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mercredi 30 janvier 2013

DUB POETRY STORY

J'ai essayé d'en faire rapidement le tour en deux émissions, mais ce genre sous estimé dans le Reggae vaut bien que l'on s'y attache un peu plus, tant il est riche, anti-conformiste, puissant, et même révolutionnaire et avant-gardiste ! History, Mistery, Prohecy, ouvrez les pages de ce livre mystique ! Vous pouvez également suivre musicalement les détails et infos qui vont suivre en écoutant l'émission : 
(Attachement to the Radio Show on Mixcloud and following the musical program to make the people know all about Dub Poetry, un under-rated style of Reggae). 
Alors, c'est quoi ce style? Celà a un lien avec le Dub, mais c'est chanté, clamé. En deux mots, de la Poésie dite sur fond de musique instrumentale Reggae. Pourtant dans mon générique, apparait la voix d'un poète noir américain, sur du Dub, mais sans le patois jamaïcain, celà n'est pas tout à fait celà... Une définition dans le Dictionnaire "Rastafari and Reggae" indique "une nouvelle forme poétique combinant les rythmes du langage parlé en patwa en Jamaïque avec ceux du Reggae", Jérémie Kroubo Dagnini cite un style syncrétique et une définition plus précise de Christian Habekost : Un brassage distinctif entre la réthorique révolutionnaire du Black Power, l'imagerie Rasta fondée sur l'Ancien Testament et le langage du ghetto, forgé dans des chaines de mots qui riment furieusement et embrasé par des rythmiques de Reggae explosives !.
Initié à la fin des années 70 par des artistes Jamaïcains comme Oku Onuora et Mutabaruka, le terme est pourtant de LKJ, grand Dub Poet anglais, et rassemble aujourd'hui des artistes poètes qui délivrent un message assez revendicatif, socialement et politiquement appuyé, et ont enregistré leur poèmes en chansons, certains avec l'aide d'un noyau de musiciens connus sous le nom des High Times Players. Créé par Earl Chinna Smith, ils seront bien plus tard applaudis en France dans le combo Inna De Yard: Quand la plupart des musiciens du Soul Syndicate ont fui leur île pour la Californie à la toute fin des années 70, Chinna a ouvert sa boutique de disques à Kingston et fondé ce nouveau noyau rythmique autour de Christopher Meredith, et Benbow Creary. Il y rencontre Mutabaruka (qui veut dire "Toujours vainqueur") lors d'un concert de Jimmy Cliff et enregistre ses premiers titres au studio Tuff Gong de Bob Marley . Une version Dub assez rare et souvent mal pressée de l'album Check It (que l'on écoute en intro - (0) sera mixé par Scientist, et selon son propre témoignage, c'est vraiment pour lui le meilleur groupe avec qui faire du Dub ! Tonight !...

Et pour Mutabaruka, c'est la meilleure façon de faire passer son message :  "J'ai appris que le stylo est souvent plus puissant que l'épée, et que les gens pouvaient ecrire pour te pousser à penser : C'est mon travail, t'aider à penser" confie t-il à David Katz. "Quand tu lis mes poèmes, ça t'oblige à trouver des solutions à tes problèmes. Je ne peux pas te garantir détenir les solutions à tous tes problèmes, mais je peux t'aider à y penser, et à te motiver à trouver une solution conscructive...".
 Le premier exemple clamé par Mutabaruka "Every time I hear the Sound" (1) contient toute le puissance de ce style, une voix qui déchire le Dub et nous entraine loin, même quand il n'y a plus de musique ! Le texte décrit en de courtes rimes l'atmosphère sonore d'une communauté au coeur du ghetto, ses rixes et ses ragots, et certains qui préfèrent le Disco au Nyabinghi! "Comb your head, Nasty dread, drum and bass have no taste"...
Ce premier enregistrement vocal de ce poète qui ecrivait jusque là dans les colonnes du Reggae Swing (plus d'infos sur sa bio dans le Jamaica gleaner ici) a été très vite distribué aux Etats-Unis gràce à un label orienté blues, Alligator, avec aussi des compilations sur ce genre toujours orchestré par le même groupe... Mutabaruka a ensuite signé chez Shanachie, avec surtout Outcry en 1984, d'où est tiré "Any means necessary"(2), et toujours enregistré à Tuff Gong, et moins d'une dizaine d'albums originaux, avec les textes souvent inclus, et qui nous aident à suivre ses commentaires virulants sur Noël ("Postpone Christmas"(3), ou la vie de son ami Johnny Drughead en 83 (4): Les mots sonnent et claquent avec les guitares, le rythme martèle et résonne dans ce tempo lourd et cette ambiance électrique. Sur scène, Mutabaruka est comme un shaman, toujours pieds nus et avec une mèche blanche au coeur de ses locks... L'entendre à l'Espace Julien de Marseille reprendre une de ces plus fortes chansons (non inclue ici) Witeman Country nous avait scotché ... Mais cette chanson n'est en aucun cas bercé de propos racistes anti-blancs, il décrit seulement le Destin de ces immigrants jamaïcains s'établissant à Londres au début des années 60... Un porte claque, le mystique s'installe... 
Après quelques remarques au micro masquant mon fou rire en studio, on écoute un autre artiste de Dub Poetry, Michael Smith, tout d'abord en mashup - (5) avec un violon, encore un instrument rare dans le Reggae !) Issu de la Jamaican School of Drama, il a connu une trop courte carrière et finit lapidé dans les rues de Kingston, à lire ici pour en avoir plus (en Anglais seulement). Son album Words est introuvable, il a fait avant un maxi avec des percussionnistes (qui peuvent être le Light of Saba ou les Mystic Revelation of Rastafari), puis a été produit et distribué par LKJ avec le LP Mi Cyan Belive it. On écoute Long Time (6)...

