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samedi 6 décembre 2008

IL Y DIX ANS, UN CONCERT CHRONIQUE PAR LE DOCTEUR


SA MAJESTE RASTA FAR I a dans le monde du reggae de nombreux disciples, qui ne concoivent pas cette musique sans s’accompagner une communication spirituelle. Derrière les vapeurs de ganja, cette communion de foi peut paraître exhubérante et éphémère, mais dans une situation d’opression constante du système, cette éveil culturel, voire religieux, semé dans les ghettos du monde entier, pourrait bien représenter une force dans le futur. Beaucoup attendaient donc la venue de Ras Michaël and the sons of Negus, pour ressentir ce genre de vibrations. Le maître du Nyabinghi était là, autant appécier ce qu’il nous a donné pendant cette tournée :Rencontre, interviews et compte rendus de cette grand messe commenté par votre missionaire...

Mista’ Aziz et son Mélomanes Club étaient sans doute les plus désireux de faire revenir ce groupe en France, après un premier passage dans les années 80 qui s’était révélé désastreux, mais auquel les quelques marseillais présents en retiendront toute la chaleur: Sans argent, les musiciens avaient été logés pandant quelques jours dans notre ville, avant de partir (en stop) sur Nice pour un nouveau concert qui devait leur permettre de rentrer chez eux. Depuis la venue des Abyssinians, on sait que le “posse” de Montpellier a toujours axé son travail sur les attaches culturels du mouvement reggae. La branche nyabinghi est surement celle qui reste la plus proche des racines, mais leur chef de file historique restait planqué en Californie, sans sortir de nouveaux albums, et faisant seulement quelques uniques apparitions dans des festivals, comme l’hommage à Bob à Long Beach en 1991, ou le “Reggae on the Rocks”. “Ma “Base est en Californie, on peut me rencontrer, y prendre des lecons de nyabinghi, s’informer sur la réalité du mouvement rasta et sur la façon de jouer du nyabinghi”. Un peu la même direction qu’ont pris en Jamaïque la confrérie des Mystic revelation of rastafari (le groupe de Cout Ossie)... L’homme ne s’est pas pour autant tourné vers le mode de vie américain. “J’aime vivre dans les montagnes. en JamaÎque, c’est plus flexible. Une vraie communauté...” “On a encore besoin d’argent pour monter là-bas un vrai centre culturel avec un studio, une formation aux nouvelles technologies, un studio d’enregistrement, des cours, mais tout ça est dans et pour le ghetto, il manque encore quelque dizaines de milliers de dollars”. Dur, dur, même si l’homme est appelé jusqu’au Japon pour y donner des performances. Le mois prochain il ira au Gabon avec Burning Spear, et Capleton : Les percussions utilisés, les rythmes employés, le message des textes, tout indique son identification à l’Afrique. “Mais nous ne sommes pas encore alllés là-bas, je n’ai pas joué en Afrique parce qu’à l’époque, il y avait les problèmes de l’Apartheid, et ceci suffisait à justifier mon refus. C’est plus cool aujourd’hui, peut-être serai-je même accueilli en Ethiopie cette année.”. Cette tournée était justement nommé spiritual nyabinghi, et beaucoup de choses ne s’expliqueront pas. “La musique roots est LA façon de vivre, la musique des gens du ghetto. Une communication vers les gens. Un message d’amour, car sans l’amour, on est rien”. Les premières dates au Nord de la France ont permis au groupe de développer tout leur répertoire, et de tester le feeling, indispensable, et rajeunir certains morceaux de son dernier album, “Know now, qui date déjà de 1989. “Marriage à Canaan”, “Give thanks and praises” “War mongers” et “Born in the ghetto” ont le rythme entrainant du reggae “One drop”, et l’ajout de sa frappe à l’Akété nous rappelle aux racines “churchical” des ces titres. A Toulon, leur sonorisateur leur avait fait défaut, et l’on pense que c’est celui de No More Babylon, qu’il l’a remplacé, donnant une dimension très dub aux morceaux, d’une excellente manière. Chaque prestation se révèlera très différente, tant l’improvisation et l’ordre des morceaux pourrat être modifié suivant ce qu’il dégage. Et suivant ce que le public pourra dégager. Et, surprise, c’est une nouvelle génération qui s’est déplacé: Les enfants de Marley. “ Bob me l’avait déjà dit, je lui parlais de ça la nuit dernière, et il a répondu : “Ras Michaël est un nyabinghi specialist.” Je te le dis comme c’est: Ce coté spirituel, tourné vers les racines, mon style, ma musique, il l’avait compris, lui et Bunny Wailer. Il disait: “Regarde tous ces gens qui jouent du reggae: Pour écouter cette musique, et qu’elle reste, il faut la jouer avec le coeur; mais ce sont des vibrations simples, quand on est chanceux de les trouver, on est heureux, man. ” Plus de trois heures à Dijon, Deux heures et demi à Toulon, bien moins à Marseille, et un grand succés à Montpellier, le fief des Mélomanes. Une grande envie de jouer. En fait, le public à Marseille paraissait en comparaison quelque peu endormi, ou trop Irie, ne saisissant pas comme il se devait, l’envie qu’avait le chanteur de nous faire participer. Avertissement intraduisible de ce fumeur de pipe (une tradition ancienne): “L’usage de ganja n’est pas une “likle slang thing”, (autrement dit, il ne faut pas le prendre à la légère...), c’est à usage de méditation spirituelle, et la fumer n’est pas la seule utilisation: Tu peux la bouillir, boire le thé, soigner les glocomes, ou d’autres maladies, tu peux la cuisiner, la manger comme un légume, yes! C’est une réalité, on ne peut en être dépendant si on l’utilise de cette manière. C’est écrit dans la bible...”. Légalisation? “Les choses vont changer, il faut attendre encore”.



