dimanche 25 janvier 2009

C'était il y a dix ans pour le magazine marseillais Scratch, votre serviteur chroniquait les dernières parutions de "Blood & Fire" qui retraçait largement l'oeuvre de King Tubby. Depuis, le label n'existe plus, et même ces vinyls sont devenus collectors... mais le site internet marche encore
http://www.bloodandfire.co.uk

KING TUBBY / DUB LIKE DIRT ( BAF 026 - LP ou CD ).
L’esprit de Steve Barrow est de ressortir en disques, les meilleures versions reggae jamais enregistrées, mais avec aussi le meilleur son possible. En voyant la pochette de leur dernière réalisation,[ou l'image ci dessous], on peut croire que cela n’a pas dù être facile... Mais il ne faut pas penser que des hommes d’affaires comme Bunny Lee, propriétaire de ce répertoire roots jamaïcain mis en valeur ici, ait pu faire trainer de cette façon de tels trésors. Ces vieilles bandes sont surement celles vouées à la destruction, comme le sont aujourd’hui les galettes vinyls, sur lesquels on represse aujourd’hui d’autres sons, sans se soucier de savoir si une copie existe. Ne regrettez rien, il y a eu telle abondance d’enregistrements à l’époque que vous ne pourriez pas tout connaitre dans une seule vie. On s’en rend compte aujourd’hui par l’affluence de ce genre de compilations, qui ne sentent pas la poussière (comme semble insinuer son titre) mais correspondent plutôt totalement à ce que l’on écoute actuellement : Beaucoup d’effets, des styles hypnotiques, mais sur des morceaux “standards” de reggae roots... Et Steve a eu de plus l’amabilité de décrire cette fois dans le livret chacun des titres, avec sa version correspondante, le nom du chanteur, et le nom de l’ingénieur qui mixait (car la plupart des morceaux sont mixés par Philip Smart au studio de King Tubby, et non par Tubby lui même! ...). KEITH HUDSON : PICK A DUB ( BAF 003 - LP OU CD )
Plus on remonte le temps, plus les essais de prises dubs dans les studios jamaïcains se font rares à entendre. Mais encore plus difficile est de faire aujourd’hui la découverte d’albums entiers, enregistrés dans cette première partie des années 70, à la Genèse du Dub. Peu d’ingénieurs s’y aventuraient, pour tout un album, ou seules quelques copies étaient pressées. Mais ce n’est pas le cas de ce petit chef d’oeuvre, qui rassemble les plus belles versions de titres chantés, ici dans leur état brut. Ce travail précis a été produit par un orfèvre hors pair, dentiste de métier, et malheureusement décédé en 84, Keith Hudson. A chaque fois le titre est coupé de ses lignes mélodiques, pour laisser s’affronter seuls la basse et la batterie. Dès les premières notes de “Pick a dub”, on comprend la vrai âme de ce cd, avec ces coupures et ses sons qui ressurgissent, avec aussi des echos profonds qui nous entrainent et visitent ces studios: A écouter dans un bon casque stéréo!. D’un recoin le plus sombre surgira le cri transcendant de Big Youth, pour amener la réplique, et nous faire comprendre que tous ces titres etaient alors le meilleur outil pour laisser filer le rub a dub des deejays, au microphone, et apprécier la meilleure rythmique musicale de l’île: A savoir les frères Barett, déjà musiciens pour un autre artiste que cet illustre dentiste de Kingston !...
YABBY YOU / KING TUBBY ‘S PROPHECIES OF DUB ( BAF 005 - LP ou CD )
La Bible est au coeur du message rasta diffusé dans le reggae, et ce volume de Blood and Fire nous le rappelle à sa façon. Car bien sur, c’est du dub, donc rien n’est dit, mais il vous suffit de prendre une bible et l’ouvrir aux versets indiqués dans le livret du cd, pour pouvoir pénetrer dans cet univers spirituel. Cet album est surement le plus mystique, le plus prenant, et le plus porteur de toutes les réalisations dub du label Blood and Fire. Il a été plus ou moins remixé à trois reprises différentes, mais les deux autres enregistrements sont aujourd’hui assez rares. Il ne contient pas non plus de morceaux du double cd du même artiste, sur le même label, “Jesus Dread”. Il est donc le troisème tryptique à caler dans son salon, le Livre Sacré au milieu, et à portée de main... Quand on vous dit que ce label, Blood and Fire, c’est la bible des amateurs de reggae, c’est donc quelque part la vérité !.
Docteur X - RAY .
GLEN BROWN AND KING TUBBY : TERMINATION DUB ( BAF 015 LP ou CD )
Peut-être la plus surprenante de toutes ces réeditions de Blood and Fire, car les plus roots d’entre vous connaissaient déjà l’album vocal de Sylford Walker “Lambs Bread”, distribué par Greensleeves, depuis épuisé, ou les versions D.J de Welton Irie “Ghetto man corner”, en vynil seulement [depuis ré-édité, par Blood & fire justement, mavaient-ils lu?], mais surement pas ces délires dubs partagés par deux grands producteurs, King Tubby et Glen Brown. Ce dernier a participé à l’édifice du dub jamaïcain, au même titre que Keith Hudson, et a permis à des jeunes du ghetto d’enregistrer (pour la gloire très souvent) leurs chansons. Il n’y a pas que celles de Sylford dans cet album, mais c’est ses titres qui nous restent en mémoire... Certains mixeurs anglais comme Manasseh ou Rootsman, ont eu d’ailleurs la même réaction, et ont à tout pris voulu en faire leur version, pour les clubs. Les bandes de ces enregistrements n’étant pas multi-pistes, ce travail était d’autant plus difficile. Essayez donc d’attraper au vol “Version 78 style” de Rootsman (version de “Deuteronomy”) ou le “Lambs Bread” de Nick Manasseh, un petit nombre de 10’’ ont été pressés. Sinon, écoutez en boucle cette sélection de Blood and Fire, et essayez d’en faire votre propre mix !
KING TUBBY AND PRINCE JAMMY / DUB ME CRAZY 1/ 2 ( BAF 002 / BAF 013 LP ou CD )
Rares sont les compilations de dub qui se tiennent d’un bout à l’autre du disque, et ces deux volumes du roi du mix ne trangressent pas la règle: Ils auraient même pu être regroupés en un seul disque: Même si quelques versions enflamment chacune des faces, d’autres titres sont très vite zappés : Comment expliquer ça venant du “King Tubby” ? Ces versions sont en fait toutes tirées de bandes matrices ou de faces B de 45 tours, enregistré très souvent en une seule prise, en “cuttant” la bande voix avec à fond reverbs et delays. Ces prises directes sont donc toutes sujettes à improvisation. Les meilleures qui s’en dégagent sont tous fascinantes dans leur version première, chantée, ce qui indique que l’ambiance dans le studio devait être primordiale... Alors pourquoi ne pas plutôt faire des compilations de ces deux versions chacune, les deux faces du même 45 tours par exemple, pour nous prouver tout le génie du mixage?. Et cela éviterait aussi de se creuser la tête à chaque morceau en se disant : Je l’ai cette version, mais dans quel album ? Et chanté par qui ?...
Docteur X - RAY .