WELCOME !

MIX RAY SOUND ! Fresh 2019...

Affichage des articles dont le libellé est C'était il y a dix ans à Marseille et sur la planète REGGAE.... Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est C'était il y a dix ans à Marseille et sur la planète REGGAE.... Afficher tous les articles

mardi 7 juillet 2009

The first, the last, the One I loved for Iver...

Le 1er du mois de Juillet restera dans nos mémoires un jour bien triste car une tête couronnée du Reggae est tombé ce jour là, il y a aujourd’hui dix ans… Dennis Emmanuel Brown a accumulé les « Number One » de sa naissance un 1er Février 1957 à ce jour fatal, commençant sa carrière du haut de ses … 11 ans. On l’a toujours rangé à coté de Gregory Isaacs, l’autre number one, deux chanteurs Jamaïcains ultra populaires qui menaient de front un coté « pile » de Roots men et une « face » de Lover Men dans leur longue carrière. Ils ont d’ailleurs partagé la face de quelques vinyles (estampillé Burning sounds/Trojan, puis Greensleeves) et ont signé les meilleures offres de quasiment tous les producteurs de l’île. Ils se tiraient la bourre pour sortir le plus d’albums (plus de 300 chacun à leur actif en comptant les multiples compils, et officiellement 80 « et quelques » albums pour le Prince. Même si il n’a pas connu de « couac » dans sa carrière, il avait comme son compère un penchant pour la blanche, et ont essayé chacun de contrôler en vain leur carrière (via leurs labels respectifs DEB et African Museum). Trêve de comparaison, Dennis aura été le plus travailleur, un orfèvre de la mélodie, ne s’arrêtant jamais, toujours concentré sur le présent, et gardant cette voix unique qui laisse aujourd’hui cet héritage massif et dont on ne peut se dispenser. Des artistes aussi différents que Michael Prophet, Earl Sixteen, Tony Tuff ou Frankie Paul ont assis leur style sur l’intonation et les qualités vocales de ce chanteur, et surtout Byron Otis, le chanteur des Blackstones, un copy-cat naturel qui a débuté sa carrière en l’accompagnant en tournée en Angleterre. Dennis producteur a aidé la carrière des Tamlins (et démarré celle de Michaël Rose), son meilleur pote était Junior Delgado, et parmi ses admirateurs rien d’autre que le Roi lui-même, Bob Marley. Une discographie complète donnerait des crampes à votre souris en scrollant ce blog, et une biographie détaillée ne serait pas à la hauteur du livre sorti il y a peu par Penny Reel. Résumons donc cet hommage à quelques uns des tubes qu’il a écrit ou interprété (son ouverture musicale s’est souvent retrouvé dans ses reprises de Van Dykes à Al Green ou BJ Thomas), et retrouvons le dans les sélections audios et vidéos trouvés sur le net…

Ma sélection idéale lors de mes soirées a toujours été la reprise de ce « Natural Mystic » de Bob que j’ai pu écouté en Jamaïque en 1993 par Dennis Brown. A la fois Dancehall et Roots, ce single accompagne à tous mes sons. L’album Wolf and Leopards est souvent la référence, pour moi « Words of Wisdom » est encore plus fort, le dosage parfait entre chansons d’amour et message Rasta. Contrairement à ce que l’on a pu lire, ce n’est ni Coxsone Dodd ni Joe Gibbs qui ont fait de lui une Star, mais Derrick Harriott qui a le tout premier misé sur ce poulain (même si l’album sings reggae and soul est sorti en 72, l’année de « Money in my pocket « produit par Joe Gibbs). J’ai pu le voir et lui parler deux fois lors de ses venues en concert, mais j’ai aussi attendu fort longtemps qu’il rentre sur la scène du Moulin, le jour où il s’était enfermé dans les chiottes… Malgré sa course excessive (très jeune déjà, on le voit au Festival de Montreux chevaucher des riddims accélérés, sa propension au chant (dans les interviews, il ne pouvait s’empêcher d’entonner ses tunes…) et son réalisme face au système, il s’est fait rattraper par la dope. Seul cas officiel en Jamaïque, il paye pour tous les autres mais restera pour moi le chanteur idéal du Reggae, car plus que Marley, il savait transcender les styles, et convaincre tous les publics avec sa voix unique. Voilà ce que j’écrivais timidement et avec ma naïveté de passionné il y a plus de 15 ans, et je ne suis donc pas prêt de renier ce premier amour, qui m’a fait comprendre et vivre au son du reggae depuis :
LOVE LETTER : Cher Dennis, de toutes les stars du Reggae, tu es pour moi le meilleur de tous, avec ta voix en or, ta chansons qui me font craquer, et ta gentillesse, l’amour que tu nous donnes. Depuis tes débuts sur des labels comme Studio One, mon dieu que tu étais tout gosse à l’époque, et moi, j’étais un gros bébé !), jusqu’à tes récents duos avec la crème des DJ de Jamaïque, tu as à chaque fois tapé dans le mille : Dans le show-biz, tout le monde te veut comme chanteur, et tu es pote avec tous les musiciens. Et tu décroches à chaque fois le sommet des hits parades, contrairement à ton ancien copain Gregory, qui sort pourtant autant de lasers que toi. L’année dernière pourtant, tu as du en avoir marre de tout cela, car tu es allé te ressourcer sur ton île natale, avec les pécheurs. Toi au moins tu n’as pas plongé dans la drogue (sic!)… Et tu nous reviens, pour une méga tournée, c’est vraiment super ! Depuis que je collectionne tous tes disques, j’avais jamais pu te voir en concert : tu as toujours boudé le sud de la France, alors que tu fais des concerts extras à Paname ! Mais d’ailleurs, pourquoi ne viendrais-tu pas ce Samedi avec tes petits camarades ? Non, je ne te parle pas de ton groupe, ce sera sûrement de parfaits inconnus qui sont bons, puisqu’ils t’accompagnent (à moins que Lloyd Parks ne fasse le voyage, alors ça, cela serait le Top !), non je veux parler des Heptones et d’I-Roy, qui faisaient les premières parties de ton show le 27 Octobre dernier à la capitale ! Et pour le même prix qu’à Marseille, ou presque ! Tu vois, je sais tout sur toi. Ma grande sœur a dit que l’on prenait les gens pour des cons, mais je viendrai quand même, même si il faut se fader Delton Sreechie (c’est ton beau frère ?) ou l’inénarrable Daddy Yod… De toute façon, c’est toi que je viendrai voir, Tu es le seul à pouvoir chanter des textes un coup Lover un coup militant, avec la même conviction. Ton dernier album s’appelle Heaven et nous parle du Paradis, il n’est pas encore dans les bacs, mais je vais me débrouiller pour en avoir un exemplaire pirate avant le concert. Ce sera un hit, encore, j’en suis sur… Je ne désespère pas d’avoir un autographe de toi, et même si nous ne parlons pas la même langue, j’espère que ce message te parviendra un jour, qui sait au Paradis (le plus tard possible, alors !). Qui sait, les ailes du Moulin m’aideront peut-être à m’envoler sur tes chansons… PS : « I don’t want wait in vain for your love », si tu ne chantes pas Revolution, Whip dem Jah, et Money in My Pocket, je serai très déçu… Ray Dactor Junior (996).