Ambiance un peu lassive donc, à l’Espace Julien, Michaël était un peu tendu et fatigué, car en fin de tournée. Cette fois, c’est le claviers qui s’est tout de suite détaché du lot. Avec des solos très inspirés, façon Jackie Mitoo, son allure ne paie pourtant pas de mine, mais sous son chapeau se cachait quelqu’un d’assez réservé, dans l’ombre et la lignée des plus grands “Les sons of Negus sont une évolution, une sorte d’institution, beaucoup de frères sont passés par là. Tous choisis parmi les fils de Dieu. Roobie Shakespeare, Sly sont passés par là”. Roobie Lyn, Peter Tosh a fait beaucoup d’albums pour moi, c’est un concept, de l’inteérieur, chacun choisi pour son individualité, leur connaissance fait le reste... Le batteur, Benbow, lui aussi. Et il se sentait bien à Marseille, le sourire derrière les toms, on captait sa complicité et sa volonté de réusir. Une nouvelle fois. A Toulon, c’était le sax, bien mis en valeur par le son, qui s’est surpassé sur des envolées de riddim studio One. A Montpellier, curieusement, c’est le guitariste, assez timide jusque là qui s’est dévoilé. Comme si ils étaient conduits par un ordre divin, tout était pretexte à une libre improvisation, et Ras Michaël a suivant les dates plus frappé le nyabinghi. Il a même repris juqu’à trois fois le Rastaman chant de Bob à l’Espace Julien. Mais partout, la même prise de conscience, le même humanisme. “Tu ne comprends pas toutes mes paroles quand je chantes, mais tu sens les vibes. Tu sais si ca parle d’amour et de guerre, non?” On aurait voulu savoir son secret, il ne nous l’a pas révélé.Ou plutôt il n’y en a pas : Un prophète est passé de par chez nous, un des derniers piliers vivants de cette musique, reggae, et le vrai maître spirituel actuel du tambour nyabinghi... “Mon premier morceau a été “Ethiopian anthem”” avoue t-il... La conclusion : “Nous avons aimé la réponse du public français. Chaque show était propre, dans toutes les villes c’était bon et différent, tu sais, la musiqe parle d’elle même, et les gens peuvent y trouver ce qu’ils veulent /.../ le revival roots s’explique car c’est un cycle, et nous, nous sommes sur une “bicycle”, et nous allons de partout. Bonne route, et à bientôt pour un nouveau tour de France. Ici, le retour de Ras Michaël est attendu. Comme un Messie... DOCTEUR X-RAY


PS DIX ANS APRES : Ras Michael a sorti en auto prod' complète ses deux plus récents albums, Wa dem a Go do Wid it, et Try Love, mention spéciale au dernier dont vous pouvez entendre des extraits sur ma selecta' number one. Il vit toujours en Californie. Il n'y a pas d'espoir de le revoir chez nous bientôt...

samedi 3 mai 2008

NYABINGHI RESONNE !

