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MIX RAY SOUND ! Fresh 2019...

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mardi 8 novembre 2011

Work in Progress...

Ainsi donc, on est arrivé hier soir tranquillement aux 10 000 vues, signant par là même (je l'avais averti) la fin de ce blog dans le paysage culturel Reggae marseillais (?) .Sniff... En chantier depuis 2008, il n'avait pourtant reçu que des bonnes critiques (sauf indirectement celle de Natty dread...), a surmonté pas mal de problèmes techniques et a essayé de n'oublier aucun acteur, mais toujours de privilégier... les meilleurs !
Rassurons d'abord les quelques-uns parmi ces 10 000 lecteurs ayant parcouru avec attention ses pages virtuelles : Elles resteront visibles encore longtemps, je l'espère, et pourront être lus par 10 000 autres, qui sait. Débuté dans la fin de l'année 2008, ce blog contient donc des archives qui pourront vous intéresser, quelques critiques de disques reggae parus dans des feuilles de chous locales et signés X-Ray, et quelques bios savament préparés... On trouvera aussi actualisé une sélection des meilleures vidéos Reggae trouvées sur le site you tube et ailleurs sur le net

Il y a aussi l'agenda Reggae marseillais que j'essaierai de maintenir, PROMIS (!) au gré des infos que je reçois : A ce sujet, on m'a souvent désavoué quand j'omettais une date, mais on ne m'a jamais remercié d'en avoir mis une sans que je n'ai pourtant reçu d'info de la part du groupe ou de l'organisateur. Disons que celà fait partie du jeu, mais celà peut lasser, et est tellement commun dans le milieu musical (pas que Reggae) que je préfère me taire.
Non, si le blog s'arrête, c'est surtout du à de grosses contraintes pour rendre ces pages vivantes et sonores... Les sites gratuits Deezer, Wormee et autres ont peu à peu freiné le téléchargement de musiques sur des sites blogs (pour protéger les artistes) et ont rendu plus difficile pour moi de mettre à votre disposition régulièrement du (bon) son. Une Web radio attaché au blog serait la seule solution, nécessite du travail mais pourrait être opérationelle bientôt... En ce moment une très longue sélection de plus de trois heures de titres roots avec le titre Africa est disponible (vous pouvez également la télécharger, si à la lecture, celà se bloque !...).
La Playlist est à votre disposition bien sur, et si vous voulez connaître un titre, précisez dans votre mail le minutage et je vous dirai qui c'est ! 
Le temps passé à rédiger chaque article n'étant pas utilisé pour autre chose, il est peut-être temps pour moi de lacher un peu le clavier, les réseaux sociaux et autres websites, et de passer à autre chose... en restant fidèle à moi même et en suivant la même direction, ne vous inquiétez pas ! Un blog n'est pas un livre car un blog s'ecrit au présent, un livre (surtout sur la musique Reggae) fait référence au passé, peut devenir une référence dans l'avenir, mais ne se conjugue pas de la même façon !
Enfin, la valeur de certains artistes ne fait plus briller mes oreilles depuis longtemps, et le Reggae a connu son age d'or il y a bien longtemps. Difficile de trouver des news intéressantes, de belles affiches, et les derniers cd que je reçois ne sont pas encore décellophanés, je l'avoue... Ne soyons pas pessimistes, il y a le dernier Midnite, la venue du King Jammy à Marseille, et même un titre Reggae Paris for Africa pour aider la Somalie (non, je rigole ! Mais celà existe en fait...). Mais les Racines, la Jamaique, les Rastas, le mystique, la motivation autre que financière et le business artisanal des labels Reggae font désormais partie de l'Histoire, mais plus de l'actualité...
Pour ne pas regretter les ordonnances musicales du Docteur, je laisse donc ces quelques pages ouvertes à tous, et vous fait passer mes mixes et émission s Murder riddim Stylet sur les ondes radiophoniques de Radio Grenouille, sans oublier les quelques soirées que j'anime et où je compte bien vous retrouver... un jour !

jeudi 19 mai 2011

La Fin du Commencement


Que ce soit pour nos playlists d'émission de Radio avec selecta Izmo, ou les quelques demandes de la part de Reggae.fr, je suis toujours un peu embété de vous annoncer des mauvaises nouvelles, et la disparition d'artistes qui vous sont chers : Sans vouloir faire figure de croque-mort, il m'arrive souvent de faire des hommages appuyés à tous ceux qui se sont envolés pour Zion... Et celui-là ne sera pas un des moindres, tant la perte de Lloyd Knibbs représente pour le Reggae, tout un pilier du Rythme jamaïcain qui s'écroule ! Ce batteur a inventé le Ska, rien de moins ! L'Histoire est en partie connue, c'est en recopiant le boogie américain que des musiciens inventifs (Knibbs, Ranglin...) ont concocté ce changement de rythme si particulier, qui allait être l'empreinte de ce nouveau son, le Ska, mais allait aussi s'illustrer dans le Rock Steady, puis le Reggae...

C'est aussi un des fondateurs du premier Big Band de l'île, les Skatalites. Peu après l'indépendance, en Mai 1964, Tommy McCook (sax), Rolando Alphonso(tenor sax), Johnny Moore(trompette), Lester Sterling (sax), Don Drummond (trombone), Lloyd Brevett (contrebasse), Jerry Haynes (guitare), Jackie Mittoo (orgue) et Lloyd Knibbs à la Batterie formèrent ce groupe, qui existait informellement depuis un an.