verso du double live us press
Unique témoignage daté de 82, avec Dennis Bovell et certains musiciens de Aswad, mais aussi Rico Rodriguez. Et toujours les textes cette fois-ci au verso, dans leur patwa à déchiffrer... Il a pu faire sensation en Live, à Cuba et en France au début des années 80, ou durant les sessions radio de John Peel à Londres, avant sa fin tragique et expliqué sur ce blog en lien (avec le téléchargement de ces deux albums ici). On s'étendra moins longuement sur le parcours plus connu de LKJ, avec un premier album sous un autre nom, Poet and the Roots, puis le triptyque Bass Culture, Forces of Victory, et Making History. Inclus ici Want fi Go Rave, premier brulot de son album de 1979, le Dub de Black Petty Booshwa (les jolis bourgeois !) l'année d'après ou en Live Independant intavensha avec sa liste de sigles qui contrôlent le système... et du Dub live avec le Band de Dennis Bovell, qui a capté l'essence rythmique des paroles engagées de LKJ, pour les accompagner de Dubs cinglants et poussés par des cuivres la plupart du temps...

Posés par de sublimes cuivres lui aussi, on découvre à présent une autre voix dans la Dub Poetry, la plus centrale peut-être dans ce mouvement : Bust out est extrait du second vrai et dernier album de Oku onuora, si on enlève les différentes expérimentation de l'homme avec le Dub et diverses sorties éparses et confidentielles, comme Jerusalem Dub, Dubbing away, King Tubby and the Dub, I Dubwise, and otherwise édités entre autres par ROIR.  Peu de choses circulent sur ce Robin des Bois du Reggae, arrêté au milieu des années 70 pour l'attaque d'un bureau de poste, afin de financer son centre social éducatif dans le ghetto. Même en prison, Oku récite ses textes en invitant The Light of Saba à jouer derrière lui. Lorsque les deux partis rivaux organisent le One Love Peace Concert, Oku s'en inspire et ecrit Reflections in Red, une des premières chansons enregistrés au Tuff Gong Studio, qui venait d'ouvrir.
Malgré l'appui d'un label Français (en l'occurence Blue Moon de la célèbre échoppe parisienne), ce genre a été balayé par le Dancehall et la Culture matérialiste qui s'en dégage. LKJ seul a conservé une certaine notoriété, mais sans avoir été bien actif faut-il le préciser ! Beaucoup se demandent pourquoi ses albums se font si rares et ce que fait l'homme aujourd'hui, c'est vrai qu'il a annoncé plusieurs fois son retrait du business, certains le disent paranoïaque, malgré quelques dates en France l'année dernière avec toujours Dennis Bovell, son fidèle compositeur...  
On se rappelle encore pourtant de l'énergie et la fraicheur qu'il avait apporté à une résidence à la Friche de la Belle de Mai, ici à coté de la chanteuse de Gang Jah Mind et du chanteur de SuperKémia, Tony Tonda !
 
Revenons à la sélection vinyl avec le passage de cette compilation Zulu, un très bel objet et exemple de contre culture, un morceau zombie qui agit dans la plus grande simplicité. Ras Sam Brown est lui un vieux sage politique (un tant candidat au poste de premier ministre) jamaïcain, auteur de nombreux textes et pamphlets qu'on a pu trouver en disque dans les années 90. L'intervention vocale de Yassus Afari dans un pure morceau de Dub Syndicate, "Ruff and tuff" est extrait de Bed and Roses, et pour caler enfin un autre mashup maison homemade, pour coller du son à un des plus beaux textes de Dub Poets connus :
Dis Poem à capella, il a ensuite servi la house de Bobby Konders quand il a été remixé...  mais j'ai préféré le reprendre sur un mode définitivement plus roots, dans ce remix spécial avec un instrumental de Sly and Roobie.
Mutabaruka - Dis poem mashup (roots remix by docteur x-ray)

Lourd et ténébreux comme la Dub Poetry on finit avec un pressage du label Acid Jazz de "One Tribe" de Benjamin Zephaniah, mais on en saura un peu plus dans la deuxième partie... définitivement plus féminine, plus positive aussi  !


DUB POETRY STORY PART II
On reprend les choses comme l'on a commencé la première heure de Dub Poetry, avec des mashups (et un essai en intro sur un terrible Dub du marseillais Shan a Shan , et des raretés, ici la fille (?) d'Oku Onuora qui réactualise Beat your drums, et Cedric Brooks and the Light of Saba qui transcende Outcry, dans un vinyl ré-édité il y a peu... Oku Onuora a donc peu de disques à son actif et même si la sortie de Pressure Drop a fait parler de lui dans l'héxagone, on ne sait pas grand chose de sa carrière. On se régale avec des versions Dubs trouvés au hasard des labels qui le distribueront. Elle a commencé pendant le One Love Peace Concert, avec Reflections in red, un texte résumant l'action des deux partis rivaux de JA, et ne s'est jamais sousmise au system qu'ils défendent. 
La jeune génération a suivi de façon consencieuse les enseignements des Dub Poets, mais sans connaître le succés. Plus facile en mode DJ, avec le style de Macka B, on repère dans les années 90 et 2000 Joseph Cotton (avec Want some money puis No touch the style), Panache Culture, Levi Tafari, ou Afrikan Simba, ici un extrait d'un album qu'il a auto-produit, sur Ayamba records, Salvation for the new generation.
vinyl de Queen Majeeda (heartbeat)

