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lundi 29 avril 2013

THE VOICES : UNDER-RATED TALENTS FROM JAMAICA

Une émission de deux heures consacré au Reggae, à la Roots Music, mais sans entendre du Bob, du Burning Spear, ou même du Gladiators ou du Culture? C'est ce que je vous ai proposé dans ce Massilia Riddim Style, intitulé ironiquement "The voice"...
POUR ECOUTER CETTE EMISSION CLIQUER ICI  !
http://www.mixcloud.com/docteurxray/massilia-riddim-style-special-the-voice-jamaican-talents-1-2/
Pour plus d'infos, la playlist tout d'abord  : Jetez un coup d'oeil car si vous ne connaissez pas les artistes, c'est normal, et c'est tant mieux. Si certains noms vous disent quelquechose, vous allez en savoir (un peu) plus sur eux !... En effet, c'est une sélection de talents peu reconnus en Jamaïque, qui n'ont pas eu la chance, le temps, ou l'opportunité de percer sur le marché du Reggae. Ils méritent bien un autre regard, n'ayant pas eu l'exposition qu'ils méritaient !
- Massilia riddim mix – No, no, no – Errol « yes yes yes » Holt & Tonto Irie (prod Prince Far I) : Ce Riddim générique n'est pas du tout au départ un morceau de Reggae, mais un Rock Garage deKim et Grim, popularisé par Bo Diddley bien avant Dawn Penn... Pour une fois, c'est l'habillage Reggae de cette chanson qui a eu du succés. Par contre, pas dans cette sublme version produite par Prince Far I !
- Earl Zero & The Sound Syndicate – Righteous works (12’’ mix) : Un des artistes issus de Greenwich Farm, c'est à 22 ans que le jeune Earl Jhnson entama sa carrière de chanteur. Surnommé Zero, tout simplement parce que son père pécheur accostait son bateau sue le quai 0 ! Ce son original a été enregistré en 1979, au même moment où une équipe d'américains débarquaient sur l'île pour filmer un documentaire, ressorti tout récemment sous le titre word sound and Power... Mais Earl Zero est aussi l'auteur malchanceux de "None shall escape", qui a été chanté en fait par Johnny Clarke, avant que l'argent des royalties se retrouve dans la poche d'un blanc, Jonathan Richman, sous le titre étonnant d'Egyptian Reggae, un succés planétaire plagiat complet de ce titre qui rapportera zéro à Mr Earl !
- Pat Francis (with unk.horns) – Guys get a Blow (Teem label repressed by Pressure Sounds)
Pat Françis a démarré sa carrière dans le groupe The Eagles (pas ceux que vous connaissez évidement !) avant d'être embauché par le producteur Rupie Edwards en tant que vendeur dans sa boutique de Kingston. Il est connu sous le nom de Jah lloyd et en tant que DJ, mais aussi sous le nom de Jah Lion pour ses productions au Black Ark de Lee Perry. c'est d'ailleurs lui qui est derrière ces "blows", sur cette production anglaise Teem, le label de Pat Françis, avec un nom digne du sorcier Scratchy. 
Desmond Young – Warning (Label fe-me-time) : Produit par le légendaire Jimmy Radway. Big Youth en a fait on Wolf in Sheep Clothing, mais ce sont les deux seules traces artistiques de ce jeune Desmond. Aucun autre titre n'a refait surface. On retrouve le même nom plus de trente ans après à la tête de la Jamaican Federation of Musicians, montée pour protéger les droits des musiciens jamaïcains... Mais est-ce le même ?
Lacksley Castell
- Junior Ross & the Spears – Bun Down Babylon : Monsieur Clifford Palmer est né en 1953, un 07 Septembre. Yannick Maréchal nous confirme dans son encyclopédie du Reggae que dans les Spears s'illustraient des artistes comme Prince allah, Leroy King, Roy Palmer, ou Frankie Jones, dont on retrouvera la trace dans la cour de Freedom Sounds notamment. Son leader a enregistré aussi sous le nom de Palmer Brothers, ou celui de Soft & the Nazarine, histoire de brouiller les pistes avant de disparaitre définitivement. Cet album puissant est produit par Tapper Zukie, qui a eu l'oreille aiguisé pour ne pas laisser passer ce talent ! Mais personne ne m'expliquera pourquoi ce chef d'oeuvre n'est sorti qu'en ... 1993 !