The Skatalites sont une étoile filante sur les ondes et dans les charts : De Studio One pour leur premier album "Ska Authentic", à Treasure Isle pour Arthur 'Duke' Reid, les producteurs se les arrachent (citons Cecil 'Prince Buster' Campbell, Vincent 'King' Edwards, Justin 'Phillip' Yap, Leslie Kong, Lindon Pottinger,Sonya Pottinger et Vincent 'Randy' Chin) et ils travaillent toute la journée, jouant derrière des talents vocaux comme Delroy Wilson, Desmond Dekker, The Wailers, Lee Perry...

L'instrumental "Man In The Street", entra dans le top 10 anglais, tout comme "Guns of Navarone" un peu plus tard, composé par le plus prolifique de tous(200 titres en un an et demi !), Don Drummond, qui fut incarcéré le 1er Janvier 1965 suite au meurtre de sa petite amie, Anita 'Marguerita' Mahfood. Il n'en ressortira pas et fut interné à Bellevue un peu plus tard, pour y mourir le 06 Mai 1969, à 37 ans. Le dernier concert des Skatalites eu lieu en Aout 1965, mais les musiciens ne furent pas ensuite inactifs, créant deux supers groupes, les Soul Vendors (l'écurie Studio One) et les Supersonics de tommy Mc Cook, chez Treasure Isle.

Dans la période Roots, chacun y alla de son solo, Lloyd Brevett tenta une reformation (l'album "African Roots", et l'inédit "Rocking Steady") et le guitariste perdut l'ouïe. On ne pensait donc pas les revoir sur scène, mais en Juin 1983, les organisateurs du Sunsplash eurent l'idée de les rassembler pour un concert. Ce fut une énrme succés à Montego Bay, qui les poussa à se reformer, et à enregistrer "Return of The Big Guns" sur Mango en Avril 1984. Le 07 Juillet 1984, ils jouèrent devant des milliers de jeunes élevés à la two-tone Fashion, ce fameux revival ska anglais (Madness, Specials, Selecter...) à Selhurst Park, et avec Prince Buster, leur "Freedom Sounds" reste un des meilleurs moments en Live.

Dans la dexième moitié des années 80, beaucoup d'entre eux s'installèrent aux Etats-Unis (Jackie Mittoo avait très tôt émigré au Canada, il jouera avec eux pour la première tournéee US en Janvier 1990, mais décèdera le 16 Décembre de la même année des suites d'un cancer.) En Avril 1989, ils suivèrent en tournée Bunny Wailer, le Liberation Tour, avec Tommy McCook, Roland Alphonso, Lester Sterling, Johnny Moore, Jackie Mittoo, Lloyd Brevett et Lloyd Knibbs. A cette occasion, on vit son fils, Dion Knibbs chanter, il allait ensuite faire son petit bout de carrière tout seul créant un groupe américain les Agitators avec Ken Stewart, et réaliser un album un peu plus tard en 1998.

C'est au milieu des années 90 qu'on retrouve les Skatalites sur les routes européennes, et c'est un tourneur Suisse (en fait des Indiens) qui les remettra en selle. L'avant dernière partie de l'Histoire de ce groupe commence avec la réalisation de "Skavoovee" pour Sanachie, puis quelques albums et nominations aux Grammys plus tard, avec "Ball of Fire" en 1997 sur Island, avec Ernest Ranglin à la guitare. Le 05 Mai 1998, Tommy McCook décéda en Georgie (USA), et le 17 Novembre Rolando Alphonso disparut à son tour à Los Angeles.

Le 27 Mars 1999, Cedric 'Im Brooks prit en main cette section rythmique basse batterie qui était préservée, pour un dernier tour d'honneur, mais il ne s'entendit pas sur sa place dans le groupe et partit peu après. S'en suivit des tournées éparpillées avec certains chanteurs plus ou moins inspirés, dont le brillante Dorrine Shaeffer, et un répertoire quasi-identique à toutes leurs prestations.
Le groupe fut particulièrement populaire en France (ils sortirent le 15 Avril 2002 "From Paris with Love") mais tourna un peu partout de 2002 (Mexique, Vénézuela, Puerto Rico, Russue, Japon) à 2004 (leur 40ème anniversaire en Grèce, Singapour, ou Colombie). Le Live à Buenos aires en Octobre 2005 est un de leur meilleurs !

Parmi le line-up du groupe, on nota au fur à mesure que les anciens disparaissaient, l'apparition de remplaçants très connus dans le Reggae, comme Vincent(Don Drummond Jr) Gordon, Karl (Cannonball) Bryan et Val Douglas, le bassiste. Mais dès lors que cette rythmique s'est vu dépossédée du son de la contrebasse, ce ne fût que l'ombre d'eux mêmes qui illustraient sur scène ! Pour conclure dans le Tragi-comique, ils furent même invités à jouer au Bal de la Rose à Monaco... Ce n'est donc pas vraiment terminé puisque l'on retrouvera le groupe cet été sur les routes de Festivals : Des membres originaux reste Lester Sterling, c'est donc lui qui sera le dernier héritier du nom...