verso du lp de Jean Binta Breeze

Un pressage canadien assez rare

Une compil sur le genre au féminin...
Mais ce sont les femmes qui se sont glissés le plus facilement dans la peau des Dub Poets, ce qui peut surprendre. Le premier exemple nous vient avec Queen Majeeda, toujours enregistré à tuff Gong, Gye name est le premier de dix titres digitaux où ressortent une grande maîtrise du verbe. Pareil pour Jean Binta breeze, collègue de classe avec Michaël Smith & Oku Onuora, qui a sorti elle aussi un album sur LKJ records, Tracks, mais pas avec ce titre plus inédit, produit parMutabaruka, Get Back, avec l'intro d'un DJ anonyme ! (). A 56 ans aujourd'hui, elle vit en Jamaïque et continue d'écrire mais a arrété de faire des enregistrements de ses poèmes, dommage !...
Plus confidentiel, et assez dur à trouver, Lillian Allen a enregistré ce Revolutionary Tea Party en 1986... à Ontario au Canada. L'intro a capella tranche avec le flow rub a Dub du début, et l'atmoshère y est irréelle, avec des effets de voix et de riffs très punks... Elle est toujours active aujourd'hui, au sein d'un collectif de poètes, Dub Poets Collective. Plus loin, vous entendrez aussi une grande dame, Louise Benett, dans une joute vocale avec LKJ sur un disque live pressé sur le label Island !

Un autre grand personnage qu'il ne faut pas omettre dans la Dub Poetry est Benjamin Zephaniah, et ce Rasta va vous pousser à rechercher ses autres titres tout aussi rares Ce premier jet sent la colocation, le squatt, l'anticonformisme et le militantisme... Il date de 1989.

Un extrait d'un texte au dos de la pochette : "All song inspired by herbs  , Give thanks to Jah, Give the youth a future, The struggle continues... Les allbums de Benjamin Zephaniah ne seront pas tous bien produit ni distribués, mais je ne saurai vous conseiller que de trouver le dernier sorti en 2004, et que j'ai pu trouver cinq après dans une sublime version digipack! En fin d'émission, vous retrouverez "Everybody have a Gun" (28) sur la prolifération des armes tiré (sans jeu de mots) de Us and them. Un peu partout mais surtout en Angleterre, se regroupent des activistes, comme ceux de R.A.P.P, qui signifie Radical Alliance of Poets and Players. Avec des militants comme Archie Pool, et certains musiciens d'Aswad ou Clifton Morrison, les poètes éditent des textes, et se font font entendre, trop sporadiquement malheureusement.  La lecture de Psaulmes avec son ami Luciano aura plus d'écho dans les Hits parades, mais cette démocratisation a surement affaibli la force de la Dub Poetry qui est aujourd'hui un genre toujours à part, mis de coté et souvent ignoré par peur de représailles ! Jusqu'à récemment, Mutabaruka animait sur Irie f.m ses émissions Cutting Edge, on l'a vu autour de ceélebrations pour le 50ème anniversaire, il semble donc actif pour son île. Si certains recueils de poèmes ont vu le jour là-bas sur de petites maisons d'édition, soutenu par certains artistes, la Dub Poetry n'a pas profité de l'élan du Slam en Europe, ou du succés des Poetry Readings un peu partout aux Etats-Unis.
réédition de son album de 1989

Joseph Cotton ferme cette seconde sélection comme il l'a débuté, un big up pour ce DJ anglais qui avait démarré par "Want some money", avant de conclure par son "No Touch the Style" pour l'écurie Fashion en 1987 ! Engagé comme un véritable Mc lors de l'anniversaire du Soul Stereo à Paris, il a fait vibrer le public comme il sait. 
Un bonus avec Everybody have a Gun, de Benjamin Zephania, mais il faut aussi mettre la main sur Naked, avec des illustration de Banksy !
Si l'émission s'est fini là en ce qui concerne le direct, elle continue que pour vous avec deux petits bonus, tout d'abord un Dub issu d'un terrible cd qui s'appelle Word Sound and Power, vocal et dub sur le cd distribué à l'époque par Hearbeat. Et bien sur un dernier Mashup de Tchoi Mc du Lacydon, avec Sir Collins et la voix de LKJ !
Cette sélection a comme intêret de vous avoir fait découvrir un des style de Reggae le plus compliqué à cerner, avec musicalement des envolées plus jazzy, à la limite du free parfois, et des paroles engagées et souvent dépourvus de lyricisme et louanges répétés à Jah, la ganja et donc elles aussi plus compliqués à comprendre... Alors à vos crayons, déposez le glaive et repartons en croisade pour retrouver les quelques enregistrements encore disponibles... Perso le maxi de Michaël Smith 4 titres enregsitré à Cuba avec les Mystic Revelation of Rastafari, qui a du s'écouler à quelques centaines d'exemplaires il y a plus de trente ans, je suis preneur...
0) High Times Players - Naw Dub (Ckeck it in Dub)
1) Mutabaruka - Everytime I hear the sound (Check it)
2) Mutabaruka - Any means necessary (outcry)
3) Mutabaruka - Postpone Christmas (
4) Mutabaruka - Johnny Drughead (
5) LACYDON MASHUP
6) Michaël Smith - Long Time (Mi Cyan beleive it)
7) Oku Onuora - Bust out
8) Oku Onuora - Pressure Dub
9) Levy Tafari Liverpool Experience
10) Ras Sam Brown - Peace
11) Dub Syndicate - Ruff and tuff
12) Benjamin Zephaniah - One Tribe
13) SHAN A SHAN dub - X-Ray Mashup
14) Shaka Onuora - Beat your drums
15) The Light of Saba - Outcry
16) Oku Onuora - Dread Times
17) Oku Onuora - Dread dub
18) Joseph Cotton - Want some money
19) Afrikan Simba -Love you Bad
20) Queen Majeeda - Gya name
21) Jean Binta breeze - Get back 
22) Lillian Allen - Revolutionary Dub Party
23) Benjamin Zephaniah -Rasta
24) R.A.P.P. - Wicked People
25) Louise Bennett - with LKJ : Coconut Tree
26) Luciano and Mutabaruka - Psalms 24
27) Joseph Cotton - No touch the style
28) Benjamin Zephaniah - Everybody have a gun
29) Further bonus...

