mardi 13 janvier 2009

BA CISSOKO – SENO

Aussi innatendu qu’un Paris – Dakar traversant la steppe argentine, le dernier album de Ba Cissoko surprend lui par son arrivée en territoire africain ! Après avoir franchi de nombreuses étapes, on le retrouve là où on ne l’attendait pas, sous sa vraie identité.

L’enfant de Conakry révait d’une carrière de footballeur et a refusé de pratiquer la kora « ringarde » de sa famille de griots jusqu’à ses 14 ans. Il a ensuite pris conscience de sa force et innové en branchant son coté rebel sur l’intrument, via des pédales de guitare wah wah. Après l’éclectique « Electric Griot Land », il revient sur l’importance familiale et l’enseignement tardif de son oncle. Ce sont ces leçons, et le parcours de ses souvenirs qui se dégagent de Seno. De la nonchalance du Cap-vert sur le morceau d’ouverture à son passage en Guinée Bissau (« Gambia ») ou en Casamance (« Music », et les titres REGGAE de cet album), son groupe fidèle ne peut pas se perdre dans cet itinéraire. Soudé en tant que famille, ils se sentent chez eux à Marseille, depuis leur découverte il y a 13 ans par les Nuits Metis. Sur la feuille de route, on croise le nom de maîtres conducteurs d’autrefois, comme Kandja Kora clotûrant l’album. L’ombre hendrixienne semble dépassé, tout comme les jalons electros tendus par Yvi Slan (une grande réussite), ou le penchant Dub projeté avec les Dubians et resté sur la ligne de départ. L’invitation n’en est que plus émouvante et généreuse, aux antipodes de leur dernier concert à la Fiesta des suds, où ils avaient fait péter le thermomètre et chauffer leurs cordes en nous montrant à quel vitesse la musique pouvait s’emballer, et dans quel esprit on doit courir…


Ba Cissoko : Séno

(Distribution : Cantos)