mardi 16 novembre 2010

Discussion d'amis

Pour une fois, ce n’est pas la ligne de basse qui donne le thème à ce riddim, et qui le rend reconnaissable entre milles, mais quelques notes répétées au piano, et que l’on entend dès l’intro de mon mix ci-contre (en direct sur le 88,8 le 07 Décembre prochain… Une production Bunny Lee de la fin des années 60, « My Conversation » est une foundation tune d'un des plus fabuleux chanteurs que la Jamaïque ait engendré (et qui n'a malheureusement gardé aucune image vidéo de lui ! ! ! !), et n’est pas non plus issu du vaste catalogue Studio One, alors que ce chanteur a enregistré un album entier pour Coxsone. On en trouvera tout de même deux versions, une par Cornell Campbell et plus rare par Wendell Haye (?).
Outre ces deux originalités, c’est avant tout le premier riddim à avoir été décliné sur un album entier, « Yamaha Skank », une idée du producteur Rupie Edwards en 1971. Alors explication : Au début des années 70, Rupie voulait bien produire, mais sans le sou, pas de son, et il avait du trouver un travail régulier à Kingston : Chef mécano dans un garage, il a pu gràce à ce petit boulot vidanger la caisse de Duke Reid, redresser l’aile de Coxsone et vérifier les cardents de Bunny Lee. Idéal pour tisser des liens dans le business ! On imagine facilement un de ses éparations « rémunérée » par le don d'un titre, en l'occurence ce "My conversation", avec l’autorisation pour le nouveau propriétaire d'en faire ce qu’il en voulait. Plutôt que de la réinterpréter par différents chanteurs, Rupie a pris le parti d'enregistrer tous ses poulains dessus, musiciens, DJ, et même les apprentis de son garage ! Cela vaut bien une autre explication : Le jeune Stumpy, travaillant également sous le capot des voitures, a entendu ce morceau et imaginé un toast dessus, le lendemain d’une soirée où se clashaient (déjà) deux sound-systems rivaux, President et Stereo de Spanish Town. Deux jours plus tard, en studio, il donna l’idée à Rupie qui a tout d’abord tenté de donner le micro à U-Roy junior, sans succès. Il eut alors l’idée d’enchainer ses lyrics en sifflant l’air de piano évoqué tout à l'heure, et ce fut un hit, tant et si bien qu’il prit le nom de scène définitif de Shortie the President, et fut même le seul à sortir dans le même temps deux autres succès sur ce même instrumental (et incidement devenu un standard du public skinhead d'Angleterre !).
Ce disque 33 tours a été ré-édité à la fin des années 80 sous le titre « Let there be version », avec trois inédits. Pendant les années roots, on retiendra les versions de Leroy Smart, de Jah Thomas et surtout de Barrington Levy, « Collie weed », la plus rare aujourd’hui étant celle de Black Skin, « Hey Mister Babylon » (ensuite toasté par Yellowman sur le maxi 45 tours)… Puis Lone Ranger (ou Dillinger suivant les témoignages) eut l’idée d’y intégrer l’histoire sulfureuse de Barney, surnom du vampire Barnabas Collins : Succès mmédiat, et pain béni pour Scientist et sa version dub affolante ! Après avoir été longtemps oublié, le Dancehall lui donna une seconde vie, par l’intermédaire du label Big Yard en 1999 (avec une subtile version de Beres Hamond et son pendant DJ par le producteur Shaggy lui même) puis repris par Digital B et Stone Love en 2000 et BrickWall en 2001 dans de brillantes séries (quoiqu'un poil trop Lovers).
Coté Anglais, après le pur bijou de Judge Dread (son tube Big Seven, qu'il a reprit ensuite avec Docteur Ring a ding), c’est l’écurie Fashion qui a remodellé l’instrumental pour y faire apparaître le toast rapide de Tippa Irie, un souvenir mémorable dans les bacs du disquaire Blue Moon au milieu des années 80 et peut-être la version la plus inventive. Si je n’ai toujours pas trouvé de version Rap pour le Ba Ba Boom, celui là a été judicieusement repris par les canadiens Dream Warriors sur leur premier LP !
Rappellons tout de même l'existence du groupe originel vocal des UNIQUES qui a enregistré ce "My conversation", avec son chanteur Slim Smith. Un succédanné des Techniques, le groupe a démarré avec Franklyn White & Roy Shirley, mais Lloyd Tyrell, Jimmy Riley, Al Campbell, Cornell Campbell sont passés dans la formation au fil des ans, il est d'ailleurs logique et légitime de retrouver en solo leurs versions respectives. Quant à savoir qui chante sur l'original, c'est plus dur ! (surtout qu'il en existe au moins trois différentes, sdont une titré par Trojan "Brotherly Love")... Enfin, pour être complet, signalons pour les fans dingues de séries américaines que cette chanson figure dans le quatrième épisode de la deuxième année de la série Lost, car le 45 tours est écouté sur un vieil électrophone de la base (Rose fait passer le disque sur la platine du Cygne pour donner du coeur à l'ouvrage à Hurley). Peut-être que les auteurs ont vu dans ce morceau la faille psychologique de son chanteur, toujours est-il que Slim Smith a eu une fin de carrière brutale. Après une déception sentimentale, il fut interné à l'hopital Bellevue (le même qui avait reçu Don Drummond) puis une nuit passa par la fenêtre de sa maison, au sens littéral, et mourrut de blessures consécutives aux bris du verre causés. Triste fin pour la Jamaïque, mais surtout première idole à passer l'arme à gauche, en pleine gloire. Et Dieu sait si à l'annonce récente de celle de la mort de Gregory Issacs, on ne pourra que conclure que si elle n'a pas été un choc pour beaucoup, c'est qu'elle n'a pas eu lieu 20 ans plus tôt...(NB : TOUTES LES PHRASES SURLIGNEES VOUS DONNENT RENDEZ-VOUS SUR YOU TUBE PAR UN SIMPLE CLIC, UNE AUTRE FACON DE MIEUX REDECOUVRIR CE RIDDIM ! ! ! )

lundi 25 octobre 2010

Rest in Peace, Gregory


Rest in Dub ! Après les pires albums en orbite mais aussi les plus gros hits de tous les temps, après des séjours en zon zon par dizaines, des centaines de meufs à son cou, des milliers de fixs et autres mauvais coups, après un é-nième retour sur les routes (de Californie -notre photo - jusqu'en Europe cet été), les dernières rumeurs ont été confirnées : Le plus endurant de nos rootsmen Mr « Top of the Class » Isaacs s'est éteint à Londres ce matin...
Depuis ses premières apparitions sur scène en Europe