... you can ask for a tape or a ddl !

mardi 16 octobre 2012

1962 - 2012 JAMAICA STILL PLAYS

PLAY ON MISTER MUSIC  !
50 ans d'indépendance en Jamaïque, ça se fête ? Si cette question reste à débattre avec un schéma économique toujours très dépendant au sein d'un pays qui s'est tourné vers les Etats-Unis dès lors qu'il a déserté le joug anglais, la spécificité de l'île depuis un demi-siècle n'est pas tant politique. On commémorera donc cet anniversaire un peu partout dans le monde, gràce à cinquante ans de rythmes musicaux intrinsèques, qui en ont fait sa popularité : Un exploit digne de records sportifs auxquels la Jamaïque s'est d'ailleurs habituée, cette île des Caraïbes aux trois millions d'habitants a peu à peu engrangé tant de hits et soutenu l'inspiration de tant d'artistes de courants musicaux actuels que son impact est aujourd'hui démesuré. Chris Salewicz ose dire que "le Rap n'est qu'une des façons dont la musique JA a culturellement colonisé le monde" ! Je me contenterai de citer ci dessous quelques dates importantes, marquant d'une pierre verte-jaune-rouge les principaux évènements de ce demi siècle d'inventivité, de créativité, et de luttes.
Playlist : 1°) JIMMY CLIFF : OH JAMAICA
2°) Derrick Morgan : Forward March
BIBBY & THE ASTONAUTS : SWEET DREAMS

Déjà le 10 Avril 1962 le Gouvernement passait dans les mains du JLP, avec Bustamante comme premier Ministre, et Seaga comme ministre. A Minuit dans la nuit du 05 au Six Aout, la Jamaïque est devenue une nation libre et indépendante, 35 000 personnes ont accouru au National Stadium, spécialement construit à cet effet… Elle fut admise aux Nations Unies le 19 septembre, et Sangster élu député le 11 Mars 1963… Juste après la tempète Flora qui a envoyé sur l’île les plus grosses précépitations du siècle (en Novembre) on a découvert la première miss monde jamaïcaine, Carol Joan Crawford !
Pendant ce temps-là on danse sur le Ska, celui des Wailers et de Jimmy Cliff, de Derrick Morgan et Prince Buster, et des premières productions Studio One , label créé par Coxsone Dodd sur le 13 Brentford Road.Sans sans oublier en 1964 le premier hit international, My Boy Lollipop de Millie Small. La jamaïque s’exporte aux Etat-Unis, pour la foire internationale, mais sans leur groupe phare, les Skatalites…

3°) PRINCE BUSTER FREEDOM STREET
THE FREEDOM SINGERS : FREEDOM STREET

On célèbre déjà avec Nostalgie les dernières pages de l’histoire jamaïcaine, avec la remise du corps de Marcus Garvey le 15 novembre 1964, ou le centenaire de la révolte de Morant Bay le 11 Octobre 1965, et on prépare la venue de Martin Luther King le 20 Juin 1965, et celle de Hailé sélassié le 21 Avril 1966 ou celle du President de Zambie.

Mais déjà la colère gronde avec son lot de vengeance et de sang, la violence s’installe avec le doute, un couvre feu est déclaré tout le mois d’Octobre 1966. Aux élections de 1967, c’est Sangster qui prend la suite de Bustamante, atteint de la cataracte, mais pour moins de 50 jours, car il meurt subitement. Shearer prendra sa place. On reconduit à la frontière Walter Rodney, un étudiant militant de la cause noire, La joie puis les doutes de l’indépendance laissent des traces économiques profondes, on reconstruit Downtown Kingston pour cacher les plaies, on dévalue, on crée de nouvelles banques, et une monnaie qui abandonne la livre au profit du dollar. « Pound get a blow »…

4°) THE WAILERS - POUIND GET A BLOW
FREEDOM SINGERS - DO THE REGGAY
HOPETON LEWIS – BOOM SHAKA LACK

Dès 1968, de nombreux artistes étrangers vont s’intéresser à la Jamaïque et à sa musique, comme Paul Simon qui enregistre Mother & Child réunion… Johnny Nash lui nous chante Hold me tight & Bob Chances Are (l’album ne sortira pas avant 1982) avec Danny Sims son producteur, mort cette semaine...
C’est l’année d’après en 1969 que s’effectue le premier tournant de la musique jamaïcaine, car après toutes ses premières mutations, du Ska (Don Drummond meurt en Mai) au Reggay (avec Y, le titre de Toots) en passant par le Rock Steady, Bluebeat, ou skinhead Reggae -(Israelites de Desmond Dekker est N°1 des charts pop anglais), cette année là on remarque les albums Studio One de Dennis Brown , et de Burning Spear, la rencontre de Bob avec Lee Perry, l’avènement du style DJ avec U-Roy, et le début du Dub avec la mésaventure accidentelle de Ruddy Redwood, qui coupa malencontreusement la piste vocale d’un morceau !
Politiquement le cousin de Bustamante et leader de l’opposition, meurt et envoie son fils à la tête de son parti d’opposition, le PNP… Wolfs in sheep clothing !
Il mit deux ans pour incarner le personnage Josuah, l’homme qui allait conduire le peuple jamaïcain à la terre promise, dix ans après l’indépendance...
5°) PLUTO – DAT
TOMMY COWAN DUB SESSION
BAG O WIRE - ROCKFORT