Finalement, le plaisir était double avec le bassiste attitré et le We the People qui accompagnait le Prince d’un soir… Ces prestations étaient toujours classe et l’album présenté ici bien fade. Chose récurrente les dernier temps, il fallait être prudent sur ces derniers enregistrements cd, pas sur la plupart de ses singles paru en Jamaïque, qui ont jalonné de hits locaux la carrière du Prince. Ses tubes dessinent aujourd’hui le chemin de l’Eternité, que suivra ce chanteur dans la mémoire de chacun des vrais fans de Reggae... X- Ray

mercredi 18 février 2009

Un héros pas comme les autres

Dur de devoir à chaque fois se repencher sur la vie d’un artiste, sa biographie et ses chansons, lorsque l’on apprend sa mort et qu’il faut en écrire un résumé posthume, un « Tribute » de plus adressé à toutes ces légendes ne vivant plus désormais parmi nous.
L’année la plus terrible pour moi fut il y a dix ans exactement, en plein essor du Reggae en France, et au moment où mon activité de disquaire était à son maximum : Tout juste de retour de Londres (pour affaires…), j’apprenais la mort du Prince Lincoln. Et si cette dernière année de fin de siècle commençait bien mal, cela laissait présager de la suite : Cynthia Schloss (la reine du lovers anglais), Earl Belcher (du jah love music sound system), Augustus Pablo, Junior Braithwaite (choriste de Marley), Junjo Lawes (le producteur), Dennis Brown, Mickey Wallace (chanteur de Chalice), Don Taylor (le manager de Bob), I-Roy, Joe Higgs, Clinton "tenessee" Brown (du groupe vocal les Silverstones), Jah Lion alias Pat Francis alias Jah Lloyd, Justin Yap (le producteur de Ska), Miss irie (de Saxon sound, sœur de Tippa Irie) et Sir Harry nous ont tous quittés en 1999, année noire pour le Reggae. Vous en trouverez ici les hommages qui leur sont réservés, dix ans après... mais commençons par le Prince ! C’est de manière posthume que j’ai donc vendu à la boutique son dernier opus auto-produit, « 21st century », à quelques dizaines d’oreilles émerveillées et réceptibles à sa vibration musicale toute personelle. Alors que j’avais raté moi même un rendez-vous avec lui, où je comptais partager toute l’excitation résultant de son récent come-back, après un bref contact donné par sa femme à la poissonerie qu’il faisait tourner en banlieue de Londres... Prince Lincoln Thompson n’était-il pas pécheur en Jamaïque, à ses débuts ?…
Surnommé Sax, pour son amour des chaussettes (socks - sax en patois) aux couleurs étonnantes, il a débuté au sein des Tartans (et deux tubes, « Dance all night » et « Lonely heartaches », souvent déclinés en compilations oldies), groupe fondé avec Devon Russell et Cedric Myton. Plus de précisions dans le numéro de Reggae Vibes n°4. C’est Pablov Black qui le ramenera quelques années plus tard en studio (au Studio 1!) mais le succés n’est pas encore au rendez-vous. Après s’être décidé à créer son proche label, God Sent, il put atteindre plus tard le public anglais gràce au travail de Mo Claridge, du label Ballistic, alors distribué par United Artists et presser en plus grosses quantités (et en maxi single) les enregistrements de lui et son groupe les Royal Rasses, effectués à la fin des années 70, tous dans la veine des Congoes ou Matumbi, souvent des titres de durée assez longues, avec effets dub et falsetto dans la voix... Au croisement du reggae jamaïcain et des sons reggae roots anglais de l’époque, le groupe fût élu meilleur groupe par le magazine Black Music. Porté par le succés de « San Salvador » en 1976, ils purent aussi s’offrir une tournée anglaise pour la promo de leur album « Experience », en Septembre 1979. Les Israelites en backing band, mené par Pablov Black, et avec Prince Jammy au contrôle, la date du Rainbow du 05 Octobre fut anthologique. Renommés Rasses pour ne pas confondre avec les Royals de Roy Cousin, aussi présents en Angleterre à la même époque, leurs deux premiers albums reçurent un acceuil fort prometteur, mais ont trop souvent été classés dans un certain registre d’avant-garde pop-jazzy reggae, comme un avatar du Reggae. Quand le chanteur Joe Jackson produisit le troisième, le sublime « Natural wild », personne dans le rock ne comprit la fusion, et personne dans le reggae ne soutint le projet… Retour en Jamaïque en 1981, et donc à des sons plus jamaïcains, en enregistrant à Tuff Gong et à Channel One « Ride with the rasses », on perdit ensuite la trace du Prince, ne faisant surface qu’en 1983 avec un album enregistré en Angleterre cette fois, le chanteur s’étant installé définitivement à Totenham. Ce labyrinthe n’a pas joué en sa faveur, malgré son énorme talent. Sa modestie en a fait un artiste à part dans le Reggae, qu’il faut prendre la peine de découvrir. Tous ses albums sont majeurs, tous ces titres sont mythiques. Mention peut-être à « Food Clothing and Shelter », le « One common need » de tout être humain, et « Unconventional People », un maxi qui résume tout à fait la dimension du personnage, avec les chœurs de son clone Cedric MytonEt surtout à son « 21st century », meilleur album de cette fin de siècle. Le morceau « Hard times come again » est un pur chef d’œuvre. Et un hommage troublant à ceux qui nous ont quitté (Jacob Miller, Peter Tosh, Marley, Garnet Silk, et même Slim Smith ou Jackie Edwards) est glissé dans « The heroes just the same » : Son nom résonne désormais dans la partie Dub, de son Zion au bord de l’eau où il peut désormais regarder passer les poissons …