- Locksley Castell & Hugh Mundell – You over there. Tout le monde connaît le légendaire Hugh Mundell et sa carrière météorique, de la fin des années 70 à sa mort brutale en 1983. Peu d'entre nous, jusqu'à la sortie d'un article sur Natty Dread, ne connaissaient son coapin de toujours, qui a préféré stoppé sa carrière à la mort de son ami. Ici en duo, sur une réédition bénie des dieux, tant les originaux se négocient à des prix très élevés...
- Edi Fitzroy – Youthman Penitentiary - Allez, une petite bio sur cet artiste très connu en Jamaïque, mais bien peu ici : Edi Fitzroy est né Fitzroy Edwards le 17 novembre 1955 dans les collines de Chapleton, Clarendon, le fils d'un proprio de Sound System Vasco Edwards et de Kathleen Robinson. Après avoir quitté l'école primaire, il est allé vivre avec sa mère à Whitfield Town (Kingston) et a fréquenté le West Indies Commercial Institute. Adolescent, Edi suit les sound-systems. En janvier 1973, Edi rejoint l'équipe de la Jamaïque Broadcasting Corporation (JBC) comme un comptable et fut plus tard promu au comptable, un emploi qu'il occupe pendant 22 ans (jusqu"en 1995). Edi a enregistré et s'est produit en même temps que son emploi de comptable à la JBC.
1978 : Exposés à la musique et la musique populaire jamaïcaine en particulier dès son jeune âge ; une association avec Pam Hickling et Michael « Dread at the control » Campbell lui a permis de faire sa première série d'enregistrements – Miss Molly (dans le Top 10 jamaïcain) et Countryman, tous deux écrits par Hickling. Il a continué à enregistrer avec Mikey Dread, African religion, The Gun et Stylee notamment.
1980 : Résultant de ses succès Edi se rend à Londres avec Mikey Dread où il a fait des actes d'ouverture pour « The Clash », le groupe de Rock britannique.1981 Un split avec Mikey Dread à leur retour en Jamaïque, et après une pause Edi commence à enregistrer avec l' "Ambassadeur de la comédie musicale" Trevor Elliot. Cela a marqué une relation de longue date avec Elliot et le graphiste/artiste/auteur-compositeur Paul Aiken, avec un premier Album produit par Trevor Elliott sorti en 1981 qui a été numéro un sur le jamaïcain Hit Parade pendant quatre semaines et en Angleterre la meilleure vente d'Album qui sortait de Jamaïque à cette époque. L'album inclut des hits comme First class citizen, People dem Suffer, African Queen, Youthman penitenciary. Cet album est également sorti aux États-Unis par Alligator Records sous le titre YOUTHMAN PENITENTIARY. Il se considère comme un Artiste du peuple, du peuple et pour le peuple. Il a fait de nombreux spectacles au profit d'amélioration communautaire, collecte de fonds des écoles, églises et autres organisations caritatives de l'aide. Les paroles des chansons de Edi dépeignent sa proximité avec le peuple et sont à la charge de ses expériences dans le pays et le quartier de Whitfield Town: "je ne peux pas chanter fantasmes quand il ya tellement de mal sur la terre. Je dois chanter sur les choses se passent, je dois rappeler les gens quand ils oublient. Je ne sera pas arrêter d'essayer d'élever la conscience de mon peuple et tous les opprimés du monde. Je veux qu'ils se lever et défendre leurs droits".Edi est grandement inspiré par la musique de Bob Marley et se sentirait un traître à la cause de Marley si il n'avait pas essayé d'aider à faire avancer sa mission. Ainsi, il écrit et chante des chansons avec un message, son Message.
1982 : Edi Fitzroy reçoit une première récompense locale en reconnaissance de sa contribution au développement de la musique Reggae jamaïcain. Cette même année Edi a également reçu le prix de la personnalité de JBC de l'année. Avec un hommage aux femmes intitulé « Black Princess», ce qui doit être considéré comme la réalisation la plus importante de sa carrière musicale a été le lancement de son deuxième Album intitulé COMING UP STRONG : Jah Sun, Love The People Want, reste dans la tradition typique de Edi Fitzroy, avec notamment Newton « Sipho » Merritt. qui l'a aidé à sortir son album en 1984, deux ans après.  
Depuis, il asseoit le role d’acteur à la télé jamaïcaine, d'animateur de Radio sur Roots FM, de Guest singer auprès de Cutty Ranks (Guiltiness de Marley en Dancehall c’est lui ! !) et il participe à de nombreuses tournées aux Etats-Unis, surtout coté Ouest, encore il y a peu de temps. Il ne cesse de se produire et de sortir des titres pour des producteurs demandeurs, tels Bobby Digital, KC White, Little John et Gregory Isaacs, sans pour autant avoir du succés hors de son île. Il reprendra dans les années 2000 et de façon sublime des chansons de Tosh (bien avant Bushman…) mais aussi le célèbre tube de … Eagles, Hotel California !…

Don Angelo – General (Channel One) : On croyait avoir retrouver sa trace dans le Bronx, via le site Myspace il y a quelques années, mais il n'a plus donné signe de vie depuis... A suivre... en tout cas, cette production Channel One est un repress tout à fait récent...

Winston Hussey – Bubblegum : De son vrai nom Winston Bell, il a à son actif quelques bons titres réunnis sur trois albums entre 1981 et 1988, comme ce Bubblegum, tiré d'un phrasé très à la mode à l'époque, au milieu des années 80. On l'a revu à San Diego l'année dernière aux cotés de Johnny Osbourne, mais on ne peut expliquer pourquoi il s'est fait tant attendre pour revenir sur scène... Un come-back amorçé en 2009 avec Take Back Jamaica, la chanson de l'année du Festival Song...
Massive Dread (Strictly bubbling LP) – This is massive (1982) : Alors là je sèche sur Dennis James, alias Massive Dread ! Tout ce que l'on peut savoir sur cet artiste est confiné sur sa pochette d'album... dont le dessin humoristique est signé de la main de la femme de Tommy Cowan, également productrice, et qui a été arrangé ar Geoffrey Chung. Avec deux autres pochettes trouvées sur le net, probablement des maxis 45 tours de ce titre "Heavy", lourd, et fameux.
- The Mystics – God bless the youth : Encore un groupe ephémère, les Mystics ont été réunis par le cuivre David Madden, une première mouture du groupe Zap Pow en fait, avec Cedric Brooks (de la Mystic Revelation of Rastafari, d'où le nom) et aussi le fameux guitariste Lloyd Gitsy Willis, le batteur Danny Mowatt, le bassiste Joe Rugglus et un chanteur inconnu surnommé Chukku. toutes ces infos sont donnés par David Katz, dans son livre Solid Foundation.
- Tidals – Man a Chucky (Caribean – 1977) : Un groupe fraichement sorti de sa campagne, avec une série de titres assez peu nombreux, dont Joan, You Don't Know How Glad I Am, Take A Walk, Put Thoose Fools, et What A Great Day, un tube Stand Firm, et un très rare LP Great day... Toujours actifs en 2008, ils apparaissent en studio sur une vidéo proposé par : http://reggae-live.skyrock.com/tags/kmxtQ9S48ws-THE-TIDALS.html.