Un petit tour d’horizon des disques dont le sujet concerne l’Ethiopie, considéré donc par les rastas de Jamaïque et d’ailleurs comme la terre promise. C'est surprenant mais peu de textes ont ouvertement abordé ce sujet de manière historique, traité à chaque fois de façon plus symbolique ou politique (dans de nombreux titres de Ras Michaël, Culture, Lee Perry, ou Dennis Brown), comme une finalité : Un retour vers le continent Mère, qui concerne l’Afrique dans son intégralité (Aethiopia a été le premier nom de ce continent). Dans les années 60, l’espoir de liberté et de retour aux racines est timidement loué par les Four Gees ou le chanteur Laurel Aitken. On n'y trouve ensuite pas plus de poésie sur l'histoire de ce pays, ou de faits évoquant son actualité : Le site d’Axoum, comme les personnages de Makeda et de Menelik sont rarement cités dans des textes de chansons, et la grande famine à peine évoqué. Seul cependant Hailé Selassié tient une place d’honneur dans l’inspiration Rasta, étant le rédempteur, le roi noir couronné, descendant direct de Salomon et de la Reine de Saba. Mais même sur ce sujet, les détails historiques ne sont guère mis en musique, la visite de sa majesté Selassié en Jamaïque en 1966 a fait l'objet d'un titre de Lui Lepke, un DJ, plus de 10 ans après l'évènement. L’explication est sans doute que peu d'informations étaient disponibles, si bien que peu de jamaïcains ont tenté dans les années 70 de faire ce long voyage vers leurs racines, excepté quelques fidèles de la communauté des Mystic Revelation of Rastafari, qui sont donc les seuls à aborder le sujet de façon concrete, dans leurs « cantiques nyabinghi ». Il faudra attendre les années 90 pour entendre de la voix de Luciano, de Sizzla, ou des Morgan Heritage, de vibrants témoignages sur du vécu, et une vision plus concrète et détaillée sur l’Ethiopie. Même I Jah Man ou Israël Vibration n’en ont fait que très tardivement référence. En Angleterre, seules les paroles militantes des Cimarrons au départ, et aujourd'hui les sound anglais ne citent cette civilisation sur des rythmes "steppa". Rappellons aussi les pochettes d’un pur style naïf ethiopien d’ Alpha and Omega. En France, c’est le marseillais Joe Corbeau qui a le premier conté des récits mystiques sur cette destination lointaine, en 1993, dans l’album « Rois des rois ». On trouve aujourd’hui dans le monde entier de nombreux chanteurs d’inspiration « ethio-reggae, » (Iqulah en Hollande, The Amharic en Angleterre, Nazarene en Suède, Isaac Haile Selassié à New York), et en Ethiopie même, où Dallol (un des premiers, produit par Tuff Gong) et d’autres groupes sont apparus, le plus connu étant Teddy Afro, des concerts et festivals commencent aussi à s'organiser dans le pays. Même la veuve Rita est en bons termes pour faire rapatrier le corps de Bob Marley, un des rares à avoir fait à l'époque le voyage, sur le sol éthiopien. Peu d'artistes de Jamaïque sont venus s’installer à Shashamene, sur la terre que Sélassié leur a légué. L’Ethiopie est resté aujourd'hui un mythe lointain mais intact, la fondation de tout le mouvement Rasta.

GROUPES A RECOMMENDER :



Rico Rodriguez : "Man from Wareika", et tous les albums de "Eastman sound", Augustus Pablo en particulier...
The Abyssinians : "1995 + Tax", pour la sublime chanson « Ethiopia », et le « satta massagana », chanté en Amaharique dès 69, alors qu’ils n’étaient pas encore rastas, et que l'on retrouve sur tous leurs cd ou presque !
Mystic Revelation of Rastafari : l'ensemble de leur oeuvre, pour leur message sur l'identité africaine, et le soutien au rapatriement : Dès le début des années 60, des missions en Afrique sont organisés avec notamment Samuel Clayton, leader actuel des MRR A noter que le leader du groupe, Count Ossie a été le premier à étudier les rythmes primitifs "burru", et communiquer ce nouveau son "nyabinghi" au cours de grounations, grands rassemblements rasta autour des percussions (voir discographie nyabinghi sur ce site). Il est mort accidentellement au début de l'année 76, dans des circonstances troubles, écrasé par une cohue à la sortie d'un évènement sportif à Kingston. Si vous avez plus d'infos à ce sujet...

Ras Michael : "Movements", avec l’" Ethiopian anthem", et l'ensemble de son oeuvre, le seul à
présenter un discours Nyabinghi sur fond de reggae...



Autres artistes cités ici:


Alpha and Omega : Safe in the dark.
Iqulah : The mission.
Isaac haile Selassié : Unite.
Joe Corbeau : Roi des Rois.
Dallol, Tukul Band, Teddy Afro, Ethio Stars et quelques cd du label Ethiopiques.


Films : Vas vis et deviens, de RADU MIHAILEANU est une histoire universelle au travers du destin de juifs ethipiens, emmenés en Israël... et documentaires télé de Frederic Mitterand et Alain Decaux (Hailé Selassié), d'autres sur Lalibela, Shashamene, ...

vendredi 2 mai 2008

Hail Hail, Hailé !