ALBUMS
Humanity as The Royal Rasses Ballistic Records UAG30227 1979.
Experience as The Rasses Ballistic Records UAG30259 1979.
Natural Wild as Lincoln Thompson and the Rasses (avec Joe Jackson sur trois titres) United Artists UAG30309 1980.
Ride With The Rasses as Prince Lincoln Thompson and the Royal Rasses God Sent Records GDS1 1982.
Roots Man Blues as Prince Lincoln and the Royal Rasses Target Records TAR003 1983.
21st Century as Prince Lincoln & the Royal Rasses 1-5 South Records 15STH LP/CDA01 1996. (CD, LP, et maxi disponible à sa sortie)
DUB ALBUMS
Harder Na Rass as Rasses Band Warrior WARLP 2002 1979
Dub mix de Experience (Jammy mix). Ballistic LBR 1031 1979
God Sent Dub as Royal Rasses PRE-1 1980
Dub mix de Natural Wild.
Vortex Dub as Royal Rasses
Dub mix de Natural Wild et Experience.


MAXIS ET SINGLES SORTI SUR BALLISTIC

UP 36482 The Royal Rasses - Unconventional People // Version 1978
UP 36496 The Rasses - Old Time Friends (Disco Style) // The Rasses - San Salvador (Disco Style) Produced by Lincoln Thompson 1979
BP 315 The Rasses - You Gotta Have Love (Jah Love) // Humanity (Love The Way It Should Be) / They Know Not Jah 1979
BP 327 Royal Rasses - Ain't Nobody Here But Me // Kingston 11 (Ghetto Rock) Warrior labelProduced by Prince Lincoln Thompson 1979
BP 359 Lincoln Thompson & The Rasses Band - Natural Wild Tracks: Natural Wild (Lincoln Thompson) / Second Sight (Lincoln Thompson & The Rasses Band ) // My Generation (Lincoln Thompson & The Rasses Band ) / Blessed Are The Meek (Lincoln Thompson & The Rasses Band ) Produced by Joe Jackson & Lincoln Thompson 1980
BP 369 Lincol Thompson & The Rasses - Spaceship // Lincol Thompson & The Rasses - Generation Dub Produced by Lincoln Thompson 1980


OTHER 12" SINGLES
I Man Feel It as Prince Lincoln & the Soul Rebels MSR DA1. Années 80's. They Don't Know Jah as Prince Lincoln &the Royal Rasses God Sent GDS91. 90's.
Rising In Love as Rasses Blank stamped Rasses1 90's.
OTHER 7" SINGLES
Daughters Of Zion as Prince Lincoln Studio One JA rec. 1971 Matrix SC 163.
Live Up To Your Name as Prince Lincoln Studio One JA rec. 1971 Matrix FCD7809.
True Experience as Prince Lincoln Studio One JA rec. 1971 Matrix FCD7834.

Prince Lincoln, dans des interviews faits de lui dans les années 80, dit que Coxsone a tout de suite sorti (et sans aucune contrepartie financière) ces singles cette année là, mais la matrice daterait de bien plus tard (1978)... Sur quelques pressages de « Little Joe” de Prince Jazzbo (label Bongo Man FCD 7809-A), on y entend à la place Live Up To Your Name, erreur courante et déroutante en Jamaïque. La faute à qui?

PRODUCTION/ARRANGEMENT
Jahovah (version 1 & 2 - Mello - D (writers credit Melvin Dockery) God Sent GDS92 Début années 90, et peut-être d'autres restés dans la confidentialité !

Merci à feu Black Music, Small Axe, Chris May, Roger Dalke, Tapir, Michael De Konigh, et Reggae Archives.

dimanche 25 janvier 2009

C'était il y a dix ans pour le magazine marseillais Scratch, votre serviteur chroniquait les dernières parutions de "Blood & Fire" qui retraçait largement l'oeuvre de King Tubby. Depuis, le label n'existe plus, et même ces vinyls sont devenus collectors... mais le site internet marche encore
http://www.bloodandfire.co.uk