(1984), il avait toujours gardé son style de crooner sapé pour ces dames, prêt pour une soirée bien moîte. Il a traversé les modes sans éviter les embuches. En 1980, il était plus adulé qu’un Marley en Jamaïque, et n'a pas cessé depuis d'être assis ur le trône du Dancehall. Seulement égalé par Dennis Brown, il a signé de belles pages dans l’histoire. Les désillusions, l’expérience de sa vie et la loi du ghetto, ont façonné un personnage fragile mais persévérant. Sa mort sera donc autant pleuré que celle de son alter-ego...
Sa prestation pour le film « Made in Jamaica » était bluffante. Aussi à l’aise dans le digital que sur de pures compos acoustiques, on sent le blues à chacune de ses intonations, et c'est ce Blues qui nous restera pour toujours gravé en mémoire, et gravé sur une infinité de productions : L’image d'un homme qui n'a jamis su, pu ou voulu arrêter, qui n'a trébuché qu'au crepuscule de sa carrière, et qui laisse un énorme vide derrière lui...

jeudi 24 septembre 2009

Rest in PEACE, Jah FUZZY passed on...

INFO DE DERNIERE MINUTE : Nous avons appris de Jamaïque, via Aubagne, une bien mauvaise nouvelle, la mort de Jah Fuzzy :
Chanteur excellent avec Fred Locks (On peut entendre un de ses morceaux qu'il chante dans "Love and Only Love") puis en solo, il a fait partie des trois jamaïcains "trainant" dans le centre culturel des Mystic Revelation of RastafarI, engagé, puis soutenu par le Kabba Roots (avec Puttus et Moses, l'ainé, percussioniste de Count Ossie). Plusieurs passages dans la région ont donné raison de son talent, de sa gentillesse, avec cette voix de "sufferer" qui savait se poser sur tous les riddims. Le Kabba Roots a organisé jusqu'en 2006 la Fête de la Paix avec la MJC d'Aubagne, invitant à plusieurs reprises les jamaïcains à recréer un répertoire pour remonter sur scène avec eux. Ils ont d'ailleurs créé leur sound-system "le Kabba massa gana sound" puis en 2005, un backing band s'est formé, le Handcart band. Al & Medhi en sont les fondateurs et continuent jusqu'à aujourd'hui de soutenir les artistes en tournée ( Ras Shiloh, le regretté Eloquent ou Johnny Clarke) ou d'aller en Jamaïque pour tester et adopter leurs riddims, de Morgan Heritage ("Mission in Progress") à Sizzla (inédit) ou le jeune Keke I, leur dernière réalisation, qu'ils vont bientôt sortir en single, et qui est déjà dispo sur le net...
C'est sur scène, en Jamaïque, le week-end dernier, qu'il a chanté sa dernière "tune" avant d'être terrassé par une crise cardiaque. Lui qui me disait toujours "Je chanterai jusqu'au dernier jour, jusqu'à la dernière heure, jusqu'à la dernière minute"... Il est parti comme il voulait et c'est encore un "ancien" qui s'en va. Toutes nos pensées vont à sa famille, à son entourage en Jamaïque, à ses amis, Al & Mehdi en particulier, et bien sur à tous ceux qui ont eu la chance de les voir sur scène dans la région, gràce notamment à Zeby et Scali et à la maison de Quartier du Pin Vert... >>> DOCTEUR X - RAY
Liens vidéos : http://www.youtube.com/watch?v=IEQoOb1Cl9M * Puttus chante en premier, vient ensuite Fuzzy. http://www.youtube.com/watch?v=w6HiEv32sJU Le Kabba en Sound avec Eloquent (DJ)
Liens Myspace :
Kabba Roots : http://www.myspace.com/kabbamassagana
Hancart Band : http://www.myspace.com/thehandcartband

mardi 7 juillet 2009

The first, the last, the One I loved for Iver...

Le 1er du mois de Juillet restera dans nos mémoires un jour bien triste car une tête couronnée du Reggae est tombé ce jour là, il y a aujourd’hui dix ans… Dennis Emmanuel Brown a accumulé les « Number One » de sa naissance un 1er Février 1957 à ce jour fatal, commençant sa carrière du haut de ses … 11 ans. On l’a toujours rangé à coté de Gregory Isaacs, l’autre number one, deux chanteurs Jamaïcains ultra populaires qui menaient de front un coté « pile » de Roots men et une « face » de Lover Men dans leur longue carrière. Ils ont d’ailleurs partagé la face de quelques vinyles (estampillé Burning sounds/Trojan, puis Greensleeves) et ont signé les meilleures offres de quasiment tous les producteurs de l’île. Ils se tiraient la bourre pour sortir le plus d’albums (plus de 300 chacun à leur actif en comptant les multiples compils, et officiellement 80 « et quelques » albums pour le Prince. Même si il n’a pas connu de « couac » dans sa carrière, il avait comme son compère un penchant pour la blanche, et ont essayé chacun de contrôler en vain leur carrière (via leurs labels respectifs DEB et African Museum). Trêve de comparaison, Dennis aura été le plus travailleur, un orfèvre de la mélodie, ne s’arrêtant jamais, toujours concentré sur le présent, et gardant cette voix unique qui laisse aujourd’hui cet héritage massif et dont on ne peut se dispenser. Des artistes aussi différents que Michael Prophet, Earl Sixteen, Tony Tuff ou Frankie Paul ont assis leur style sur l’intonation et les qualités vocales de ce chanteur, et surtout Byron Otis, le chanteur des Blackstones, un copy-cat naturel qui a débuté sa carrière en l’accompagnant en tournée en Angleterre. Dennis producteur a aidé la carrière des Tamlins (et démarré celle de Michaël Rose), son meilleur pote était Junior Delgado, et parmi ses admirateurs rien d’autre que le Roi lui-même, Bob Marley. Une discographie complète donnerait des crampes à votre souris en scrollant ce blog, et une biographie détaillée ne serait pas à la hauteur du livre sorti il y a peu par Penny Reel. Résumons donc cet hommage à quelques uns des tubes qu’il a écrit ou interprété (son ouverture musicale s’est souvent retrouvé dans ses reprises de Van Dykes à Al Green ou BJ Thomas), et retrouvons le dans les sélections audios et vidéos trouvés sur le net…