- Tellers – fat beef (1978 – Empire Uk press). Sorti en Jamaïque sur le label Mummy, ce son est estampillé Soca, pour rappeler que les talents en Jamaïque ne brillaient pas que dans le Reggae. Un seul autre titre, Jennifer Clarke, et les membres de ce groupe sont retombés dans l'oubli... Même tarif que pour les Roots men donc !
- Conscious Minds (with BB Seaton & Ken Boothe) – Hotter the Battle (label soul Beat) : N'oublions pas dans le line-up Pete Weston (plus loin cité) et Lloyd Charmers, et encore Arnold Brackenridge, Derrick Hinds, Derrick Stewart, Joe White et Maurice Roberts, mais non, ce ne sont pas les Earth Wind & Fire ! Mis à part le fait que les quatre premiers sont des pionniers dans la musique reggae, on ne sait rien de la création de ce groupe ephémère et sans suite, qui a sorti une demi douzaine de titres en 1971, plus quelques autres dans les six années qui suivirent...
- Keith Poppin – Whenever there’s a moon light [et non Poplight comme annoncé !] (eagle records / spiderman records / Pour en savoir plus sur cet artiste, il suffit d'aller voir son site. Touours là et en Jamaïque, il a fait plus de cinquante 45 tours, un Hit "same thing for Breakfast, vendu à plus de 50 000 Exemplaires, et un album tout aussi remarqué, un vinyle rouge, Pop Inn. en 2003, un superbe come back est annoncé avec "Journeys", avec toujours la même voix superbe à la Brook Benton (dixit chuck foster dans the beat) et sur de vrais instruments, chose rare chez ces aristes du retour qui ne soignent pas leur carrière... On trouve aussi très difficilement un DVD Speak out, qui lui est consacré... Well, well Mr Poppin !

The Saints – Sleeping trees (studio One) :
Le label Soul Jazz est un autre de ceux qui diffusent aujourd'hui des perles de la musique Jamaïcaine, et ils se concentrent sur le label studio One, dont ils ont acquis les droits après un accord direct avec la famille basé à Brooklyn depuis longtemps. Si ils n'ont malheureusement pas pris le temps de questionner Coxsone sur ce groupe et ne mettent aucune info sur le livret, on leur pardonnera car ceci est un inédit retrouvé par chance. On trouve d'autres titres dans la fin des années 60 sur Treasure Isle ou Gay Feet (Le 45 tours Brown eyes que quelqu'un ecrit sur le forum reggaefrance.com avoir croisé sur une foire aux disques à Rennes !), mais cet etonnant Sleeping trees a aussi été chanté par Nina Soul, un autre nom estampillé Studio One, et qui avait fait le titre Barbwire... Gràce à ce ré-enregistrement de 1999, ona redécouvert ce morceau, et compris toute la force de ces paroles hallucinnantes !
"Swaying in the evening breeze
Reminds me of the loveliness
Of the park
Chorus:
So let's take another walk
Let's take another walk
Take a walk take a walk down the park
Let's take another walk down the park
Talking 'bout equality
Is something that we've got to see
Makes me feel like all the lights
All the lights are bright
Chorus
Oh another walk through the dark and lonely park
Nevermore the sweet and lovely are reminder of you
Chorus
Oh, down the lonely park
Another walk through the dark and lonely park
Nevermore the sweet and lovely are reminder of you
Reality, something that we've got to see
Makes me feel like all the lights
All the lights are bright"
(Merci à http://www.niceup.com pour la retranscription des paroles).

Enos Mc Leod – By the look + Dub (Pressure Sounds) : Bien énigmatique, on note surtout dans toutes ses biographies que c'est lui qui a fait changer de nom l'artiste King Cry Cry en Prince Far I. Ce chanteur-producteur a commencé son apprentissage chez Studio One derrière la console en tant qu'apprenti ingénieur avec Sid Bucknor. Il a aussi sorti des titres chantés sous le nom de Preacher. Il était aussi boxeur et a fait le gardien au studio de joe Gibbs ! Mais c'est gràce à une autre collaboration en Angleterre (avec Pete Weston de Micron) qu'il a pu presser ses tunes sur un label, Soul Beat, toujours réédité aujourd'hui... Le titre "By the Look" reprend le morceau de Dennis Brown, Cheater, chanteur qu'il a produit tout comme Gregory Isaacs, Ken Boothe, The Gaylads, ou même Augustus Pablo pour son album Thriller, qui a connu même en cd une ressorti avec le volume 2 contenant des titres de Enos, mais pas de Pablo. Si il avait eu un meilleur sens des affaires, et si il sous estimait pas tant ses propres chansons, il aurait pu connaître plus de gloire. Une des ces versions, Tel Aviv, deviendra même un "anthem" dans les sounds systems de Londres, diffusé par le Quaker City et leur label Orbit. Mais il ne s'est pas arrété pour autant, on trouve dans les années 90  des productions de lui sur le label UK Century, et même quelques singles dont Ram Jam Party et Love of my life en 2005. Il ne semblerait plus habiter en Jamaïque aujourd'hui.