KING TUBBY / DUB LIKE DIRT ( BAF 026 - LP ou CD ).
L’esprit de Steve Barrow est de ressortir en disques, les meilleures versions reggae jamais enregistrées, mais avec aussi le meilleur son possible. En voyant la pochette de leur dernière réalisation,[ou l'image ci dessous], on peut croire que cela n’a pas dù être facile... Mais il ne faut pas penser que des hommes d’affaires comme Bunny Lee, propriétaire de ce répertoire roots jamaïcain mis en valeur ici, ait pu faire trainer de cette façon de tels trésors. Ces vieilles bandes sont surement celles vouées à la destruction, comme le sont aujourd’hui les galettes vinyls, sur lesquels on represse aujourd’hui d’autres sons, sans se soucier de savoir si une copie existe. Ne regrettez rien, il y a eu telle abondance d’enregistrements à l’époque que vous ne pourriez pas tout connaitre dans une seule vie. On s’en rend compte aujourd’hui par l’affluence de ce genre de compilations, qui ne sentent pas la poussière (comme semble insinuer son titre) mais correspondent plutôt totalement à ce que l’on écoute actuellement : Beaucoup d’effets, des styles hypnotiques, mais sur des morceaux “standards” de reggae roots... Et Steve a eu de plus l’amabilité de décrire cette fois dans le livret chacun des titres, avec sa version correspondante, le nom du chanteur, et le nom de l’ingénieur qui mixait (car la plupart des morceaux sont mixés par Philip Smart au studio de King Tubby, et non par Tubby lui même! ...). KEITH HUDSON : PICK A DUB ( BAF 003 - LP OU CD )
Plus on remonte le temps, plus les essais de prises dubs dans les studios jamaïcains se font rares à entendre. Mais encore plus difficile est de faire aujourd’hui la découverte d’albums entiers, enregistrés dans cette première partie des années 70, à la Genèse du Dub. Peu d’ingénieurs s’y aventuraient, pour tout un album, ou seules quelques copies étaient pressées. Mais ce n’est pas le cas de ce petit chef d’oeuvre, qui rassemble les plus belles versions de titres chantés, ici dans leur état brut. Ce travail précis a été produit par un orfèvre hors pair, dentiste de métier, et malheureusement décédé en 84, Keith Hudson. A chaque fois le titre est coupé de ses lignes mélodiques, pour laisser s’affronter seuls la basse et la batterie. Dès les premières notes de “Pick a dub”, on comprend la vrai âme de ce cd, avec ces coupures et ses sons qui ressurgissent, avec aussi des echos profonds qui nous entrainent et visitent ces studios: A écouter dans un bon casque stéréo!. D’un recoin le plus sombre surgira le cri transcendant de Big Youth, pour amener la réplique, et nous faire comprendre que tous ces titres etaient alors le meilleur outil pour laisser filer le rub a dub des deejays, au microphone, et apprécier la meilleure rythmique musicale de l’île: A savoir les frères Barett, déjà musiciens pour un autre artiste que cet illustre dentiste de Kingston !...
YABBY YOU / KING TUBBY ‘S PROPHECIES OF DUB ( BAF 005 - LP ou CD )
La Bible est au coeur du message rasta diffusé dans le reggae, et ce volume de Blood and Fire nous le rappelle à sa façon. Car bien sur, c’est du dub, donc rien n’est dit, mais il vous suffit de prendre une bible et l’ouvrir aux versets indiqués dans le livret du cd, pour pouvoir pénetrer dans cet univers spirituel. Cet album est surement le plus mystique, le plus prenant, et le plus porteur de toutes les réalisations dub du label Blood and Fire. Il a été plus ou moins remixé à trois reprises différentes, mais les deux autres enregistrements sont aujourd’hui assez rares. Il ne contient pas non plus de morceaux du double cd du même artiste, sur le même label, “Jesus Dread”. Il est donc le troisème tryptique à caler dans son salon, le Livre Sacré au milieu, et à portée de main... Quand on vous dit que ce label, Blood and Fire, c’est la bible des amateurs de reggae, c’est donc quelque part la vérité !.
Docteur X - RAY .
GLEN BROWN AND KING TUBBY : TERMINATION DUB ( BAF 015 LP ou CD )
Peut-être la plus surprenante de toutes ces réeditions de Blood and Fire, car les plus roots d’entre vous connaissaient déjà l’album vocal de Sylford Walker “Lambs Bread”, distribué par Greensleeves, depuis épuisé, ou les versions D.J de Welton Irie “Ghetto man corner”, en vynil seulement [depuis ré-édité, par Blood & fire justement, mavaient-ils lu?], mais surement pas ces délires dubs partagés par deux grands producteurs, King Tubby et Glen Brown. Ce dernier a participé à l’édifice du dub jamaïcain, au même titre que Keith Hudson, et a permis à des jeunes du ghetto d’enregistrer (pour la gloire très souvent) leurs chansons. Il n’y a pas que celles de Sylford dans cet album, mais c’est ses titres qui nous restent en mémoire... Certains mixeurs anglais comme Manasseh ou Rootsman, ont eu d’ailleurs la même réaction, et ont à tout pris voulu en faire leur version, pour les clubs. Les bandes de ces enregistrements n’étant pas multi-pistes, ce travail était d’autant plus difficile. Essayez donc d’attraper au vol “Version 78 style” de Rootsman (version de “Deuteronomy”) ou le “Lambs Bread” de Nick Manasseh, un petit nombre de 10’’ ont été pressés. Sinon, écoutez en boucle cette sélection de Blood and Fire, et essayez d’en faire votre propre mix !
KING TUBBY AND PRINCE JAMMY / DUB ME CRAZY 1/ 2 ( BAF 002 / BAF 013 LP ou CD )
Rares sont les compilations de dub qui se tiennent d’un bout à l’autre du disque, et ces deux volumes du roi du mix ne trangressent pas la règle: Ils auraient même pu être regroupés en un seul disque: Même si quelques versions enflamment chacune des faces, d’autres titres sont très vite zappés : Comment expliquer ça venant du “King Tubby” ? Ces versions sont en fait toutes tirées de bandes matrices ou de faces B de 45 tours, enregistré très souvent en une seule prise, en “cuttant” la bande voix avec à fond reverbs et delays. Ces prises directes sont donc toutes sujettes à improvisation. Les meilleures qui s’en dégagent sont tous fascinantes dans leur version première, chantée, ce qui indique que l’ambiance dans le studio devait être primordiale... Alors pourquoi ne pas plutôt faire des compilations de ces deux versions chacune, les deux faces du même 45 tours par exemple, pour nous prouver tout le génie du mixage?. Et cela éviterait aussi de se creuser la tête à chaque morceau en se disant : Je l’ai cette version, mais dans quel album ? Et chanté par qui ?...
Docteur X - RAY .

mardi 6 janvier 2009

Ecrins de voix dans un monde de brutes

Même si elles n’aiment pas être « mis en boîte », ces nouvelles artistes suivent une même direction, un chant clair et retenu et une guitare en bandoulière, traçant la même voie qu’avait emprunté Tracy Chapman il y a vingt ans... Les femmes fonctionnent différemment des hommes, et la musique ne déroge pas à la règle. Plus humainement que certains rastas, elle nous offrent en cette fin d’année un bouquet de sons d’une beauté inestimable, un écrin parfait dans un monde de brutes !