Ma sélection idéale lors de mes soirées a toujours été la reprise de ce « Natural Mystic » de Bob que j’ai pu écouté en Jamaïque en 1993 par Dennis Brown. A la fois Dancehall et Roots, ce single accompagne à tous mes sons. L’album Wolf and Leopards est souvent la référence, pour moi « Words of Wisdom » est encore plus fort, le dosage parfait entre chansons d’amour et message Rasta. Contrairement à ce que l’on a pu lire, ce n’est ni Coxsone Dodd ni Joe Gibbs qui ont fait de lui une Star, mais Derrick Harriott qui a le tout premier misé sur ce poulain (même si l’album sings reggae and soul est sorti en 72, l’année de « Money in my pocket « produit par Joe Gibbs). J’ai pu le voir et lui parler deux fois lors de ses venues en concert, mais j’ai aussi attendu fort longtemps qu’il rentre sur la scène du Moulin, le jour où il s’était enfermé dans les chiottes… Malgré sa course excessive (très jeune déjà, on le voit au Festival de Montreux chevaucher des riddims accélérés, sa propension au chant (dans les interviews, il ne pouvait s’empêcher d’entonner ses tunes…) et son réalisme face au système, il s’est fait rattraper par la dope. Seul cas officiel en Jamaïque, il paye pour tous les autres mais restera pour moi le chanteur idéal du Reggae, car plus que Marley, il savait transcender les styles, et convaincre tous les publics avec sa voix unique. Voilà ce que j’écrivais timidement et avec ma naïveté de passionné il y a plus de 15 ans, et je ne suis donc pas prêt de renier ce premier amour, qui m’a fait comprendre et vivre au son du reggae depuis :
LOVE LETTER : Cher Dennis, de toutes les stars du Reggae, tu es pour moi le meilleur de tous, avec ta voix en or, ta chansons qui me font craquer, et ta gentillesse, l’amour que tu nous donnes. Depuis tes débuts sur des labels comme Studio One, mon dieu que tu étais tout gosse à l’époque, et moi, j’étais un gros bébé !), jusqu’à tes récents duos avec la crème des DJ de Jamaïque, tu as à chaque fois tapé dans le mille : Dans le show-biz, tout le monde te veut comme chanteur, et tu es pote avec tous les musiciens. Et tu décroches à chaque fois le sommet des hits parades, contrairement à ton ancien copain Gregory, qui sort pourtant autant de lasers que toi. L’année dernière pourtant, tu as du en avoir marre de tout cela, car tu es allé te ressourcer sur ton île natale, avec les pécheurs. Toi au moins tu n’as pas plongé dans la drogue (sic!)… Et tu nous reviens, pour une méga tournée, c’est vraiment super ! Depuis que je collectionne tous tes disques, j’avais jamais pu te voir en concert : tu as toujours boudé le sud de la France, alors que tu fais des concerts extras à Paname ! Mais d’ailleurs, pourquoi ne viendrais-tu pas ce Samedi avec tes petits camarades ? Non, je ne te parle pas de ton groupe, ce sera sûrement de parfaits inconnus qui sont bons, puisqu’ils t’accompagnent (à moins que Lloyd Parks ne fasse le voyage, alors ça, cela serait le Top !), non je veux parler des Heptones et d’I-Roy, qui faisaient les premières parties de ton show le 27 Octobre dernier à la capitale ! Et pour le même prix qu’à Marseille, ou presque ! Tu vois, je sais tout sur toi. Ma grande sœur a dit que l’on prenait les gens pour des cons, mais je viendrai quand même, même si il faut se fader Delton Sreechie (c’est ton beau frère ?) ou l’inénarrable Daddy Yod… De toute façon, c’est toi que je viendrai voir, Tu es le seul à pouvoir chanter des textes un coup Lover un coup militant, avec la même conviction. Ton dernier album s’appelle Heaven et nous parle du Paradis, il n’est pas encore dans les bacs, mais je vais me débrouiller pour en avoir un exemplaire pirate avant le concert. Ce sera un hit, encore, j’en suis sur… Je ne désespère pas d’avoir un autographe de toi, et même si nous ne parlons pas la même langue, j’espère que ce message te parviendra un jour, qui sait au Paradis (le plus tard possible, alors !). Qui sait, les ailes du Moulin m’aideront peut-être à m’envoler sur tes chansons… PS : « I don’t want wait in vain for your love », si tu ne chantes pas Revolution, Whip dem Jah, et Money in My Pocket, je serai très déçu… Ray Dactor Junior (996).