La foi rasta s'étant illustrée pleinement dans les pages de la Reggae music, je lève un peu le niveau du débat en vous interrogant sur la raison d'être de cette impulsion mystique, vecue par tous ces musiciens, insulaires et sans racines.

Alors, un peu d'histoire :

Descendants d'esclaves, les Jamaïcains ont conservé des anciennes générations, le devouement christique et les règles de sainteté dictés par la Bible. Avec l'émancipation, des groupes plus ou moins regroupés autour d'un chef, d'une congrégation, ou simplement d'une cour de ghetto, allaient ensemble refaire l'histoire et analyser la similitude de leur sort avec les Juifs persécutés. Ils douteront vite de la représentation d'un Dieu blanc dans un pays Africain, dictée par des occidentaux blancs qui les asservissent dans un pays qui n'est pas le leur... Les premiers balbutiements politiques amèneront l'indépendance du pays, et quelques-uns des leaders noirs les plus progressistes seront écoutés par ces premiers rastas. Marcus Garvey sera ainsi le déclencheur, faisant tourner leur regard vers l'Afrique, leurs racines. Dès lors, la fusion dynamique entre les volontés politiques, la ferveur et la dévotion mystique, et la création artistique, seront toujours traduits dans leur musique. Leur volonté de se battre et défendre leurs droits, mais aussi de vivre dans l'Amour et la Paix, et l'espoir de rejoindre la Mère Afrique sera à jamais leur message.



On célèbre aujourd'hui le 77ème anniversaire du couronnement de sa majesté impériale, Hailé Selassié 1er, Roi des Rois, digne héritier et descendant direct du Roi Salomon et de la Reine de Saba, Makéda, Lion de Judée, incarnation divine qui avait été prophétiquement annoncé par le Jamaïcain Marcus Garvey. Sa disparition entouré de mystère a ajouté une plus grande force de persuasion, propulsé par le succés international du REGGAE. De façon immuable, encore aujourd'hui, les rastas défendent cette puissante foi, en repoussant les critiques de ceux qui veulent mettre en doute sa divinité. De Duke Ellington à Donald Byrd, la musique noire américaine a elle aussi rendu hommage à ce Messie libérateur ...



- Vous cultivez le souvenir, rendez-vous sur : http://www.time.com/time/covers/0,16641,1101301103,00.htmlPar ce lien, vous pourrez lire l'évènement comme si vous y étiez...
-L'Ethiopie est entré en retard dans le troisième millénaire il y a un mois, (ou sommes-nous en avance?....). Beaucoup de pages internet en parlent, et montrent ce pays sous toutes ces coutures : honnetement, il n'y a pas un site qui soit moderne, vivant, et actuel. Mais cette région d'Afrique est une des plus reculée, et peu tournée vers le progrès technologique... Quant à Rastafari, de nombreux sites en Anglais produisent sur la toile du net des informations inéstimables pour tous ceux qui veulent encore essayer de comprendre... mais peu mettent en lumière toute la Vérité : Pour avoir des renseignements surs, essayez plutôt : http://rastaites.com/ qui fourmille d'infos, calendrier éthiopien, news du jour, photos et speeches de Selassié lors de ces voyages dans le monde... J'ai pas encore tout vu ! Mieux, un rasta fou (RAS ADAM) a fait le listing de tous les sites se référant à Rasatafari : Dommage que ceci soit un peu obsolète, car beaucoup de pages ne fonctionnent plus, mais vous pouvez toujours surfer à partir de : http://web.syr.edu/~affellem/raslinx.html. Parmi eux, le récit publié en 2005 de la visite de sa majesté en Jamaïque. Pour un petit résumé, mieux vaut aller à http://www.jahworks.org/music/BookofMemoryExcerpt.htm
- Le livre le plus connu sur la question est sans doute le livre de Leonard Barrett "The rastafarians", et il y a un site qui a transcrit le texte dans son intégralité pour le lire ! L'auteur doit être vex, je ne vous mets donc pas le lien directement, mais si vous le voulez, contactez moi...

Sur You - Tube, j'ai eu l'occasion de voir récemment quelque chose que peu d'historiens du reggae avaient relevé : Hailé Sélassié écoutant le Nyabinghi des Mystic Revelation of Rastafari !!!!!!

- Tout le reste est dans la bible disait I Jah Man, un chapître par jour ! Pour celà, Internet a pu nous mettre à disposition LE site biblique qui permet de lire n'importe quelle bible en n'importe quelle langue : http://www.biblegateway.com/ Vous y trouverez toutes les pages et les versets faisant référence à un personnage de la Bible en particulier (recherche par mot-clé), la version en Français, ou en Ahmarique, si vous savez la lire...