prévu pour 2013. Qu’ils soient REGGAE ou non, d’ailleurs. Mais encore plus si ils le sont ! Ainsi, se bat encore cette année Ras Henri et le Jah Sound Festival pour trouver une terre d’exil ailleurs que dans la cité phocéenne, où il devrait être pourtant logiquement accueilli!

Plus grave, on redoute que le festival ayant la plus grosse notoriété aujourd’hui (non, je ne parle pas de la Fiesta et des ses milliers de cartons d’invitations), Marsatac ( – la dernière édition a été chroniqué sur ce blog - voir « aux frontières du genre… ») ne reçoive aucun soutien de la part des instances dirigeantes, et qu’il peine à trouver un lieu de remplacement, le J4 étant occupé par les travaux du MUCEM. Il risquerait bien d’entrer dans une voie de garage et d’y rester ! Et ce malgré tous les partenaires institutionels et commerciaux qu'il a su tisser depuis 10 Ans. Si la municipalité fait la moue pour raisons politiques, elle ne s’en défend pas et refuse depuis toujours de créer son propre festival de musiques actuelles. Et pourtant, de Rennes à Bourges, et ici dans la région, de la presqu’île du Gaou aux arènes de Nîmes, on entend chaque été des notes REGGAE, mais aussi Rap, Rock, Jazz et autres, fredonnés au dessus des vagues par les Gabians…

Les seules raisons apportées sont « Pas de lieu » et des nuisance sonores qui n'ont pas l'air de concerner les concerts gratuits sur les plages hautement sponsorisé. Question lieux, c’est faux, car le Palais Longchamp accueille déjà du Jazz avec le festival de Jazz des cinq continents, le Frioul le Festival de danse et d’Art de Marseille, et les endroits en Friche, comme la Friche justement ne sont pas rares dans cette cité touchée par le chômage et la mondialisation de son économie, de ses chantiers navals à son savon… Un autre exemple : Dans ses nombreux quartiers, les places et jardins publics regorgent d'endroits idylliques pour y recevoir le Garden’Blues Festival, mais l’asso qui gère ce festival ne trouve aucun portique ouvert, et a du se rabattre en intérieur dans la salle de l’Espace Julien, après plus de 15 ans d’existence !
Quant on sait que Marseille n’est aujourd’hui pour les tourneurs plus du tout « la deuxième grosse date d’une tournée », après Paris, on comprend que des stars comme Jimmy Cliff, Ziggy Marley, ne se sont jamais arrêtés ici, et que les tournées plus confidentielles d’artistes Reggae préfèrent désormais l’axe Bordeaux – Montpellier – Lyon pour conduire leurs artistes. Toulon et Aubagne restent les deux seules bulles d’air pour étendre le message REGGAE dans nos terres... (voir agenda)

En attendant Lundi prochain le programme du prochain festival du Gaou (qui réserve une date chaque année au REGGAE, le Reggae Night Party ayant reçu l’an dernier Tiken Jah Fakoly et Zion Train), Toulon acceuillera à la fin du mois prochain le premier Festival des Couleurs Urbaines avec U Roy + Pablo Moses +Seyni and Yeliba + No More Babylon + Selector Asher Selector, mais aussi Idir, IAM, Kenza Farrah,...)


Et si l’on remonte la Plaine de l’Huveaune, on s’arrêtera un moment au feu vert, en parfait éco-citoyen déterminé, à Aubagne le 10 Avril prochain, pour participer à une première dans le genre, la Dub Conference sur la Culture, auquel j’y participerai, associé au RAMA. Une date capitale puisque l’on reparlera de tous ces freins et de ces verbalisations qui nous obligent à nous arrêter sur la ligne et ne plus voir de feu qui brille…


(Merci à Marseille-sympa.com pour les photos de ma ville, de la Pointe Rouge à la Barasse, quartier du garden' blues et lieu de l'after underground donné en l'honneur de Kiddus I et Winston Mcanuff - voir la rubrique "les concerts mémorables"...)

BIG UP AU JA SOUND !