Finalement, le plaisir était double avec le bassiste attitré et le We the People qui accompagnait le Prince d’un soir… Ces prestations étaient toujours classe et l’album présenté ici bien fade. Chose récurrente les dernier temps, il fallait être prudent sur ces derniers enregistrements cd, pas sur la plupart de ses singles paru en Jamaïque, qui ont jalonné de hits locaux la carrière du Prince. Ses tubes dessinent aujourd’hui le chemin de l’Eternité, que suivra ce chanteur dans la mémoire de chacun des vrais fans de Reggae... X- Ray

mercredi 18 février 2009

Un héros pas comme les autres

Dur de devoir à chaque fois se repencher sur la vie d’un artiste, sa biographie et ses chansons, lorsque l’on apprend sa mort et qu’il faut en écrire un résumé posthume, un « Tribute » de plus adressé à toutes ces légendes ne vivant plus désormais parmi nous.
L’année la plus terrible pour moi fut il y a dix ans exactement, en plein essor du Reggae en France, et au moment où mon activité de disquaire était à son maximum : Tout juste de retour de Londres (pour affaires…), j’apprenais la mort du Prince Lincoln. Et si cette dernière année de fin de siècle commençait bien mal, cela laissait présager de la suite : Cynthia Schloss (la reine du lovers anglais), Earl Belcher (du jah love music sound system), Augustus Pablo, Junior Braithwaite (choriste de Marley), Junjo Lawes (le producteur), Dennis Brown, Mickey Wallace (chanteur de Chalice), Don Taylor (le manager de Bob), I-Roy, Joe Higgs, Clinton "tenessee" Brown (du groupe vocal les Silverstones), Jah Lion alias Pat Francis alias Jah Lloyd, Justin Yap (le producteur de Ska), Miss irie (de Saxon sound, sœur de Tippa Irie) et Sir Harry nous ont tous quittés en 1999, année noire pour le Reggae. Vous en trouverez ici les hommages qui leur sont réservés, dix ans après... mais commençons par le Prince ! C’est de manière posthume que j’ai donc vendu à la boutique son dernier opus auto-produit, « 21st century », à quelques dizaines d’oreilles émerveillées et réceptibles à sa vibration musicale toute personelle. Alors que j’avais raté moi même un rendez-vous avec lui, où je comptais partager toute l’excitation résultant de son récent come-back, après un bref contact donné par sa femme à la poissonerie qu’il faisait tourner en banlieue de Londres... Prince Lincoln Thompson n’était-il pas pécheur en Jamaïque, à ses débuts ?…
Surnommé Sax, pour son amour des chaussettes (socks - sax en patois) aux couleurs étonnantes, il a débuté au sein des Tartans (et deux tubes, « Dance all night » et « Lonely heartaches », souvent déclinés en compilations oldies), groupe fondé avec Devon Russell et Cedric Myton. Plus de précisions dans le numéro de Reggae Vibes n°4. C’est Pablov Black qui le ramenera quelques années plus tard en studio (au Studio 1!) mais le succés n’est pas encore au rendez-vous. Après s’être décidé à créer son proche label, God Sent, il put atteindre plus tard le public anglais gràce au travail de Mo Claridge, du label Ballistic, alors distribué par United Artists et presser en plus grosses quantités (et en maxi single) les enregistrements de lui et son groupe les Royal Rasses, effectués à la fin des années 70, tous dans la veine des Congoes ou Matumbi, souvent des titres de durée assez longues, avec effets dub et falsetto dans la voix... Au croisement du reggae jamaïcain et des sons reggae roots anglais de l’époque, le groupe fût élu meilleur groupe par le magazine Black Music. Porté par le succés de « San Salvador » en 1976, ils purent aussi s’offrir une tournée anglaise pour la promo de leur album « Experience », en Septembre 1979. Les Israelites en backing band, mené par Pablov Black, et avec Prince Jammy au contrôle, la date du Rainbow du 05 Octobre fut anthologique. Renommés Rasses pour ne pas confondre avec les Royals de Roy Cousin, aussi présents en Angleterre à la même époque, leurs deux premiers albums reçurent un acceuil fort prometteur, mais ont trop souvent été classés dans un certain registre d’avant-garde pop-jazzy reggae, comme un avatar du Reggae. Quand le chanteur Joe Jackson produisit le troisième, le sublime « Natural wild », personne dans le rock ne comprit la fusion, et personne dans le reggae ne soutint le projet… Retour en Jamaïque en 1981, et donc à des sons plus jamaïcains, en enregistrant à Tuff Gong et à Channel One « Ride with the rasses », on perdit ensuite la trace du Prince, ne faisant surface qu’en 1983 avec un album enregistré en Angleterre cette fois, le chanteur s’étant installé définitivement à Totenham. Ce labyrinthe n’a pas joué en sa faveur, malgré son énorme talent. Sa modestie en a fait un artiste à part dans le Reggae, qu’il faut prendre la peine de découvrir. Tous ses albums sont majeurs, tous ces titres sont mythiques. Mention peut-être à « Food Clothing and Shelter », le « One common need » de tout être humain, et « Unconventional People », un maxi qui résume tout à fait la dimension du personnage, avec les chœurs de son clone Cedric MytonEt surtout à son « 21st century », meilleur album de cette fin de siècle. Le morceau « Hard times come again » est un pur chef d’œuvre. Et un hommage troublant à ceux qui nous ont quitté (Jacob Miller, Peter Tosh, Marley, Garnet Silk, et même Slim Smith ou Jackie Edwards) est glissé dans « The heroes just the same » : Son nom résonne désormais dans la partie Dub, de son Zion au bord de l’eau où il peut désormais regarder passer les poissons …

ALBUMS
Humanity as The Royal Rasses Ballistic Records UAG30227 1979.
Experience as The Rasses Ballistic Records UAG30259 1979.
Natural Wild as Lincoln Thompson and the Rasses (avec Joe Jackson sur trois titres) United Artists UAG30309 1980.
Ride With The Rasses as Prince Lincoln Thompson and the Royal Rasses God Sent Records GDS1 1982.
Roots Man Blues as Prince Lincoln and the Royal Rasses Target Records TAR003 1983.
21st Century as Prince Lincoln & the Royal Rasses 1-5 South Records 15STH LP/CDA01 1996. (CD, LP, et maxi disponible à sa sortie)
DUB ALBUMS
Harder Na Rass as Rasses Band Warrior WARLP 2002 1979
Dub mix de Experience (Jammy mix). Ballistic LBR 1031 1979
God Sent Dub as Royal Rasses PRE-1 1980
Dub mix de Natural Wild.
Vortex Dub as Royal Rasses
Dub mix de Natural Wild et Experience.