The Mighty three’s – Backyard Movement (1979) : Une réédition Makasound, l'original est sur April. Le maxi original se deale aux enchère en ce moment à 228 dollars... The Mighty three’s - Sata / The Mighty Three’s est un trio vocal compose de Bernard Brown, son frère Noel " Bunny " Brown (ex chanteur du groupe The Falcons aux côtés de Dennis Brown et Johnny Osbourne, mais aussi fondateur des Chosen Few), et Carlton Gregory. Le groupe n’a existé que quelques années (deux des trois ont quitté ensuite la jamaïque pour les Etats-Unis), et n’a laissé comme témoignage que cet excellent "Africa Shall Stretch for her Hand" en 1979. Ainsi que la version dub dérivé. Une trouvaille du label Makasound, une réédition en 2005. A l’époque certains titres comme " One black people " était sorti en 45 tours. ainsi que " Backyard Movment ", que Jacob Miller a repris et qui a été un tube. A noter la présence du chanteur Glen Washington qui joue dans l’album comme batteur, c’est ainsi qu’il commença sa carrière.
(pochette originale extrait de l'excellent site Roots and Culture, tout en Français ! http://arkayog.blogspot.fr/2007/07/mighty-threes.html

- Massilia riddim mix – No, no, no – Barry Brown – Movements of Jah/Dub (prod Jah thomas) :
Encore une foule d'anonymes pour cette deuxième partie, pour laquelle il faudrait faire des recherches précises en allant directement en Jamaïque, tant aucun de ces patronymes n'est arrivé jusqu'ici, à l'exception d'un ou deux, comme Horace Martin, ou Donovan Joseph.
-John Brown – Dreadlocks easy (Makasound Wanted compilation) :
- Dave Robinson – Everyone is crying (Jigsaw 1976) :
- Harold Butler & Jaharmy – Don’t take away the Music (Mahogany) :
- 7th Extension – Hard Times ( Zodiac) :
- Bionic Steve – Roadrunner (Crystal 1980) :
- DJ Django – Bubble with me (african museum) :
- Spanner – Uptown Thing (Roots from the yard) :
- Jah ruby – Kunta Kinte :
- Jah Bengie – I am a Ethiopia :
- Junior Dust (DJ) – Hard time pressure / Ninja Cat – Gun Gun (Basil Martin 1998) :
- Horace Martin – Unification (Rootical Dubber) :
- K.C White – Cool it :
- The Sons of Jah – Home to Zion :
- L. Stings – They never Love - Jah Jah children Lives :
- Mighty Invaders – Please Officer :
- Donovan Joseph – I’m not a King (High Times 1992) :
- Dutchie Gold – Hot Water :
- Clarence parks – Things a come up to Bump (Channel One) :
- Junior dan – Wise Man :
- Winston Anderson – Land of Gold (1975 Alom) :
- Black Roots – Eastern Standard time :
- The Four gees – Ethiopia :
- The Overtakers – Risk you a Run :
- The Angles – Kiss for my Love
On finit avec ce groupe inconnu, du même nom que mon patronyme... Si quelqu'un a des infos sur eux, merci de me les faire parvenir par mail !
If someone get some biographic informations & relative notes about any of these artists, or if you are one of those, don't hesitate to contact me by mail !

mercredi 30 janvier 2013

DUB POETRY STORY

J'ai essayé d'en faire rapidement le tour en deux émissions, mais ce genre sous estimé dans le Reggae vaut bien que l'on s'y attache un peu plus, tant il est riche, anti-conformiste, puissant, et même révolutionnaire et avant-gardiste ! History, Mistery, Prohecy, ouvrez les pages de ce livre mystique ! Vous pouvez également suivre musicalement les détails et infos qui vont suivre en écoutant l'émission : 
(Attachement to the Radio Show on Mixcloud and following the musical program to make the people know all about Dub Poetry, un under-rated style of Reggae). 
Alors, c'est quoi ce style? Celà a un lien avec le Dub, mais c'est chanté, clamé. En deux mots, de la Poésie dite sur fond de musique instrumentale Reggae. Pourtant dans mon générique, apparait la voix d'un poète noir américain, sur du Dub, mais sans le patois jamaïcain, celà n'est pas tout à fait celà... Une définition dans le Dictionnaire "Rastafari and Reggae" indique "une nouvelle forme poétique combinant les rythmes du langage parlé en patwa en Jamaïque avec ceux du Reggae", Jérémie Kroubo Dagnini cite un style syncrétique et une définition plus précise de Christian Habekost : Un brassage distinctif entre la réthorique révolutionnaire du Black Power, l'imagerie Rasta fondée sur l'Ancien Testament et le langage du ghetto, forgé dans des chaines de mots qui riment furieusement et embrasé par des rythmiques de Reggae explosives !.
Initié à la fin des années 70 par des artistes Jamaïcains comme Oku Onuora et Mutabaruka, le terme est pourtant de LKJ, grand Dub Poet anglais, et rassemble aujourd'hui des artistes poètes qui délivrent un message assez revendicatif, socialement et politiquement appuyé, et ont enregistré leur poèmes en chansons, certains avec l'aide d'un noyau de musiciens connus sous le nom des High Times Players. Créé par Earl Chinna Smith, ils seront bien plus tard applaudis en France dans le combo Inna De Yard: Quand la plupart des musiciens du Soul Syndicate ont fui leur île pour la Californie à la toute fin des années 70, Chinna a ouvert sa boutique de disques à Kingston et fondé ce nouveau noyau rythmique autour de Christopher Meredith, et Benbow Creary. Il y rencontre Mutabaruka (qui veut dire "Toujours vainqueur") lors d'un concert de Jimmy Cliff et enregistre ses premiers titres au studio Tuff Gong de Bob Marley . Une version Dub assez rare et souvent mal pressée de l'album Check It (que l'on écoute en intro - (0) sera mixé par Scientist, et selon son propre témoignage, c'est vraiment pour lui le meilleur groupe avec qui faire du Dub ! Tonight !...

