mercredi 6 mai 2009

Seyne ouverte


Détendus et heureux, on pouvait voir s’afficher les couleurs urbaines en lieu et place des anciens chantiers navals de la Seyne sur mer pour un week-end du 1er Mai festif et optimiste.

On aurait pu être frustré, après la manif’ du matin, de rentrer chez soi à ruminer ses problèmes mais la Chourmo a repoussé la morosité avec sa comédia provençale... Si le repas familial ne fait plus l’unanimité pour se retrouver, Idir jouera le lendemain avec la jeune génération R&B pour contenter tout le monde… Et quoi de mieux que du Reggae, pour installer un esprit cool dans un festival sain… et sauf. Cette programmation familiale et sans risques s’étirait à d’autres concerts mais le week-end passé sur l’Esplanade Marine s’est révélé un franc succès, chapeau bas pour le son et l’organisation infaillible dans son ensemble… Les toulonnais de No More Babylon étaient à l’honneur mais sans guests comme Dennis Alcapone, Winston Reedy, Earl Sixteen, ou même Ken Boothe pour ouvril le bal. Le groupe de Seyni (« sur scène à la Seyne » a-t-il relevé !) apportait une touche plus traditionnelle, avec surtout l'emploi d'un balafon qui accompagnera le groupe Yeliba. C’est ensuite le père fondateur du style DJ, à défaut d'avoir été le premier, Daddy U-Roy, de passer en revue tous les styles, du Rock steady de ses débuts au son anglais actuel, oubliant toutefois l’apogée de sa carrière, ses cris stridents dans l’écho du dub, et des perles de roots comme Babylon's Burning, Evil Doers ou Jumping for joy. Tout comme Pablo Moses, cet artiste n’avait pas d’actualité et ne répétait qu’un répertoire qu’il connaît par cœur... Et Seyni et Pablo Moses avaient déjà croisé leur route (en 2007, merci Tighten up pour la photo, même petite !) Mais c'était l'unique occasion de croiser cette tournée, qui présentait deux monuments du Reggae à une jeune génération, qui aura eu la chance de voir ces deux-là. Pour leur premier grand rendez-vous sans Lux B., le Massilia Sound System ont donné un bon coup de lifting à leur son, avec notamment la présence de scratcheurs un peu envahissants. Ils ont aussi mis leur projets solos en exergue, le son inédit de Rit sur les textes de Jali ayant fait son petit effet, d’autant que les galéjades bruyantes du Oaï star ou les comptines naïves des Jovents avaient le goût du déjà entendu. Plutôt que le sempiternel pastaga servi au premier rang, on s’attendait certes à un autre partage mais la liesse nous fera oublier les imperfections. A la fin du concert, un seynois un peu frit m'a demandé le nom de ce groupe! Il voulait savor si c'était leur premier concert, j'ai répondu que oui, et celà était vrai dans un sens... Mais comment ne pas capter l’écart de panier moyen entre le spectateur lambda et ceux bien tranquilles, assis sur le pont de leur bunker-yacht, garé sur le coté de la scène ? La municipalité de la Seyne a comblé le temps d’une fête cet écart, qu’un tel festival se doit de pérenniser les prochaines années, avec encore plus d’audace... X - Ray, pour Zibeline (parution le 15 Mai) http://www.nomorebabylon.com/home.html