1973, c’est l’avènement du Reggae, les premiers albums de Dub (proto-dub), et la sortie de Catch a Fire sur Island, après la sortie remarquée de the Harder they come… mais aussi l’ouverture du Studio channel One et celui de Scratch Black Ark.
1974, c’est le succés en Angleterre de Everything I own, de Ken Boothe.
1975 C’est la mort de Hailé Selassié, Bob chante « Jah Live » !
1976, ce sont les premiers maxis 12’’ discomix qui sortent (The Jays ?) et aussi l’état d’urgence décrété en Juin par le PNP, qui sera réélu de Justesse
1977, c’est le Two Seven Clash ! et la fin de l’état d’urgence, mais pas de la violence, car l’année d’après c’est le massacre de Green Bay.
6°) CULTURE : TWO SEVEN CLASH
SLY & REVOLUTIONARIES – Mop Head

1978, les reggaemen sont en place, le One Love Peace concert retiend toutes les attentions, on publie les premières discogrpahies reggae, le film Rockers voit le jour, le Roots est partout !
1979 Un jeune adolescent du nom de Sugar Minott chante sur des vieilles bandes studio One, ce sera la naissance du dancehall…Junjo Lawes produit un jeune du nom de Barrington Levy, créant en même temps le style Dancehall qui allait perdurer pendant toue la décennie à venir.
1980, on apprend la mort de General Echo, mais pas celle du slackness, et celle de Jacob Miller, le premier artiste roots à terminer sa carrière de façon si soudaine. Toujours la violence, les élections de cett année-là seront les plus meurtrières
1981, mort de Leonard Howell, euh pardon, de Bob Marley, enfin, c’est sur que cela a eu plus d’impact. La question se pose dans Rock’n Folk, y aura t-il une vie pour le Reggae après Bob ? La question ne se pose pas en Angleterre, elle a déjà fait son revival ska !
7°) EARLY B – HISTORY OF JAMAICA
BRIGADIER JERRY – JAMAICA JAMAICA
YELLOWMAN – JAMAICA NICE
8°) - Lord Sassafrass - Countryman

1982 : Premier live Dancehall, at the Aces. Black Uhuru font des concerts, un Live et préparent pour 83 un album pour les USA. Anthem sera le premier Grammy reggae…Quant à Yellowman, on dit qu’il sort entre 82 et 83 16 albums !
1983 : le Black Ark brûle !... On pense alors que tous les enregistrment de ce fou de Lee Perry sont partis avec... Danny Browne lui sort Rub a Dub soldier, premier tube digital,
1984 Papa Levi est le 1er artiste à avoir un hit dans la première place des charts jamaïcains avec Mi God, Mi King (Taxi). Pendant ce temps King Tubby sort le Tempo de Anthony Red Rose sur Firehouse, premier label digital.
1985 : Wayne Smith, Noel Davy and King Jammy sortent Under Mi Sleng Teng... Pendant ce temps-là en Allemagne, premier festival Summerjam avec Black Uhuru, les wailers, Dennis Brown, Manu Dibango...
09°) JAMMY’S ALL STARS – JEALOUSY FI DONE VERSION
Depuis la dévaluation de 44% en 1983 la Jamaïque s’avoue vaincue par le marasme économique, avec plus d’un ¼ de chomeurs, la hausse des prix du pétrole, Capitalism Gone Mad chante–on en Calypso… D’énormes tempètes continueront de s’abattre chaque année, jusqu’en 1988, avec l’ouragan Gilbert, entouré de tremblements de terre… et chaque année, un décés nous parvient, comme celui de Tosh, assassiné un mois après la célébration des 25 ans de l’indépendance ! Le Times titre : Dix ans perdus en un jour…
1989 Le 6/02, King Tubby est assassiné, le PNP gagne les élections, et une nouvelle Radio voit le jour, IRie FM en 1990, ce sera la seule radio dans le monde à 100% Reggae. On y entend Shabba Ranks vainqueur d’un Grammy en 91 puis 92, Buju Banton qui brule les homosexuels, et Ziggy et Inner Circle pour leur reggae innofensif… mais c’est Garnet silk qui explose en 1993, et qui meurt en Décembre 1994 . En 199(, un premier riddim dancehall de Nyabinghi arrive sur Digital B, le Kette Drum !

10°) PRESIDENT BROWN – PAST PRESENT & FUTURE
11°) DIRTSMAN – HOT THIS YEAR
REGGAE BOYS VERSION
En 1996, le Summerjam fête ses dix ans dans un nouveau lieu, Furlingen See avec BUNNY WAILER, LUCKY DUBE, THIRD WORLD, SHAGGY, TOOTS, CHAKA DEMUS, BUJU BANTON, PATO BANTON, LINTON KWESI JOHNSON, BAABA MAAL, ROCKERS HIFI, DUB WARRIORS ...
En France, il y a le Garance ; son pic de Popularité est atteint en 2000 pour sa 9ème édition, avec le 24/06 Buju Banton, Beennie Man, Horace Andy, Israël Vibration, Toots and The Maytals... à Bercy !
1998 : La France reçoit la coupe du Monde de Foot et les Reggae Boys, mais sans succès pour eux, désolé ! L’année d’après le Times élit Exodus, album du siècle, et la BBC passe « One Love » comme la meilleure chanson du millénaire !
12°) Derrick Morgan : Festival love
KING LAND VERSION