Et pour Mutabaruka, c'est la meilleure façon de faire passer son message :  "J'ai appris que le stylo est souvent plus puissant que l'épée, et que les gens pouvaient ecrire pour te pousser à penser : C'est mon travail, t'aider à penser" confie t-il à David Katz. "Quand tu lis mes poèmes, ça t'oblige à trouver des solutions à tes problèmes. Je ne peux pas te garantir détenir les solutions à tous tes problèmes, mais je peux t'aider à y penser, et à te motiver à trouver une solution conscructive...".
 Le premier exemple clamé par Mutabaruka "Every time I hear the Sound" (1) contient toute le puissance de ce style, une voix qui déchire le Dub et nous entraine loin, même quand il n'y a plus de musique ! Le texte décrit en de courtes rimes l'atmosphère sonore d'une communauté au coeur du ghetto, ses rixes et ses ragots, et certains qui préfèrent le Disco au Nyabinghi! "Comb your head, Nasty dread, drum and bass have no taste"...
Ce premier enregistrement vocal de ce poète qui ecrivait jusque là dans les colonnes du Reggae Swing (plus d'infos sur sa bio dans le Jamaica gleaner ici) a été très vite distribué aux Etats-Unis gràce à un label orienté blues, Alligator, avec aussi des compilations sur ce genre toujours orchestré par le même groupe... Mutabaruka a ensuite signé chez Shanachie, avec surtout Outcry en 1984, d'où est tiré "Any means necessary"(2), et toujours enregistré à Tuff Gong, et moins d'une dizaine d'albums originaux, avec les textes souvent inclus, et qui nous aident à suivre ses commentaires virulants sur Noël ("Postpone Christmas"(3), ou la vie de son ami Johnny Drughead en 83 (4): Les mots sonnent et claquent avec les guitares, le rythme martèle et résonne dans ce tempo lourd et cette ambiance électrique. Sur scène, Mutabaruka est comme un shaman, toujours pieds nus et avec une mèche blanche au coeur de ses locks... L'entendre à l'Espace Julien de Marseille reprendre une de ces plus fortes chansons (non inclue ici) Witeman Country nous avait scotché ... Mais cette chanson n'est en aucun cas bercé de propos racistes anti-blancs, il décrit seulement le Destin de ces immigrants jamaïcains s'établissant à Londres au début des années 60... Un porte claque, le mystique s'installe... 
Après quelques remarques au micro masquant mon fou rire en studio, on écoute un autre artiste de Dub Poetry, Michael Smith, tout d'abord en mashup - (5) avec un violon, encore un instrument rare dans le Reggae !) Issu de la Jamaican School of Drama, il a connu une trop courte carrière et finit lapidé dans les rues de Kingston, à lire ici pour en avoir plus (en Anglais seulement). Son album Words est introuvable, il a fait avant un maxi avec des percussionnistes (qui peuvent être le Light of Saba ou les Mystic Revelation of Rastafari), puis a été produit et distribué par LKJ avec le LP Mi Cyan Belive it. On écoute Long Time (6)...

verso du double live us press
Unique témoignage daté de 82, avec Dennis Bovell et certains musiciens de Aswad, mais aussi Rico Rodriguez. Et toujours les textes cette fois-ci au verso, dans leur patwa à déchiffrer... Il a pu faire sensation en Live, à Cuba et en France au début des années 80, ou durant les sessions radio de John Peel à Londres, avant sa fin tragique et expliqué sur ce blog en lien (avec le téléchargement de ces deux albums ici). On s'étendra moins longuement sur le parcours plus connu de LKJ, avec un premier album sous un autre nom, Poet and the Roots, puis le triptyque Bass Culture, Forces of Victory, et Making History. Inclus ici Want fi Go Rave, premier brulot de son album de 1979, le Dub de Black Petty Booshwa (les jolis bourgeois !) l'année d'après ou en Live Independant intavensha avec sa liste de sigles qui contrôlent le système... et du Dub live avec le Band de Dennis Bovell, qui a capté l'essence rythmique des paroles engagées de LKJ, pour les accompagner de Dubs cinglants et poussés par des cuivres la plupart du temps...

