mardi 7 avril 2009

Un as et une paire

On peut croire que mes autres activités me donnent du retard dans la rédaction de mes chroniques, ce qui est m’a foi un peu vrai... mais il ne faut pas croire que je fasse l’impasse sur certains disques sous prétexte de manque de temps… c’est au contraire par manque de disques ! ! Vous n'avez qu’à voir les sites Internet concurrents, c’est assez illustrateur de la crise que traverse le mouvement. Même les plus gros catalogues commencent à freiner leurs sorties, après avoir pensé bien faire (VP et ses rééditions de chez Randy’s…). Et dans cette humeur morose, certains hésiteront sûrement à promouvoir de bons projets, c’est logique. Ce n’est pas le cas de cette boîte parisienne qui s’engage avec un album dont je vous reparlerai bientôt, « Drumquestra » de Larry Mc Donald, même si il n’a pas l’aval des rootsmen qui lisent ces lignes, peu importe ! D’autres profitent de l’absence de certains (voire de leur décès) pour continuer à les spolier, comme ce mystérieux label parisien Jahslam, qui reprend les mêmes bobines qu’à l’époque Esoldun égrainait déjà, sans retour aux artistes… On ne vous en dira pas plus sur la sortie de ce cd d'Alton Ellis, cela n’en vaut pas la peine, et si vous l'aimez, essayez d’acheter de bons vieux vinyls, cela vaudra mieux. Ou alors de se tourner vers Bitty Mc Lean, qui revient enfin sur le devant de le scène, avec son album « Movin’ on ». On l’annonce en effet comme le digne successeur de Mr Rock Steady, pas étonnant au vu du buzz dégagé lors de la tournée Banlieues bleues il y a deux ans pile, et de ses deux prestations de 2009, en Sound System avec le Soul Stéréo, et au bataclan très bientôt avec Sly & Robbie. Présent dans une presse française unanime, on peut s’interroger sur la fiabilité des éloges de certains quand on sait que le disque est produit par un des chroniqueurs dudit journal, et quand on sait que l’album a été enregistré par les Riddim twins fin 2006. Si on attend trop la sortie d’un nouvel album, c’est louche ! Ils disent avoir entièrement retravaillé leurs compos, on retrouve donc le son des années 80 d’ « Unmetered Taxi » à «Merry Go Round », en passant par le "Trouble You a Trouble Me" de Ini Kamoze, ici livré en duo magnifié par Johnny Osbourne, un son remis à la sauce actuelle, ce qui n’est pas pour déplaire. Quelques bonne reprises d’Otis ou de Bobby Womack, et une patte bien léchée en font une des productions de plus du duo, qui depuis a remis le couvert pour d’autres (Amy Winehouse ne travaillera pas pour eux, mais U2 ( !) Wasis Diop, et surtout Courtney John (à découvrir bientôt sur ce blog) font partie depuis de leurs carnets de commande, avec Lutan Fyah et Cherine Anderson. On va sûrement dire que c’est facile pour eux de délivrer ce reggae pop de modeste facture, surtout si l’on écoute une chanson comme "you’re welcome stop on by", mais ce n’est pas nécessairement grâce à leur travail que cet album vaut son pesant d’or. Ce petit Bitty fait des ravages quand il s’agit de remonter le temps, c’est un peu le Raphael Saadiq du Reggae, un Beres Hammond qui aurait redécouvert de vieux vinyles sur sa platine, un jeune de la nouvelle Star qui aurait décidé de nous épater (tiens d’ailleurs il ressemble un peu au black de service de cette année, un certain Dané…). Le passé déjà chargé de cet artiste parle pour lui. Ancien chanteur avec UB 40 (il y a quinze ans, bien avant Maxi Priest !), il a sorti son premier LP en 94. Grâce au disquaire/distributeur UK de Studio One Peckings, il a ensuite par deux fois remis au goût du jour avec succès les oldies rock steady que l’on connaît par cœur de Coxsone et Duke Reid. « Come to Me » « Real Thing » et sa reprise de Stevie Wonder (« Lately ») font mouche sur ce nouvel album, et même si il n’y a pas la hargne quand il touche au chef d’œuvre qu’est « try a little tenderness », il y a une ame, un cœur, un feeling. Il reste la Soul montante, une étoile filante promu à un bel avenir… A écouter à deux sous le duvet, et si vous êtes tout seul, préférez donc ses deux albums précédents, pour y retrouver l’âme sœur sur de bons 45 tours d’avant… X- Ray