Soyons chauvins, commençons par Soha, qui retrouvait ici son ancien employeur, l’Espace Julien (28/11), sur scène cette fois : Pas dépaysé par son flow reggae-ragga, le public se laissera porter par les accordéons et la guitare de Jamba, de Cuba au Cap vert, en passant par Paris (une superbe reprise des « petits papiers » de Régine). Les carnets de voyage de Grace, sa première partie, démarrent aux USA, berceau du folk, qu’elle apprivoise avec des parents musiciens. Mais c’est l’Afrique là aussi qui évitera de s’échouer dans un virage pop trop mièvre, laissant place à une bien belle émotion, et un futur talent.


Tout comme Mélissa Laveaux, qui partageait la scène avec Eric Bibb à Cavaillon (5/12). Cette jeune pousse de 23 ans « veut être accessible », et tisse un lien entre Folk et Blues, jouant sur sa guitare de façon percussive, pour se rapprocher peut-être des ses racines caribéennes. Sur son My Space (car « ces nouveaux médias aident les projets un peu à l’écart, le consommateur pouvant rapidement devenir lui même musicien »), une démo de huit titres l’a fait signer en France sur No Format pour sortir Camphor and Copper, sensible et attachant, qui attend désormais une diffusion au Canada: « Les canadiens sont facilement exportables, j’ai suivi le chemin de Feist ». Elle n’est plus étudiante que depuis peu, et n’a toujours pas calmé les idéaux de ses parents à son sujet, mais elle peut maintenant partager la scène avec ceux qu’elle faisait découvrir au public du Campus dans ses émissions de radios…

La France a réservé le même accueil à la militante Asa, prix Constantin, et déjà plus de 70 000 albums vendus, débordant de bonheur et de chaleur sur la scène de l’espace Julien (10/12). Son « Fire in the mountain » a illustré en rappel l’autre fil conducteur unissant toutes ces femmes, s’approprier le rythme reggae pour y diffuser un message de paix... Leurs disques sont à ranger à coté de ceux de Césaria Evora, Norah Jones, Tuck & Patti, Rokia Traore, Jill Scott ou Erika Badhu, (de telles références évitent les étiquettes !), mais aussi Annabel Lamb ou Eddie Brickell, ces deux artistes des années 80 que peut-être tout le monde a oublié, mais dont leurs voix semblables en font l’écho exact. Elles avaient d’ailleurs toutes deux fait plusieurs morceaux de reggae, et sont tombé dans l'oubli il y a 10 ans juste (après "What I am" pour l'une, et l'album "Justice" pour l'autre), mais sans tomber dans la naïveté déconcertante de certaines autres plus actuelles, comme Ayo par exemple, qui pourrait laisser ce même sentiment aux Docks des Suds le 20 Janvier prochain … Capitaine de ce renouveau folk-cool au féminin, et dans les mains du reggae-man Patrice, elle chantera les chansons de son deuxième album, et devra nous faire rêver, apaiser nos consciences, et dégager la chaleur maternelle que seule une femme sait naturellement donner... Il est clair qu’il y a comme une « mode » qui passe sur ce type de spectacle chaloupé reggae d’une folkeuse au féminin, et qui peut nous rendre frigide si on les compare aux œuvres de Joan Baez et Joni Mitchell. Mais l’on s’attend certainement à écouter bientôt le même style en Jamaïque :
Etana semble la mieux placée (ici entre le fils de Jimmy Riley et le Dub Poet Mutabaruka) avec un somptueux album à la clef, "the Strong one", mais cela reste encore bien différent de ce climat acoustique puissant qui se dégage chez les sus-nommées . en conclusion, si ma préférence irait à Grace, car c’est la plus reggae d’entre elles, le coup de cœur sera probablement Krystle Warren, en première partie du concert de Keziah Jones. Une voix qui emporte les autres sur son passage, une émotion palpable et un talent brut, Manu Katché l’a invité dans son émission (à capter sur You Tube) et depuis, je ne penses qu’à elle…

Melissa Laveaux : Camphor and Copper (No format - Universal) Photos courtesy of Herve Milliard (copyright @artimage)
Ayo, Mardi 20 janvier aux Docks des Suds.
Krystle Warren le 31 Janvier, en première partie de Kéziah Jones aux Docks des Suds, et en fin de blog en LIVE ! ! ! !
Etana, the strong one (auto-produit, import JA) et une sélection dans le Number Two...

vendredi 12 décembre 2008

Petit conte de Noël au soleil

Il était une fois deux acolytes musiciens, l’un grand, l’autre plus petit, qui allaient mener de front un rêve fou. Ces graines d’artistes ont même été en première page d’un quotidien local, tant leur bon esprit a su se greffer avec la malice des autochtones… Déjà embarqués dans 10 ans de concerts avec leurs potes Sons of Gaïa, Ras Poletti, ou Gang Jah Mind, ils ont aussi entraîné dans leur sillage Aubagne, le temps des fêtes annuelles de la Paix, organisé par la ville avec la MJC de Pin Vert et le Kabba Roots sound-system. La vie dans les vignes provençales n’est pas celle de Rockfort à Kingston, mais grâce à des connections efficaces, Al et Mehdi ont échangé leurs adresses et retrouvé le goût de leurs racines musicales. De 2004 à cette année, ils rapportaient à chacun de leur voyage ce rêve de faire tourner ces anciennes stars ici. Confrontés à une dure réalité, la désertification de musiciens dans les studios au profit des machines, ils se sont retroussés les manches, en tournant avec Putus & Fuzzy, le regretté Eloquent, puis Ras Shiloh et Linval Thompson, ou Assassin et Johnny Clarke.


