jeudi 25 juin 2009

back in the USA

Il y a bien longtemps que la Jamaïque n’est plus l’île aux trésors qu’elle était auparavant, américanisé à outrance dans le look et les propos de ses artistes. Curieusement et par effet de miroir, les yankees ont désormais pris le flambeau, sans pour autant prendre les allures de piètres pirates copieurs. On reconnaît facilement un reggae US à intros et breaks inédits, à la réutilisation des cuivres dans ses arrangements et à ce message de groupe, éco-citoyen et volontaire de protéger le Globe et ne plus l’user. Avec son look de sépharade à la longue barbiche, le chanteur a tout l’air d’un gourou mais se défend d’être leader de Groundation, engageant même pour leur dernier album (« Here I am ») un deuxième chorus féminin, qui prend le lead (« So Blind ») et insuffle une expression soul rarement mis en avant dans les studios de Kingston. Leur première véritable prouesse instrumentale (« Walk upright »), comme d’ailleurs la longueur des morceaux illustre bien le feeling jazzy (à la limite de l’improvisation) que n’ont jamais pu s’offrir leurs pairs jamaïcains. Là où le résultat est magique, et c’est le cas sur tous les albums de Groundation, c’est quand ils les invitent à se joindre à eux. « Time has come » suit comme une ombre la plainte des Congos, nous confortant dans l’idée qu’eux n’ont plus depuis longtemps de chansons à chanter, un fossé artistique comblé par l’Occident. C’est quand même un comble… X – Ray