Le 18 avril 2002 PARIS IS DUBBING avec les Bush Chemists, Zion Train, Iration Steppas, Miniman an Cabaret Sauvage, préfigurent les soirées Paris Dub Club, et le travail de Musical Riot qui ouvre le Tribute à Aix seul salle de concert 100% Reggae en France.
2004 Le 4 Mai s’éteint Coxsone Dodd. Cette année-là, de nombreux concerts dans tout le pays, pour pallier à l’interdiction récente des sounds systems : Le fameux Sting detrone le Sunsplash, avec le 26 Decembre Beenie Man, Capleton, Richie Spice, Fifth Element, Chuck Fenda, Bushman, Anthony B, Assassin, , Ninja Man, Jah Mason, Chezidek and Queen Ifrika-Wayne, Turbulence, Bascom X, Kris Kelly, Mr Perfect et Fantan Mojah En France à Lezan, apparaît puis disparaît le Jah Sound Festival
En 2005 bass Culture sort en Français, comme beaucoup d’autres livres sur le Reggae. Partout dans le reste du monde, on entendra la voix du fils dans Welcome To Jam Rock, et le message s’étend jusqu’à Addis Abbeba, pour l’anniversaire de sa naissance… REGGAE INTERNATIONAL
13°) LEE PERRY – KINGSTON TOWER
14°) BUNNY WAILER – HELP US JAH JAH

vendredi 5 octobre 2012

LE REGGAE AU CINEMA !


REGGAE SCREEN IN JAMAICA

Le Reggae a été toujours mis en valeur de façon maladroite dans le Cinéma, à deux ou trois exceptions près décrites un peu plus loin. La raison principale est la non connaissance de cette musique dans les milieux cinématographiques… On n’écoute pas de vrai Reggae à Hollywood, tout au moins jusqu’à une période toute récente. A titre d’exemple, Sea of love, la chanson qui donne son titre au film avec Al Pacino et Ellen Barkin y est décliné régulièrement, avec même une version déroutante de Tom Waits, mais ne contient point la sublime version Rock Steady des Heptones sur Studio One, ni celle Reggae faite pour d’autres producteurs… Encore aurait-il fallu que le personnel du film ne les connaisse ! Il y a aussi la nébuleuse des copyrights qui doit dérouter et démotiver de nombreux juristes et conseillers musicaux d’Hollywood, car il est souvent bien compliqué de savoir à qui demander l’autorisation de « jouer » telle chanson du répertoire jamaïcain (l’éditeur actuel, le producteur original, le chanteur ?).
 A savoir qu’en France, on a été encore précurseur puisque l’on entend déjà du reggae dans le film de Jacques Higelin, la bande du Rex, puis bien souvent en compagnie des acteurs du Splendid par exemple (Films avec Coluche ou Balasko), et ce jusqu’aux Frères Pétards. sans oublier le dessin animé "Le Chateau des Singes" que je recommande à vos enfants...
L'apparition de titres jamaïcains dans les bandes originales de films sont automatiquement choisis pour souligner une atmosphère exotique (souvenez vous du Roi Lion ou de Gang de requins), ou rappeler le lieu où se passe l’action (Les nanards avec Tom Cruise, Blue Crush où l’on entend Beenie Man et Damian Marley, The Mighty Quinn ou Club Paradise). Il y a aussi beaucoup de sons Jamaïcains dans Scandal, un bon film celui-là, l’histoire se passant dans les quartiers glauques de Londres dans les années 60… Le premier film à donner ses lettres de noblesse à la musique jamaïcaine est Doctor No avec une apparition de Byron Lee. Depuis, la mention Reggae peut en faire un succés au Box office, et un hit Comme avec Un indien dans la ville et Tonton David, sans oublier Rasta Rocket (hors compétition!) ni le chef d’œuvre qu’est Ouragan sur l’eau plate avec Michaël Caïne, ou l’on entend la crème avec Eddy Grant et… Eric Clapton !
Mention spéciale à de grands réalisateurs qui ont su capter la force de cette musique, comme Almodovar et la version du pénitencier à la sauce Gregory Isaacs, David Lynch avec l’intrusion de Africa Head Charge dans Wild at heart, Mathieu Kassovitz et le Natural Mystic de Bob Marley en intro de La Haine, ou dans un autre genre Robert Altman dans Prêt à Porter en invitant Ini Kamoze et son "Hotstepper".
On peut entendre du Reggae quand le réalisateur veut marquer un passage de son film plus méditatif voire psychédélique (Lee Perry dans Brother un rare film de S.F) , tendre et acidulé (Amour et Amnésie), mais rarement revendicateur, ou alors pour des propos violents et des histoires de gang (du Dancehall dans Anaconda ou Ghost dog avec le "Armageddon Time" de Willie Williams), et évidemment bien plus souvent dans un délire à propos de cannabis, comme dans Arnaque crimes et botanique avec le "Police & Thieves" de Junior Murvin ou Double zero avec Eric et Ramzy , où l’on entend "Kaya" de Marley.
En fait, dès qu’il y a du Reggae sur la toile, les Jamaïcains s’invitent eux mêmes sur la pellicule, et nous font découvrir leurs talents d’acteurs comme la Comédie Musicale Absolute Beginners avec le regretté Smiley Culture, ou d’actrices comme Sister Carol entonnant le Wild Thing à la fin de Dangereuse sous tous rapports !
N’oublions pas le cinéma asiatique, qui n’est pas en reste avec dans Chunking Express de Wong Kar Wai le « Things in life » de Dennis Brown, et dans Le baiser mortel du dragon, où Jet Lee arrive à Paris avec Les Congoes et "Don't blame it on I" dans le taxi.
Allez, un dernier souvenir, rappelez vous dans Léon avec Jean Reno, à un moment la DEA fouille l'appart d'un dealeur et trouve dans les disques la Social Living de Burning Spear… dommage qu’ils n’aient pas inclus le son…
Avez-vous entendu parler de Klash en 1995 (Drame) : "Stoney est un photographe travaillant à New-York, il est envoyé à Kingston pour réaliser un reportage" ?... Ou de Rew-ffwd (rewind Fast Forward) en 1994 (Drame) : "Un jeune photographe débarque à la Jamaïque pour un reportage"… Et aussi une chanson de Ziggy Marley qui s’est glissée dans la bobine de Veuve mais pas trop (married to the mob), du Ragga dans Showtime avec Eddy Murphy, ou le formidable East is east, sur la communauté indienne de Londres (où l’on entend le Double Barrel d'Ansel Collins !)Et Almost Heaven en 2005? Johnny was en 2006… Allez un petit dernier en V.O, il s’appelle Deuce Bigalow, Male Gigolo, avec Rob Shneider, et avec - entre autres- Hepcat dans sa B.O ! Mais on s'éloigne du sujet...