MAXIS ET SINGLES SORTI SUR BALLISTIC

UP 36482 The Royal Rasses - Unconventional People // Version 1978
UP 36496 The Rasses - Old Time Friends (Disco Style) // The Rasses - San Salvador (Disco Style) Produced by Lincoln Thompson 1979
BP 315 The Rasses - You Gotta Have Love (Jah Love) // Humanity (Love The Way It Should Be) / They Know Not Jah 1979
BP 327 Royal Rasses - Ain't Nobody Here But Me // Kingston 11 (Ghetto Rock) Warrior labelProduced by Prince Lincoln Thompson 1979
BP 359 Lincoln Thompson & The Rasses Band - Natural Wild Tracks: Natural Wild (Lincoln Thompson) / Second Sight (Lincoln Thompson & The Rasses Band ) // My Generation (Lincoln Thompson & The Rasses Band ) / Blessed Are The Meek (Lincoln Thompson & The Rasses Band ) Produced by Joe Jackson & Lincoln Thompson 1980
BP 369 Lincol Thompson & The Rasses - Spaceship // Lincol Thompson & The Rasses - Generation Dub Produced by Lincoln Thompson 1980


OTHER 12" SINGLES
I Man Feel It as Prince Lincoln & the Soul Rebels MSR DA1. Années 80's. They Don't Know Jah as Prince Lincoln &the Royal Rasses God Sent GDS91. 90's.
Rising In Love as Rasses Blank stamped Rasses1 90's.
OTHER 7" SINGLES
Daughters Of Zion as Prince Lincoln Studio One JA rec. 1971 Matrix SC 163.
Live Up To Your Name as Prince Lincoln Studio One JA rec. 1971 Matrix FCD7809.
True Experience as Prince Lincoln Studio One JA rec. 1971 Matrix FCD7834.

Prince Lincoln, dans des interviews faits de lui dans les années 80, dit que Coxsone a tout de suite sorti (et sans aucune contrepartie financière) ces singles cette année là, mais la matrice daterait de bien plus tard (1978)... Sur quelques pressages de « Little Joe” de Prince Jazzbo (label Bongo Man FCD 7809-A), on y entend à la place Live Up To Your Name, erreur courante et déroutante en Jamaïque. La faute à qui?

PRODUCTION/ARRANGEMENT
Jahovah (version 1 & 2 - Mello - D (writers credit Melvin Dockery) God Sent GDS92 Début années 90, et peut-être d'autres restés dans la confidentialité !

Merci à feu Black Music, Small Axe, Chris May, Roger Dalke, Tapir, Michael De Konigh, et Reggae Archives.

mardi 3 février 2009

... KING TUBBYS END [PART 3]

Revenir à la première partie et suivre l'histoire du King dès le début? Veuillez suivre ce lien : http://massilia-reggae-doc.blogspot.com/2009/01/le-crane-chauve-de-osbourne-ruddock.html
Sans être technicien hors pair, il vous a simplement fallu lire les deux premiers chapîtres de ce spécial King Tubby, pour avoir compris que l’évolution du Reggae s’est faite avec la technique. Contairement à aujourd’hui, les premiers groupes (et à l’époque du Ska, ils étaient composés de nombreux musiciens !) s’enregistraient sur une piste unique, un simple micro au milieu du studio, ou sur un deux pistes, en isolant la batterie ! Avec l’apparition du deux pistes, dans le milieu des années 60, un ingénieur et/ou producteur pouvait ainsi ré-enregister un « riddim » d’un coté (simple instrumental finalisé), et faire enregistrer de l’autre coté nombre de chanteurs… Les singles étaient du coup d’un coût moins élevé, car on ne payait le groupe qu’une fois : C’est comme cela que vous pouvez retrouver chez vous des doublons, ou versions d’un thème connu par un artiste, mais créé par un autre. Vous imaginez les problèmes de droits d’auteur que le Dubbing a pu amener !
Avec l’apparition du 4 pistes, au début des années 70, l’ingénieur King Tubby a isolé certaines pistes, comme les basses mis en avant, des effets ajoutés sur des cymbales, ou les cuivres disparaissant dans l’écho… Il a surtout coupé après l’intro du morceau la partie vocale, pour laisser le DJ s’inspirer uniquement du rythme. Les versions des 45 tours en sont la parfaite illustration. Mais elles montrent surtout comment ce processus de création peut engendrer un morceau unique en lui même, qui ne doit (presque) plus rien à ses premiers compositeurs !