(Sur la photo, prise à Aubagne, les riddims twins méridionaux sont sur la dernière marche, tout en haut...

Un matin de janvier 2007, un appel de DJ Sunshine de la radio Irie F.M leur asséna un coup de bambou fatal : Ils étaient fortement désireux de produire un de leurs intrumentaux, le DST riddim, et d’y faire venir toute la hype dancehall y poser leurs voix. C’est de cette façon que le reggae se vend en Jamaïque depuis plus de vingt ans, et ce coup fut leur première bouffée de succès, aux cotés de Junior Kelly, I Wayne, Fatan Mojah, et surtout Morgan Heritage (le titre « Headline » dans leur dernier album). Mais leur ambition n’est pas restée sur le coin d’un cendrier, et toutes ces voix d’or de l’age du roots qui s’étaient tues depuis l’arrivée du ragga étaient en attente de musiciens de ce rang pour reprendre le chemin des studios. Un cadeau magique pour les deux camps donc, ce « Ghetto living » de Linval thompson, 20 ans tout de même depuis son dernier album sur Island, « Starlight », a été enregistré dans l’antre historique d’Harry J, avec tous les instrumentaux de leur fabrication (et l’ajout de productions de Fattis Burrell). Un instant de « pures bonnes vibes », nostalgique sans être obsolète, et un duo avec Warrior King qui fait déjà parler de lui.

Mais surtout un nom porteur pour cette paire rythmique, le Hand cart Band, tout heureux et nous promettant de faire encore beaucoup d’enfants comme celui-là... X-Ray


IL Y A PRESQUE DIX ANS ... LE DOCTEUR SOUTENAIT ET CHRONIQUAIT DEJA CE GENRE D'ENTREPRISE...

Une chose est sûre : Il ne faut pas rater le premier concert de reggae de la rentrée, le 16 Septembre prochain à l’Espace Julien. Une nouvelle idée de concert, avec une belle brochette de groupes locaux et des guests jamaïcains. Un mouvement massif et positif, qui permet de lier deux pays, deux cultures, et d’entendre enmusique les mots Amour et Respect, déclinés sur tous les tons..


Depuis la folie médiatique qui s’est abattu sur le territoire Français, le reggae n’est pas monté à la tête de nos artistes, mais a plutôt fait murir leur conscience et rapprocher les liens : On sent dans leurs actions la volonté de se rassembler et de progresser : Déjà, en Juin dernier, autour d’une soirée organisé par le MRAP, les groupes locaux invités ont fait enfin « éclater » leur position contre l’intolérance et les inégalités et pour le rassemblement : On a pu par exemple entendre des rencontres inter-groupes (le chanteur des Sons of Gaïa a joué du mélodica avec Gang Jah Mind), et voir une sélection de diapos de chaque coté de la scène, où l’image communiquait parfaitement avec les textes de Miltan Band. On retrouvera d’ailleurs ces mêmes groupes, et d’autres comme Daï Pivo, Malik Fahim ou Supa Kémia, dans de nombreux festivals d’été, se partageant l’affiche sur un pied d’égalité, tout en gardant leur propre idée du reggae et du message rasta.

KINGSTON EN PROVENCE

Et quand des jeunes d’Aubagne décident de partir à la recherche de ce message, ils trouvent sur leur chemin les anciens du groupe Mystic Revelation of Rastafari, qui vont les guider dans la Jamaïque, et jusqu’à leurs racines Africaines. Le Message devient alors Vérité. Et les Jamaïcains découvrent enfin que, très loin de leur île,et très loin de la Mère Afrique, il y a un peuple qui les connaissent, les respectent, et attendent de partager des moments d’Amour en Musique. La Vérité devient alors Réalité, et trois d’entre eux partent à leur tour découvrir la Culture Française, et rencontrer le public reggae Français. Sans aucune barrières de langue,de race, ou de supériorité, et avec leur seule expérience et leur talent, ils ont donc naturellement voulu partager un moment sur le terrain musical, et se sont joint aux Royaltics (groupe de Malik Fahim au Magnetic lab Studio), et le Kabba Roots, formé par la plupart de ces mêmes jeunes aubagnais cités précedemment, et qui répètent de la façon la plus roots qu’il soit dans la campagne, au « Cabanon » :

MYSTIC REVELATION

Il ont en fait rencontré les Mystic Revelation of Rastafari en 97 à Valence, lors de leur première prestation en France (après 25 ans de carrière en Jamaïque), coordonné par Hélène Lee, journaliste et analyste de tout ce mouvement depuis bien longtemps. Depuis ce contact, jouer avec eux et d’autres de la communauté devenait un rève impossible et entêtant. Et là,en quelques jours, ils ont su préparer une solide prestation, rassembler leur courage pour organiser un événement, et dégager de fortes vibrations musicales : C’était à Aubagne, pour un concert gratuit ce premier Septembre. Et l’expérience sera renouvellé à l’Espace Julienle 16 Septembre prochain. Tous ensemble, convaincu que Jah le créateur nous a donné une force, et que cette force réside dans l’Amour et le Respect entre nous, « I and I ». Si vous êtes en quète de Vérité, venez vous rendre compte de la réalité, avec une ferveur que l’on ne rencontre plus trop dans les concerts en ce moment, et ne ratez pas cette nouvelle vague spirituelle. I and I seront là, Rastafari.

