jeudi 17 septembre 2009

Petit tour au Portugal

Le Portugal est dans l’esprit des rastas un mauvais souvenir du temps de l’esclavage mais c’est sans doute seulement dans les relents de vin cuit que l’on sent encore le parfum colonial. Ici comme ailleurs, tout a changé, les trottoirs de Porto respirent aujourd’hui la misère comme dans toute grande ville européenne. La jeunesse, abreuvé de rythmes modernes (Techno, Baléaric, mais surtout Jungle et Drum and Bass) et la restreinte communauté black et métisse se rencontre toutefois en concerts, en soirées, et dans les bacs des disquaires. One Love Family, Mercado Negro, Kusondulola sont des groupes ayant déjà plus de 10 ans d’existence et la scène peine à se renouveler. Même les rares magasins de disques de Porto tirent la langue, ferment le rideau, et ne proposent guère de nouveautés… L’album en prix vert nouveauté de la Fnac (eh oui, même là-bas !) est le Youth de Matisyahu, mais ce n’est pas du tout le dernier puisque l’artiste a depuis sorti un Live, et le tout dernier, « Light » il y a quelques semaines… Le lien avec le Brésil lui permet cependant de conserver ses connexions Reggae, car là-bas, il se décline en portugais depuis fort longtemps (Gilberto Gil, Djavan, Luis Wagner, Os Paralamas do Successo, Olodum, Edson Gomes, Tribo de Jah, Ras Ciro Lima, Nativus ou Natiruts, pour un rapide tour chronologique). Même si il est dur de suivre l’actualité jamaïcaine dans ce pays, il résiste pourtant en nous offrant tous les trois mois un grand concert de Reggae, et tous les mercredis soirs dans une discothèque bondée comme Porto Rio (jusqu'à 800 personnes) des soirées Reggae et des DJ de renom (David Rodigan entre autres) gràce à Makiana et ses contacts d’un peu partout. Elle compte d’ailleurs bien inviter le Docteur pour une ordonnance médicale européenne tout à fait exclusive, le 18 Novembre prochain, on en reparlera donc… Reste à Ryanair à faire des efforts sur le poids limite des bagages autorisés, car un vinyl, c’est léger, mais les sélections du Docteur, c’est plutôt du lourd… en tout cas, ils seraient surement très surpris d’entendre nos fils de Gaïa chanter de Marseille leur Reggae Roots dans la langue portugaise ! Check It ! Obrigado...