Posés par de sublimes cuivres lui aussi, on découvre à présent une autre voix dans la Dub Poetry, la plus centrale peut-être dans ce mouvement : Bust out est extrait du second vrai et dernier album de Oku onuora, si on enlève les différentes expérimentation de l'homme avec le Dub et diverses sorties éparses et confidentielles, comme Jerusalem Dub, Dubbing away, King Tubby and the Dub, I Dubwise, and otherwise édités entre autres par ROIR.  Peu de choses circulent sur ce Robin des Bois du Reggae, arrêté au milieu des années 70 pour l'attaque d'un bureau de poste, afin de financer son centre social éducatif dans le ghetto. Même en prison, Oku récite ses textes en invitant The Light of Saba à jouer derrière lui. Lorsque les deux partis rivaux organisent le One Love Peace Concert, Oku s'en inspire et ecrit Reflections in Red, une des premières chansons enregistrés au Tuff Gong Studio, qui venait d'ouvrir.
Malgré l'appui d'un label Français (en l'occurence Blue Moon de la célèbre échoppe parisienne), ce genre a été balayé par le Dancehall et la Culture matérialiste qui s'en dégage. LKJ seul a conservé une certaine notoriété, mais sans avoir été bien actif faut-il le préciser ! Beaucoup se demandent pourquoi ses albums se font si rares et ce que fait l'homme aujourd'hui, c'est vrai qu'il a annoncé plusieurs fois son retrait du business, certains le disent paranoïaque, malgré quelques dates en France l'année dernière avec toujours Dennis Bovell, son fidèle compositeur...  
On se rappelle encore pourtant de l'énergie et la fraicheur qu'il avait apporté à une résidence à la Friche de la Belle de Mai, ici à coté de la chanteuse de Gang Jah Mind et du chanteur de SuperKémia, Tony Tonda !
 
Revenons à la sélection vinyl avec le passage de cette compilation Zulu, un très bel objet et exemple de contre culture, un morceau zombie qui agit dans la plus grande simplicité. Ras Sam Brown est lui un vieux sage politique (un tant candidat au poste de premier ministre) jamaïcain, auteur de nombreux textes et pamphlets qu'on a pu trouver en disque dans les années 90. L'intervention vocale de Yassus Afari dans un pure morceau de Dub Syndicate, "Ruff and tuff" est extrait de Bed and Roses, et pour caler enfin un autre mashup maison homemade, pour coller du son à un des plus beaux textes de Dub Poets connus :
Dis Poem à capella, il a ensuite servi la house de Bobby Konders quand il a été remixé...  mais j'ai préféré le reprendre sur un mode définitivement plus roots, dans ce remix spécial avec un instrumental de Sly and Roobie.
Mutabaruka - Dis poem mashup (roots remix by docteur x-ray)

Lourd et ténébreux comme la Dub Poetry on finit avec un pressage du label Acid Jazz de "One Tribe" de Benjamin Zephaniah, mais on en saura un peu plus dans la deuxième partie... définitivement plus féminine, plus positive aussi  !


DUB POETRY STORY PART II
On reprend les choses comme l'on a commencé la première heure de Dub Poetry, avec des mashups (et un essai en intro sur un terrible Dub du marseillais Shan a Shan , et des raretés, ici la fille (?) d'Oku Onuora qui réactualise Beat your drums, et Cedric Brooks and the Light of Saba qui transcende Outcry, dans un vinyl ré-édité il y a peu... Oku Onuora a donc peu de disques à son actif et même si la sortie de Pressure Drop a fait parler de lui dans l'héxagone, on ne sait pas grand chose de sa carrière. On se régale avec des versions Dubs trouvés au hasard des labels qui le distribueront. Elle a commencé pendant le One Love Peace Concert, avec Reflections in red, un texte résumant l'action des deux partis rivaux de JA, et ne s'est jamais sousmise au system qu'ils défendent. 
La jeune génération a suivi de façon consencieuse les enseignements des Dub Poets, mais sans connaître le succés. Plus facile en mode DJ, avec le style de Macka B, on repère dans les années 90 et 2000 Joseph Cotton (avec Want some money puis No touch the style), Panache Culture, Levi Tafari, ou Afrikan Simba, ici un extrait d'un album qu'il a auto-produit, sur Ayamba records, Salvation for the new generation.
vinyl de Queen Majeeda (heartbeat)

verso du lp de Jean Binta Breeze

Un pressage canadien assez rare

Une compil sur le genre au féminin...
Mais ce sont les femmes qui se sont glissés le plus facilement dans la peau des Dub Poets, ce qui peut surprendre. Le premier exemple nous vient avec Queen Majeeda, toujours enregistré à tuff Gong, Gye name est le premier de dix titres digitaux où ressortent une grande maîtrise du verbe. Pareil pour Jean Binta breeze, collègue de classe avec Michaël Smith & Oku Onuora, qui a sorti elle aussi un album sur LKJ records, Tracks, mais pas avec ce titre plus inédit, produit parMutabaruka, Get Back, avec l'intro d'un DJ anonyme ! (). A 56 ans aujourd'hui, elle vit en Jamaïque et continue d'écrire mais a arrété de faire des enregistrements de ses poèmes, dommage !...
Plus confidentiel, et assez dur à trouver, Lillian Allen a enregistré ce Revolutionary Tea Party en 1986... à Ontario au Canada. L'intro a capella tranche avec le flow rub a Dub du début, et l'atmoshère y est irréelle, avec des effets de voix et de riffs très punks... Elle est toujours active aujourd'hui, au sein d'un collectif de poètes, Dub Poets Collective. Plus loin, vous entendrez aussi une grande dame, Louise Benett, dans une joute vocale avec LKJ sur un disque live pressé sur le label Island !

