lundi 12 octobre 2009

La plus belle pour aller danser...

La meilleure date de la Fiesta 2008 (un an déjà, c'était la naissance de ce blog !) restera une des dernières apparitions d’Alain Bashung. Son ombre plane encore sur les Docks et le voile est tombé sur la programmation de cette année, un concentré de passé, de présent et d’avenir, qui va faire couler beaucoup d’encres…

Bashung avait repris « Les mots bleus », l’hymne blues pour français moyen d’un Saint Christophe moustachu et dragueur, jamais complètement sorti des strass et de l’innocence de l’époque Top 50. Bashung avait aussi au début ce coté Kraut-Punk sale et éméché, radicalement non cartésien que défendait Nina Hagen, qui arrive comme un cheveu dans la soupe… Rêveur et provocante, ces deux artistes divisent ou regroupent les souvenirs de nos 20 ans. et même si la qualité n’était pas toujours là, ils rappellent que ces années 80 ont forgé des styles si personnels et libres qu’il n'en reste plus aucune trace aujourd'hui...

La tchatche de locaux comme Toko Blaze (sympa routier des scènes du Sud) ou Sam Karpénia, l’exotisme baltique (Caravan Palace) ou la plastique d’une bête à cornes (Rinocérose) essaieront non sans peine de se démarquer dans ce lieu présentant ses délires les plus baroques au regard joufflu d’une jeunesse qui a préfère sans doute Marsatac. Le son Reggae est bien absent, surtout depuis que les mixeurs masqués de Loo & Placido nous servent une crème anglaise prise de tête beaucoup moins légères que leurs premiers morceaux (Beatles, Queen, et Disco Inferno en reggae, celà le faisait beaucoup mieux!). Conforme à ses coutumes locales, on touchera du doigt la World-Music la plus farfelue (après la cécité, la paraplégie de Staff Benda Bilili…) et la plus noble (une soirée Flamenco avec Juan Carmona et des danseurs invités). On n’attendra plus le « grand » retour de Khaled, coureur de fond maintes fois invité dans cette épreuve ! De jeunes pousses roots réunionnaises, Toguna seront peut-être un des temps forts des cinq soirs de ce festival avec un bon buzz autour de Izia qui a passé l’épreuve des festivals de cet été, approuvé par le père Higelin. On entend déjà les insatisfaits vouloir remplacer Charlie Winston (autre tête d’affiche plus actuelle) par Leonard Cohen, et Izia par Jacques. Les pingres dénigreront dans cette programmation l’abondance de noms de DJ au lieu de noms de groupes, les plus tatillons l’absence de Nathalie Natiembé déjà croisée avec Bumcello à la Fiesta. Même les moins branchés auront noté que le futur tram se construisant devant la grande scène, il y aura donc du changement cette année, et peut-être encore plus de promiscuité. Mais c'est sur QUE L'ON NE VA PASA LA FIESTA POUR VOIR DES CONCERTS ! La défection de Chaka Demus, qui s'était débarassé de son Pliers dans un premier temps, rassurera tous ceux qui craignaient ce retour plus que douteux ! Le manque de thèmes communs aux soirées (c’est sûr que la soirée du Vendredi 23 avec plateau de danse Hip-Hop et DJs de Constantinople, on ne voit pas cela partout) et de musiques africaines ou jamaïcaines dans la programmation de la Fiesta est redondant depuis le début des festivités… Bernard Aubert nous a indiqué que ses coups de coeur sont Avishai Cohen (Jeudi 22) et Charlie Winston (Vendredi 16), « écoutés tout l’été », même si ils ont surement été pressentis bien avant (!). Si la surprise pourrait être ces icône des années 80 déjà citées, aucune info de plus n'est sorti de la conférence de presse, tant est si bien que l'on se demande si ils savent eux-mêmes où en sont ces artistes d'un point de vue artistique... Mais c'est bien connu, à la Fiesta, ON S'EN FOUT UN PEU DES ARTISTES ! N’hésitant pas à donner carte blanche à des acteurs qu’il soutient, il reste fidèle à des amis comme Khaled (24), et acceuille cette année Juan Carmona (1er concert à la Fiesta en 96 pour son premier album), avec tout le « gratin » du Flamenco et un orchestre symphonique (le 22). La parenthèse Marsatac (considéré comme un mariage « gaché, qui ne pouvait pas se réparer et devait donc se séparer…) laisse place au tapis rouge des docks, pour plus d’ambitions et un peu plus d’un million d’Euros de budget. Tout est fait pour vous plaire pourtant, avec en nouveauté des grands écrans et d’autres fioritures (comme une démonstration de Cocktails), des expos un peu partout dans les containers, et des navettes gratuites pour rentrer. L’équipe agit désormais en responsable (tri sélectif, et gobelet unique pour les bars) et se donne bonne conscience en invitant à la conférence de presse un acousticien qui semble satisfait des améliorations faites(???). Encore pire, on donne dans l'humanitaire en proposant à la fondation Abbé Pierre de mettre une centaine de boites aux lettres à destination de S.D.F. invités, pour leur transmettre des messages de soutien : C'est sur, à la Fiesta, ON Y VA QUE POUR AIDER SON PROCHAIN, NON?...