vendredi 31 mai 2013

UNITED FOR JAMAICA !

Entre les escroqueries organisées, les faux pas de nos hommes politiques et même la piraterie de nos comptes sur les réseaux sociaux, on devient vite méfiant dès que l’on entend parler de solidarité. Et quand vous répondez unanimement à un projet social qui se prépare dans un coin de la Jamaïque, comme cela a été le cas le 08 Février dernier, vous êtes donc en droit d’attendre une suite !

L’association Kabba Roots avait organisé en ce début de l’année 2013 un grand concert aux Docks des Suds, pour collecter des fonds et créer un Community Center en Jamaïque. L’idée semblait utopique, mais c’est sans surprise et avec beaucoup de fierté qu’ils réussirent à remplir le Cabaret, et à faire de cette soirée un évènement...
Solidaires autour d’un projet de longue date avec des artistes issus de la Communauté de Rockfort, ils ont dégagé toutes les motivations nécessaires pour réussir leur pari, en alignant sur l’affiche des groupes qui n’étaient plus trop d’actualité, bien que toujours actifs depuis plus de dix ans sur les scènes reggae régionales. L’intérêt porté par certains médias, comme le nouveau magazine V Marseille ou Virgin Radio, a conforté l’équipe du bon sens de leur projet en y apportant le V de la victoire… Très vite on a senti qu’un Public nombreux allait répondre chaleureusement à cette réunion, qui apportait un sens social, des notions d’unité et de partage, et donnait une vision assez complète de la scène Reggae actuelle.
48 heures avant la soirée, il était même question d’agrandir la capacité du lieu à tout l'espace des Docks! Le soir même, il a fallu contenir les longues files d’attente qui grelottaient sous le mistral avant le spectacle et aller au devant de tous les petits problèmes techniques avant le début du show. Bousculade aussi au stand de restauration Ital, normal, c’était trop bon !

Daï Pivo dans le cadre! (Crédit : Keuj)
Si l’on était venu jugé le travail du Kabba, on ne pouvait pourtant que respecter le professionnalisme de cette association, qui a assuré dans sa préparation, et qui n’était pour rien dans les débordements à l’entrée, ou dans la pauvreté des éclairages sur scène par exemple... Poussés par les sons des DJ’s, galvanisés par cet engouement, les artistes ont donné le meilleur, eux aussi. Tous bénévoles, ils offraient ainsi leur répertoire à la Jamaïque pour un soir, donnant à certaines chansons un tout autre éclat. Tous ensemble sur scène, une ambiance assez bon enfant régnait en coulisses, en revoyant tous ces visages nous rappelant de bons souvenirs… Tous à fond et hyper carrés dans leurs efforts, ils ont affiché de l’honnêteté dans leurs messages, la vérité dans leurs propos, et beaucoup d’humilité dans leurs démarches. Le mot d’ordre du Reggae : « One Love » a été suivi dans les règles de l’Art.
Le feeling des Sons of Gaïa a chaleureusement animé la salle. Le dernier album de Daï Pivo n’était pas encore sorti que l’on apprenait que les bénéfices de ses ventes iraient à un association de dons d’organe. La voix de Malik résonnait comme au bon vieux temps, dénonçant toujours les travers de notre société. La présence de nombreuses voix féminines a conforté l’idée que toute la famille Reggae marseillaise s’était rejoint sur scène pour rendre l’appareil au peuple Jamaïcain, et leur donner un soutien inestimable. L’ajout de dernière minute de Jo Corbeau illustre encore ce climat intergénérationnel que l’on retrouvait dans le public, de tout age, certains venus ici voir le Reggae qu’écoutent leurs parents :
Sur l’affiche, un des groupes n’avait plus joué depuis sept ans, et Lionel a du coup été poussé par la reformation des Ras Spigaous, sortant depuis un EP de quatre titres, et préparant ce soir leur retour sur la scène légendaire du Moulin, de longues années après le Marseille Reggae All-Stars, avec un son et une énergie intacte.
Et la Jamaïque ? Elle a suivi tout cela de son quartier perdu de Rockfort. Elle sait que cette fraternité ira un jour consolider leur Community Center. Elle a aussi appris qu’elle pourrait un voir peut-être voir les images de ce concert, la chaîne Mativi ayant tout filmé pour l’occasion, et bien sur toujours de façon bénévole, et l'on réfléchit aujourd'hui à la meilleure façon de distribuer le dvd. Tous les intervenants se sont d’ailleurs prêté le soir même à un interview à chaud dans les backstages. J'y ai quant à moi annoncé la préparation d'un gros disque dur rempli de musique Jamaïcaine, pour le partager dans le Community center avec tous ceux désireux de comprendre leur Histoire...
Mais ce sont surtout les 1250 entrées qu’a comptablisé l’association Kabba Roots et qui ont permis de dégager un bénéfice net de 7500 euros, qui permettront de poser la première pierre.
Mehdi, un des membres fondateurs est parti peu après sur l’île, à ses propres frais. Il y a rencontré les autorités administratives, et a ramené les premières autorisations, les premiers devis pour agrandir les voies menant au centre. Un projet de construction en France d’une maison adaptée au climat tropicale et acheminée ensuite là-bas est aussi à l’étude. Si cet élan de Solidarité est arrivé jusque dans les sphères du gouvernement jamaïcain, il est donc question maintenant d’aller présenter le programme d’échanges et la construction du centre aux autorités, en profitant du 40ème anniversaire de l’Alliance Française, avec qui ils entretiennent des relations solides.
Scali et Al repoussent donc leur voyage de quelques mois pour ne pas faire de faux-pas "pour être carré, car construire une maison n'est pas facile, et celà commence par les papiers, la Fondation". Et peut-être aussi en faisant appel à nos propres institutions, ce projet culturel original nécessitant tous les soutiens possibles. Mais Al l’a si bien dit au micro de Radio Grenouille Mardi dernier, "on se rend compte que ce qu'il s'est passé au Docks le 08 Fevrier, il va falloir le reproduire, pour pouvoir arriver à nos fins là-bas, et ouvrir ce Community Center".
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Moulon au Bar (Credit : Keuj)