Un autre grand personnage qu'il ne faut pas omettre dans la Dub Poetry est Benjamin Zephaniah, et ce Rasta va vous pousser à rechercher ses autres titres tout aussi rares Ce premier jet sent la colocation, le squatt, l'anticonformisme et le militantisme... Il date de 1989.

Un extrait d'un texte au dos de la pochette : "All song inspired by herbs  , Give thanks to Jah, Give the youth a future, The struggle continues... Les allbums de Benjamin Zephaniah ne seront pas tous bien produit ni distribués, mais je ne saurai vous conseiller que de trouver le dernier sorti en 2004, et que j'ai pu trouver cinq après dans une sublime version digipack! En fin d'émission, vous retrouverez "Everybody have a Gun" (28) sur la prolifération des armes tiré (sans jeu de mots) de Us and them. Un peu partout mais surtout en Angleterre, se regroupent des activistes, comme ceux de R.A.P.P, qui signifie Radical Alliance of Poets and Players. Avec des militants comme Archie Pool, et certains musiciens d'Aswad ou Clifton Morrison, les poètes éditent des textes, et se font font entendre, trop sporadiquement malheureusement.  La lecture de Psaulmes avec son ami Luciano aura plus d'écho dans les Hits parades, mais cette démocratisation a surement affaibli la force de la Dub Poetry qui est aujourd'hui un genre toujours à part, mis de coté et souvent ignoré par peur de représailles ! Jusqu'à récemment, Mutabaruka animait sur Irie f.m ses émissions Cutting Edge, on l'a vu autour de ceélebrations pour le 50ème anniversaire, il semble donc actif pour son île. Si certains recueils de poèmes ont vu le jour là-bas sur de petites maisons d'édition, soutenu par certains artistes, la Dub Poetry n'a pas profité de l'élan du Slam en Europe, ou du succés des Poetry Readings un peu partout aux Etats-Unis.
réédition de son album de 1989

Joseph Cotton ferme cette seconde sélection comme il l'a débuté, un big up pour ce DJ anglais qui avait démarré par "Want some money", avant de conclure par son "No Touch the Style" pour l'écurie Fashion en 1987 ! Engagé comme un véritable Mc lors de l'anniversaire du Soul Stereo à Paris, il a fait vibrer le public comme il sait. 
Un bonus avec Everybody have a Gun, de Benjamin Zephania, mais il faut aussi mettre la main sur Naked, avec des illustration de Banksy !
Si l'émission s'est fini là en ce qui concerne le direct, elle continue que pour vous avec deux petits bonus, tout d'abord un Dub issu d'un terrible cd qui s'appelle Word Sound and Power, vocal et dub sur le cd distribué à l'époque par Hearbeat. Et bien sur un dernier Mashup de Tchoi Mc du Lacydon, avec Sir Collins et la voix de LKJ !
Cette sélection a comme intêret de vous avoir fait découvrir un des style de Reggae le plus compliqué à cerner, avec musicalement des envolées plus jazzy, à la limite du free parfois, et des paroles engagées et souvent dépourvus de lyricisme et louanges répétés à Jah, la ganja et donc elles aussi plus compliqués à comprendre... Alors à vos crayons, déposez le glaive et repartons en croisade pour retrouver les quelques enregistrements encore disponibles... Perso le maxi de Michaël Smith 4 titres enregsitré à Cuba avec les Mystic Revelation of Rastafari, qui a du s'écouler à quelques centaines d'exemplaires il y a plus de trente ans, je suis preneur...
0) High Times Players - Naw Dub (Ckeck it in Dub)
1) Mutabaruka - Everytime I hear the sound (Check it)
2) Mutabaruka - Any means necessary (outcry)
3) Mutabaruka - Postpone Christmas (
4) Mutabaruka - Johnny Drughead (
5) LACYDON MASHUP
6) Michaël Smith - Long Time (Mi Cyan beleive it)
7) Oku Onuora - Bust out
8) Oku Onuora - Pressure Dub
9) Levy Tafari Liverpool Experience
10) Ras Sam Brown - Peace
11) Dub Syndicate - Ruff and tuff
12) Benjamin Zephaniah - One Tribe
13) SHAN A SHAN dub - X-Ray Mashup
14) Shaka Onuora - Beat your drums
15) The Light of Saba - Outcry
16) Oku Onuora - Dread Times
17) Oku Onuora - Dread dub
18) Joseph Cotton - Want some money
19) Afrikan Simba -Love you Bad
20) Queen Majeeda - Gya name
21) Jean Binta breeze - Get back 
22) Lillian Allen - Revolutionary Dub Party
23) Benjamin Zephaniah -Rasta
24) R.A.P.P. - Wicked People
25) Louise Bennett - with LKJ : Coconut Tree
26) Luciano and Mutabaruka - Psalms 24
27) Joseph Cotton - No touch the style
28) Benjamin Zephaniah - Everybody have a gun
29) Further bonus...