IL Y A TRENTE ANS, LINVAL THOMPSON AU NOTTIN HILL CARNIVAL...

samedi 6 décembre 2008

IL Y DIX ANS, UN CONCERT CHRONIQUE PAR LE DOCTEUR


SA MAJESTE RASTA FAR I a dans le monde du reggae de nombreux disciples, qui ne concoivent pas cette musique sans s’accompagner une communication spirituelle. Derrière les vapeurs de ganja, cette communion de foi peut paraître exhubérante et éphémère, mais dans une situation d’opression constante du système, cette éveil culturel, voire religieux, semé dans les ghettos du monde entier, pourrait bien représenter une force dans le futur. Beaucoup attendaient donc la venue de Ras Michaël and the sons of Negus, pour ressentir ce genre de vibrations. Le maître du Nyabinghi était là, autant appécier ce qu’il nous a donné pendant cette tournée :Rencontre, interviews et compte rendus de cette grand messe commenté par votre missionaire...

Mista’ Aziz et son Mélomanes Club étaient sans doute les plus désireux de faire revenir ce groupe en France, après un premier passage dans les années 80 qui s’était révélé désastreux, mais auquel les quelques marseillais présents en retiendront toute la chaleur: Sans argent, les musiciens avaient été logés pandant quelques jours dans notre ville, avant de partir (en stop) sur Nice pour un nouveau concert qui devait leur permettre de rentrer chez eux. Depuis la venue des Abyssinians, on sait que le “posse” de Montpellier a toujours axé son travail sur les attaches culturels du mouvement reggae. La branche nyabinghi est surement celle qui reste la plus proche des racines, mais leur chef de file historique restait planqué en Californie, sans sortir de nouveaux albums, et faisant seulement quelques uniques apparitions dans des festivals, comme l’hommage à Bob à Long Beach en 1991, ou le “Reggae on the Rocks”. “Ma “Base est en Californie, on peut me rencontrer, y prendre des lecons de nyabinghi, s’informer sur la réalité du mouvement rasta et sur la façon de jouer du nyabinghi”. Un peu la même direction qu’ont pris en Jamaïque la confrérie des Mystic revelation of rastafari (le groupe de Cout Ossie)... L’homme ne s’est pas pour autant tourné vers le mode de vie américain. “J’aime vivre dans les montagnes. en JamaÎque, c’est plus flexible. Une vraie communauté...” “On a encore besoin d’argent pour monter là-bas un vrai centre culturel avec un studio, une formation aux nouvelles technologies, un studio d’enregistrement, des cours, mais tout ça est dans et pour le ghetto, il manque encore quelque dizaines de milliers de dollars”. Dur, dur, même si l’homme est appelé jusqu’au Japon pour y donner des performances. Le mois prochain il ira au Gabon avec Burning Spear, et Capleton : Les percussions utilisés, les rythmes employés, le message des textes, tout indique son identification à l’Afrique. “Mais nous ne sommes pas encore alllés là-bas, je n’ai pas joué en Afrique parce qu’à l’époque, il y avait les problèmes de l’Apartheid, et ceci suffisait à justifier mon refus. C’est plus cool aujourd’hui, peut-être serai-je même accueilli en Ethiopie cette année.”. Cette tournée était justement nommé spiritual nyabinghi, et beaucoup de choses ne s’expliqueront pas. “La musique roots est LA façon de vivre, la musique des gens du ghetto. Une communication vers les gens. Un message d’amour, car sans l’amour, on est rien”. Les premières dates au Nord de la France ont permis au groupe de développer tout leur répertoire, et de tester le feeling, indispensable, et rajeunir certains morceaux de son dernier album, “Know now, qui date déjà de 1989. “Marriage à Canaan”, “Give thanks and praises” “War mongers” et “Born in the ghetto” ont le rythme entrainant du reggae “One drop”, et l’ajout de sa frappe à l’Akété nous rappelle aux racines “churchical” des ces titres. A Toulon, leur sonorisateur leur avait fait défaut, et l’on pense que c’est celui de No More Babylon, qu’il l’a remplacé, donnant une dimension très dub aux morceaux, d’une excellente manière. Chaque prestation se révèlera très différente, tant l’improvisation et l’ordre des morceaux pourrat être modifié suivant ce qu’il dégage. Et suivant ce que le public pourra dégager. Et, surprise, c’est une nouvelle génération qui s’est déplacé: Les enfants de Marley. “ Bob me l’avait déjà dit, je lui parlais de ça la nuit dernière, et il a répondu : “Ras Michaël est un nyabinghi specialist.” Je te le dis comme c’est: Ce coté spirituel, tourné vers les racines, mon style, ma musique, il l’avait compris, lui et Bunny Wailer. Il disait: “Regarde tous ces gens qui jouent du reggae: Pour écouter cette musique, et qu’elle reste, il faut la jouer avec le coeur; mais ce sont des vibrations simples, quand on est chanceux de les trouver, on est heureux, man. ” Plus de trois heures à Dijon, Deux heures et demi à Toulon, bien moins à Marseille, et un grand succés à Montpellier, le fief des Mélomanes. Une grande envie de jouer. En fait, le public à Marseille paraissait en comparaison quelque peu endormi, ou trop Irie, ne saisissant pas comme il se devait, l’envie qu’avait le chanteur de nous faire participer. Avertissement intraduisible de ce fumeur de pipe (une tradition ancienne): “L’usage de ganja n’est pas une “likle slang thing”, (autrement dit, il ne faut pas le prendre à la légère...), c’est à usage de méditation spirituelle, et la fumer n’est pas la seule utilisation: Tu peux la bouillir, boire le thé, soigner les glocomes, ou d’autres maladies, tu peux la cuisiner, la manger comme un légume, yes! C’est une réalité, on ne peut en être dépendant si on l’utilise de cette manière. C’est écrit dans la bible...”. Légalisation? “Les choses vont changer, il faut attendre encore”.