Depuis DANCEHALL QUEEN en 1996, le genre s’est généralisé, avec THIRD WORLD COP (1999) - Après plusieurs années d’absence, Capone, flic intègre, est muté dans son quartier d’enfance. Il y retrouve ses amis d’autrefois… - RUDEBOY (2003) Julius rève de faire carrière dans le Dancehall… - ONE LOVE avec le fils du Gong , Ky-mani Marley Kassa est un rasta. Avec son groupe, il participe à une sorte de télécrochet. Serena est une chanteuse de gospel, et exerce son talent dans le temple de son père… - COMEBACK (2000), un western reggae dans le Bronx. SHOTTAS (2002) La véritable histoire de deux youths de Kingston…
Et peut-être celui qui nous a fait une belle bouffée d’air frais, venu du Brésil, ROOTS TIME en 2006 inédit en France, l’histoire de Jah Bull et Baboo, deux Rastas qui sillonnent la campagne jamaïquaine pour vendre des disques…


Mais Le saint Graal des Reggae Movies reste bien sur :
THE HARDER THEY COME de Perry Henzell, un des rares rélaisateurs jamaïcains, et ce chef d’œuvre qui a su capter l’essence originelle du Reggae (tout y est !)avec l’interprétation parfaite de Jimmy Cliff en Rude boy recherché, et l’intrusion d’autre acteurs du mouvement… tout comme un peu plus tard ROCKERS (1978) et son héros, I-Man - un excellent batteur qui joue pour Burning Spear, Jacob Miller et bien d’autres encore…
Il y a aussi COUNTRYMANen 1982, toujours produit par Island, où le héros pacifique et Rasta est témoin d’un crash, et court secourir les rescapés.
Plus difficile à se visionner, Children Of Babylon en 1980, une comédie romantique et des Histoires d’amour et quiproquo sur fond de paysages jamaïquains… Jamdown, avec les Congoes désenchantés & Toots survolté,  Babylon, une fiction anglaise brillante où l’on voit Jah Shaka à la fin, et No place like home film de Perry Henzell (mort l’avant veille de sa projection officielle, ce qui en fait un inédit…).
Les documentaires ayant attrait au Reggae sont beaucoup plus nombreux... Sans parler de Bob Marley, citons en vrac et sans exhaustivité :
- One Love Peace concert, où la plupart des scènes filmées l’ont été à un autre moment que le Peace concert d’ailleurs...
- Reggae Sunsplash 1979 Documentaire sur la deuxième édition du Reggae Sunsplash, et bien sur tous les autres qui sont sortis après en vidéos.
- Third World: Prisoner In The Street 1980 Film sur le groupe “Third World”.
- Aquarius : Reggae 1977 Documentaire sur l’importance croissante du reggae britannique est discutée par des musiciens au coeur de Brixton, Stoke Newington et du Carnaval de Notting Hill.
- Reggae ina Babylon qui témoigne de la scène vivifiante anglaise (Steel Pulse, Matumbi, Aswad…)
- The land of look behind, l’image de la Jamaïque à la mort de son prohète (avec Mutabaruka...)
Et surtout : Roots Rock Reggae 1977 un excellent documentaire sur le reggae roots des années 70’.
Et Word, Sound And Power 1980 en Anglais dans le texte : “the closest American film audiences are likely to get to modern Jamaican music and to the ideas, experiences and emotions behind that music”, un inédit exhumé en DVD au début de ce nouveau millénaire...
Tous ceux-là, sauf le dernier sont sortis en vidéos VHS, très rarement en salles. A noter aussi qui se vendait sous le manteau avant sa réédition en trois dvd, les 6 émisssion sprésentées par Mickey Dread, très complets, les quelques émissions US de rootsman, et Rastas et Ballon rond sur FR3… Mais il s’agit de reportages, pas de films au sens strict !
Dans les années 90, on a aussi vu et adoré :
-Dub Echoes (le film sur le Dub…) qui complète le reportage déjà très instructif d’Arte, Deep into Dub.
- Roots Daughters 1992 Un documentaire unique traitant du mouvement de Rasta d'un point de vue féminin.
- Stepping Razor: Red X 1992 Documentaire sur Peter Tosh: L’homme, sa musique, sa mort…
- Rent A Rasta 2006 Film documentaire traitant du tourisme sexuel en Jamaïque.
- Moving On 1996 où Jimmy Cliff nous raconte le destin d’un enfant de la campagne parti à l’assaut des feux de la rampe…
- Life & Debt sur la position de l’île de Jamaïque face au F.M.I
- Made in Jamaica 2004 L’histoire du reggae et l’engouement jamais démenti qu’il suscite chez les trois dernières générations ont poussé Jérôme Laperrousaz à réaliser une enquête sur ce genre musical...
- King At The Controls - The King Jammy’s Story 2006 Dans ce documentaire, ce sont différentes interviews d’artistes musiciens, chanteurs, producteurs, sound-men et membres de la famille qui se succèdent pour témoigner du caractère génialissime de Jammy. Inédit en France, là encore.
On a beaucoup de mal à voir en France certains nouveaux projets, comme sur Lee Scratch Perry, le Rock Steady, des figures iconoclastes comme Jack Miller, et même Awake Zion en 2003, un documentaire qui explore parait-il les connections entre la culture de reggae et le judaïsme… Depuis 2008, et de façon assez cahotique, le Jamaica Reggae Film Festival se tient à New Kingston , et met un coup de projecteur certain sur ces films comme Wa do dem, Dance for Grace, ou le film d’animation Bad Influence, toutes ces bobines sont inédites en France pour l'instant et manquent cruellement de soutien…
Cette année enfin, deux films aussi radicalement différents que Marley et Rude Boy viennent compléter notre vidéothèque, déjà enrichie du documentaire d'Hélène Lee sur les traces du premier Rasta ! On ne regrette qu'une chose, la place qu'à le Reggae aujourd'hui dans le cinéma aurait pu être beaucoup plus importante si le gouvernement jamaïcain lui même avait encouragé cette voie, ou si il avait recueilli davantage d'images officielles durant cette époque dorée...