... you can ask for a tape or a ddl !

mercredi 21 novembre 2012

MASSILIA REGGAE STYLE

Dans l'émission MASSILIA RIDDIM STYLE de cette semaine, j'ai reçu le chanteur des Messengers, un chanteur anglais qui a fondé ici à Marseille un groupe de Reggae Roots. L'occasion de faire un état des lieux du mouvement Reggae dans notre ville, toujours présent, tenace, et en alerte, même si aucun des artistes locaux cités ne sera présent dans les festivités officielles de 2013... Alors, un Off reggae l'année prochaine? Non, plutôt une alternative à vos nuits culturelles marseillaises... MARSEILLE EN TROIS MOTS : TROPICAL RESISTANCE INDEPENDANT ! !
L'histoire du Reggae à Marseille a été très bien retranscrit par l'écrivain Gilles Suzanne(*) pour un rapport d'analyse sur Marseille et ses instants musicaux publié en 2003. Il a démarré au début des années 80 avec l'explosion des radios libres, la fin du mouvement punk, et l'apparition du fanzine Vé, édité par l'association Massilia Dub, avec entre autres Sista Choupa, Bombus M, Jo Corbeau (en photo avec son mélodica), Professeur Fanafood, Tatou et Jali, la Maison Hantée et la boutique de disques Kahn étant les premiers partenaires avec la boutique de Tom, le Rasta avec le restaurant des 200 lunes. De nombreux groupes se sont créés à cet époque, et la mode Rub-a-Dub du milieu des années 80 a développé ensuite la tchatche de nos DJ locaux... En 1983, on recensait sur les antennes marseillaises - Forum 92, Radio Activité, Radio Dialogue, Rmp (Aix), Radio Utopie, Radio Méditerranée, Radio Galère, et déjà Radio Grenouille, (avec une émission le Mardi de 21h30 à 22h30 animée par un certain Christian...) - plus d'une vingtaine d'émissions de Reggae ! En 1993, je listais une quinzaine de groupes locaux dans ce style, avec déjà Daï Pivo, Gang Jah Mind, et bien sur Jo Corbeau, et avec bien d'autres qui ont disparu aujourd'hui, comme le Hyptonic Gang, Fernando Sancho (artiste raté?...) ou la Djette Ranking Clarence. Il faut rappeler qu'à l'époque le Reggae Français n'existait guère que dans la Variétés avec Gainsbourg ou Lavilliers, Princess Erika et "Trop de bla-bla" et les "Peuples du Monde" de Tonton David étant les deux vrais premiers hits en français de Reggae pur jus...
 Un livre est paru sur le début de ce mouvement en France, et résume succintement l'ensemble des conditions qui se sont croisées en France à ce moment-là, on peut le trouver sur la boutiquedesartistes.com - gratuit pour toute commande d'articles reggae !. A Marseille, une deuxième vague de musiciens est apparu dans le milieu des années 90, plus tourné vers les racines (le Ska de Jamasound), la Jamaïque (les Sons of Gaïa) et le son Roots (Militan Band), et ceux-là semblent avoir perduré plus longtemps, même si ils ont du  se décentraliser, (les Raspigaous ou Malik Fahim). Partout ailleurs, le Reggae français a signé sur des majors, les groupes et les styles ont bourgeonné un peu partout et ont connu un certain succés, jusqu'à devenir aujourd'hui ceux qui ont le plus d'actualités, de concerts et de sorties d'albums, comparé à leurs homologues jamaïcains.A titres d'exemple, sur le site (super utile) LiveinMarseille de Concert& Co quand on veut le nom des artistes Reggae les plus cités, on y trouve 13 artistes français, et il faut attendre la 16ème position pour y voir un artiste de Yard...
1 Tryo /2 Danakil /3 Dub Inc /4  /5 Alpha Blondy /6 Massilia SoundSystem / 7 Alborosie / 8  Groundation9 Tiken Jah Fakoly /10 Raggasonic /11Broussaï /12 La Ruda /13 Sinsemilia / 14 Patrice / 15 Zenzile / 16 Max Roméo / 17 The Congos ...
 Sur le Web, Reggae.fr et Reggaefrance.com suivent la promotion et soutiennent la carrière de ces artistes, un relais qui marche aussi bien que lors de l'explosion des Radios libres... Et à Marseille et sa proche banlieue Aubagne, l'indépendance et la solidarité se cotoient tant bien que mal, jusqu'à nous proposer une affiche digne du Marseille Reggae All-Stars de 2002, avec une grosse douzaine d'artistes réunis sur scène pour un effort de solidarité envers la Jamaïque, et derrière un solide projet pour rebatir le domicile d'un artiste jamaïcain ami des Kabba Roots... Ce sera donc le Vendredi 08 Fevrier que ces artistes de "Reggae Marseillais" se rassembleront pour la bonne cause, et pour montrer à tous leur travail et leur opiniatreté dans le paysage culturel phocéen... On en reparlera !

(*) Auteur également de "A fond de Cale", un siècle de jazz à Marseille, un cadeau idéal pour les fêtes...

Je ne suis pas chauvin, et les sélections choisies ce soir ne seront pas marseillaises à 100% ...
On y entendra le Warrior Charge en générique (un clin d'oeil aux Warrior Kids?) et la version de Raggasonic mixé par Maxximum Sound, on finra par le dernier album de daddy Nuttea (une combinaison avec Danakil), qui a bien failli ne pas sortir ! ...