Ambiance un peu lassive donc, à l’Espace Julien, Michaël était un peu tendu et fatigué, car en fin de tournée. Cette fois, c’est le claviers qui s’est tout de suite détaché du lot. Avec des solos très inspirés, façon Jackie Mitoo, son allure ne paie pourtant pas de mine, mais sous son chapeau se cachait quelqu’un d’assez réservé, dans l’ombre et la lignée des plus grands “Les sons of Negus sont une évolution, une sorte d’institution, beaucoup de frères sont passés par là. Tous choisis parmi les fils de Dieu. Roobie Shakespeare, Sly sont passés par là”. Roobie Lyn, Peter Tosh a fait beaucoup d’albums pour moi, c’est un concept, de l’inteérieur, chacun choisi pour son individualité, leur connaissance fait le reste... Le batteur, Benbow, lui aussi. Et il se sentait bien à Marseille, le sourire derrière les toms, on captait sa complicité et sa volonté de réusir. Une nouvelle fois. A Toulon, c’était le sax, bien mis en valeur par le son, qui s’est surpassé sur des envolées de riddim studio One. A Montpellier, curieusement, c’est le guitariste, assez timide jusque là qui s’est dévoilé. Comme si ils étaient conduits par un ordre divin, tout était pretexte à une libre improvisation, et Ras Michaël a suivant les dates plus frappé le nyabinghi. Il a même repris juqu’à trois fois le Rastaman chant de Bob à l’Espace Julien. Mais partout, la même prise de conscience, le même humanisme. “Tu ne comprends pas toutes mes paroles quand je chantes, mais tu sens les vibes. Tu sais si ca parle d’amour et de guerre, non?” On aurait voulu savoir son secret, il ne nous l’a pas révélé.Ou plutôt il n’y en a pas : Un prophète est passé de par chez nous, un des derniers piliers vivants de cette musique, reggae, et le vrai maître spirituel actuel du tambour nyabinghi... “Mon premier morceau a été “Ethiopian anthem”” avoue t-il... La conclusion : “Nous avons aimé la réponse du public français. Chaque show était propre, dans toutes les villes c’était bon et différent, tu sais, la musiqe parle d’elle même, et les gens peuvent y trouver ce qu’ils veulent /.../ le revival roots s’explique car c’est un cycle, et nous, nous sommes sur une “bicycle”, et nous allons de partout. Bonne route, et à bientôt pour un nouveau tour de France. Ici, le retour de Ras Michaël est attendu. Comme un Messie... DOCTEUR X-RAY


PS DIX ANS APRES : Ras Michael a sorti en auto prod' complète ses deux plus récents albums, Wa dem a Go do Wid it, et Try Love, mention spéciale au dernier dont vous pouvez entendre des extraits sur ma selecta' number one. Il vit toujours en Californie. Il n'y a pas d'espoir de le revoir chez nous bientôt...

PRESCRIPTIONS D'ANTAN

IL Y A DIX ANS, LA PRESCRIPTION DU DOCTEUR



Steve Barrow nous l’a encore répété lors de sa visite à Marseille, le label Blood and fire est le SEUL à prendre soin du son de l’époque dans toutes les galettes qu’ils confectionnent. Mais ce ne sont pas les seuls à rééditer les perles rares des studios jamaïcains, sorti depuis plus de 15 ans en 45 Tours, pour le marché local : Pressure Sounds suit le pas en ressortant des archives de chez Randy’s: Son proprio, Clive Chin, a participé à l’envol du reggae, ouvrant son studio au 17 de la place de Downtown Kingston, (Parade) en 1969. A cette époque, peu de studios étaient vacants, WIRL, Federal, Studio One, et la JBC nationale saturant de boulot. Aidé par l’éclosion de ce nouveau ryhtme dès la fin des années 60, chacun voulut l’enregistrer à sa façon, et Randy’s hébergea rapidement Dennis Brown, Gregory Isaacs, et de nombreux autres futurs talents. Plus tard, Hugh Masekala, Quincy Jones ou Joe Cocker (pour l’album Stingray) frappèrent à sa porte. Servant de relais avec les studios plus établis, (Randy’s n’avait pas de back-up attitré, même si le Soul Syndicate et Skin Flesh and Bones tournaient beaucoup pour lui), le studio dut fermer ses portes en 78, mais le magasin de disques attenant tiendra le coup. Clive Chin partit aux Etats-Unis pour finalement se retrouver dans la distribution, en créant le label VP avec sa famille. La suite, on la connaît… Le studio n’a pas été reconstruit à New York, et ces vieilles bandes sont donc un rare témoignage résumant le talent de tous ceux qui défilaient alors sur Parade. Toutes les selections ont été choisies avec minutie, et même si le texte (en Anglais) du livret ne nous renseigne peu, on a à faire à des connaisseurs : Brodway, Sweeni, Crutchies, Senya sont inconnus, et ce sont Black Uhuru (qui ont aussi débuté chez Clive Chin), Lloyd Parks, les Gladiators, ou Dennis Brown, qui nous servent les meilleurs inédits. Ce qui en ressort, c’est que le soin apporté au son n’était alors pas encore indispensable dans ces productions, les voix et les mélodies suffisant à mettre en valeur le morceau. C’est peut-être cette raison qui a poussé le label à sortir un tel disque, laissant à Blood and Fire le soin d’explorer la face plus Dub du Reggae… Ne pensez donc pas retrouver le même son que les grands classiques des groupes cités ici, car dans ce cd, on vante leurs débuts, leurs racines. Un peu comme pour ces coffrets récement mis en avant des enregistrements de Bob Marley pour Danny sims, chez Dynamic, ou même Randy’s. La crème, quoi !

RANDY’S : 17th NORTH PARADE (Pressure Sounds)

PS DIX ANS APRES : C'est V.P eux-mêmes qui s'occupent désormais de la ré-édition des morceaux enregistrés au studio RANDY's, un label lui est même entièrement dédié, et une double compilation voit le jour aujourd'hui...