Mais King Tubby a voulu aller encore plus loin, et, dès le début des années 80, avec l’aide d’anonymes comme « Pug The Chemist », le « Rat », puis profitant d’un voyage de son assistant « Professor » à New York pour étudier l’informatique et l’électronique, il voulut monter son propre studio multipistes (32 pistes) dans lequel on le voit évoluer sur l’unique vidéo de lui proposé sur You Tube ! Devenu lui même producteur, il n’attend plus que l’on vienne frapper « à sa table » pour donner une touche finale, il mixe désormais son travail de A à Z pour ses propres labels, Firehouse, Waterhouse et Kingston 11, ou co-produisant sur ceux de Derrick Lee (Taurus) ou Clifford Dillon (Pioneer musik). L’ouverture de ce nouveau studio s’est faite au retour de Professor, au début de l’année 1985. Pour tout ceux qui ont écrit que son activité était en sommeil pendant cette période, Dave Henley répond en faisant la liste des 120 45 tours qu’il a produit, mois par mois : Un extrait ici, avec les 25 premiers singles :
Sugar Minott - Hard Time Rock - Waterhouse - 3/85 Little John - Tickle Me - Waterhouse - 3/85 Michael Palmer - Them Nah Sting - Waterhouse - 3/85 Patrick Andy - Speak Your Mind - Waterhouse - 3/85 Anthony Red Rose -Under Me Fat Ting - Firehouse - 5/85 Wayne Palmer - Hell In A Town - Firehouse - 7/85 Wayne Smith - Miss Do It Sweet - Kingston 11 - 9/85 Don Carlos - Play Girl - Kingston 11 - 9/85 Mystic Vibration - Dilly Dally - Kingston 11 - 9/85 Phantom - Stylee - Kingston 11 - 9/85 Anthony Red Rose - Tempo - Firehouse - 10/85 King Everall - After All - Firehouse - 10/85 Wayne Palmer - Hold Your Corner -Firehouse - 10/85 Anthony Red Rose - Can't Knock Me - Firehouse - 1/86 King Kong - A.I.D.S. - Firehouse - 1/86 Anthony Red Rose - Gwan Talk - Firehouse - 1/86 Anthony Red Rose - Bang Ga Wrong -Firehouse - 1/86 Hortense Osbourne - A Me Smarter -Waterhouse - 1/86 Little John - Hello Josephine - Waterhouse - 1/86 King Everall - Automatic - Waterhouse - 1/86 Wayne Palmer - Trash & Brok - Waterhouse - 1/86 Patrick Andy - Woman A Yard - Firehouse - 1/86 King Kong - Step On My Corn - Firehouse - 1/86 Lily Melody - Jumbo - Firehouse - 3/86 King Kong - No Call Me No Boops -Firehouse - 5/86 [...]

Et parmi eux, le premier tube avec Basse et batterie digitale (AVANT le Wayne Smith « under mi sleng teng ») c’est le « Tempo » d’Anthony Red Rose… Question albums, voici la liste complète:
Anthony Red Rose & King Kong - Two Big Bull In One Pen - Firehouse – 1986 / Anthony Red Rose - Red Rose Will Make You Dance - Firehouse 1986 / King Tubby's - Two Big Bull Dubwise - Firehouse – 1986 / Various Artists - Punaany - Waterhouse – 1986 / Various Artists - Waterhouse/Firehouse – 1986 / Various Artists - Computer Seh So - Waterhouse – 1987 / Courtney Melody - Ninja Me Ninja - World Enterprise – 1988 / Various Artists - King Tubby Presents Sound Clash - Taurus – 1989 / King Tubby - Presents Sound Clash Dubwise - Taurus – 1989 / Thriller U - Hilary - Pioneer Muzik – 1989 / Various Artists - Salute To King Tubbys - Taurus – 1989.

Mais vous voyez bien dans les titres que le Roots est bien loin des potards du maître… Même si des ainés comme Gregory Isaacs, Cornel Campbell ou Johnny Clarke ont enregistré pour lui, ce sont la nouvelle vague (Ninjaman, Courtney Melody, ou Pliers) qui squatte son studio dans la deuxième moitié des années 80. Alors, la nouvelle de sa mort le 06 Fevrier 1989, et la raison officielle (vol à l’arraché dans la rue) ne cache pas un certain doute quant à ses récentes spéculations, il faudrait demander à ses associés de l’époque, en particulier « The Specialist » Clifford, pour trouver une réelle piste… N’empèche, même sa mort n’a pas été relaté dans les journaux, pas d’enquète non plus, un doute sur la date exacte (serait-ce plutôt le 05, à 1 heure du matin…) et le seul témoignage est celui de sa femme, réveillée par un coup de feu venant du parking de sa maison, à Duhaney Park. Encore plus étonnant quand on sait la sympathie que s’était attiré Osbourne Ruddock dans le business, seuls ses meurtriers on emporté le secret avec eux. Tout s’est donc fini sur un dernier écho, une balle résonnant dans la nuit, et que l’on entend encore aujourd’hui derrière tous les mixes puissants que ses disciples ont développé dans les années 90, et encore aujourd’hui. Rest in Peace, toi le Roi qui semble toujours avoir été tranquille, derrière ta table de mix. Si aujourd’hui un artiste comme Clinton Fearon (ancien bassiste des Gladiators et actuel chanteur du Boogie Brown Band) choisit de réaliser son nouvel album en Dub, c’est gràce à ton travail, ta consistance et ta modestie ! La couronne n’a pas trouvé un autre crane chauve depuis…

Pour conclure, une mention spéciale à cinq albums qui sont pour moi des témoignages éloquents de sa grandeur tout au long de sa fructueuse carrière...
Sylford Walker – Lambs Bread (prod° Glen Brown) / Rockers all stars - Africa must be free in dub (prod° Agustus Pablo) / Agustus Pablo – Ital Dub / King Tubby : King Tubby’s Special 73-76 with Aggrovators & Observer all stars (photo) / Yabby You – Jesus Dread (blood & fire)