vendredi 13 février 2009

Amen, Salam, Shalom, Namaste




Niominka Bi – Salam Shalom
En quête d’unité jusque dans son titre, l’album tant attendu de ces pionniers du Reggae en France est d’actualité. Alerté par la guerre fratricide entre différents pratiquants d’une même famille, « la descendance d’Abraham, Isaac, Ismaël », Soulemane Saar le chanteur se souvient de son expérience vaine au sein des casques bleus et reprend l’arme du micro. Installés à Bordeaux, ils n’ont signé que quatre albums en 15 ans, mais depuis leur première frappe (« Immigré » en 1993), ont conservé leur identité africaine, si bien qu’il est difficile aujourd’hui de les classer comme groupe français. En live, ils ont très vite marqué les esprits et attiré le soutien du label Boucherie, puis le talent de mix de Dennis Bovell. Le pied très souvent au Sénégal, Niominka Bi, « l’homme de la mer » a choisi cette fois d’amarrer sa carrière en Jamaïque et de collaborer avec les artistes maisons du label Makasound, comme Winston Mc Anuff, toujours parfait dans cet esprit d’ouverture ou Cedric Myton qui a ressorti les bandes de son « Fisherman » pour honorer son patronyme. Les membres du N’Diaxas band ont du coup disparu du livret et les titres à l’écoute ne sont plus tout à fait originaux : « Selassié » reprend du Gregory Isaacs, « Alhamdou » une rythmique de Bunny Lee, et « Ndounsay » du Max Roméo. Cet album si africain dans l’âme se fait alors l’écho redevable de la musique jamaïcaine, fait pas si fréquent finalement. La voix si haut perché du chanteur mitraille la paix entre les deux genres, et son talent fait mouche. On espère un retour en force de son armée pour les festivals d’été !
X-Ray
Niomika bi – Salam Shalom (Makafresh)