PS: Un très bon numéro de natty Dread, que je n'ai pas relu, parlait de ce sujet, et vous donnera peut-être plus de détails. Quelques uns des films sur le genre Reggae ont surement été oubliés, n'hésitez pas à completer cette liste...  DOC X-RAY (2012)

jeudi 19 mai 2011

La Fin du Commencement


Que ce soit pour nos playlists d'émission de Radio avec selecta Izmo, ou les quelques demandes de la part de Reggae.fr, je suis toujours un peu embété de vous annoncer des mauvaises nouvelles, et la disparition d'artistes qui vous sont chers : Sans vouloir faire figure de croque-mort, il m'arrive souvent de faire des hommages appuyés à tous ceux qui se sont envolés pour Zion... Et celui-là ne sera pas un des moindres, tant la perte de Lloyd Knibbs représente pour le Reggae, tout un pilier du Rythme jamaïcain qui s'écroule ! Ce batteur a inventé le Ska, rien de moins ! L'Histoire est en partie connue, c'est en recopiant le boogie américain que des musiciens inventifs (Knibbs, Ranglin...) ont concocté ce changement de rythme si particulier, qui allait être l'empreinte de ce nouveau son, le Ska, mais allait aussi s'illustrer dans le Rock Steady, puis le Reggae...

C'est aussi un des fondateurs du premier Big Band de l'île, les Skatalites. Peu après l'indépendance, en Mai 1964, Tommy McCook (sax), Rolando Alphonso(tenor sax), Johnny Moore(trompette), Lester Sterling (sax), Don Drummond (trombone), Lloyd Brevett (contrebasse), Jerry Haynes (guitare), Jackie Mittoo (orgue) et Lloyd Knibbs à la Batterie formèrent ce groupe, qui existait informellement depuis un an.

The Skatalites sont une étoile filante sur les ondes et dans les charts : De Studio One pour leur premier album "Ska Authentic", à Treasure Isle pour Arthur 'Duke' Reid, les producteurs se les arrachent (citons Cecil 'Prince Buster' Campbell, Vincent 'King' Edwards, Justin 'Phillip' Yap, Leslie Kong, Lindon Pottinger,Sonya Pottinger et Vincent 'Randy' Chin) et ils travaillent toute la journée, jouant derrière des talents vocaux comme Delroy Wilson, Desmond Dekker, The Wailers, Lee Perry...

L'instrumental "Man In The Street", entra dans le top 10 anglais, tout comme "Guns of Navarone" un peu plus tard, composé par le plus prolifique de tous(200 titres en un an et demi !), Don Drummond, qui fut incarcéré le 1er Janvier 1965 suite au meurtre de sa petite amie, Anita 'Marguerita' Mahfood. Il n'en ressortira pas et fut interné à Bellevue un peu plus tard, pour y mourir le 06 Mai 1969, à 37 ans. Le dernier concert des Skatalites eu lieu en Aout 1965, mais les musiciens ne furent pas ensuite inactifs, créant deux supers groupes, les Soul Vendors (l'écurie Studio One) et les Supersonics de tommy Mc Cook, chez Treasure Isle.

Dans la période Roots, chacun y alla de son solo, Lloyd Brevett tenta une reformation (l'album "African Roots", et l'inédit "Rocking Steady") et le guitariste perdut l'ouïe. On ne pensait donc pas les revoir sur scène, mais en Juin 1983, les organisateurs du Sunsplash eurent l'idée de les rassembler pour un concert. Ce fut une énrme succés à Montego Bay, qui les poussa à se reformer, et à enregistrer "Return of The Big Guns" sur Mango en Avril 1984. Le 07 Juillet 1984, ils jouèrent devant des milliers de jeunes élevés à la two-tone Fashion, ce fameux revival ska anglais (Madness, Specials, Selecter...) à Selhurst Park, et avec Prince Buster, leur "Freedom Sounds" reste un des meilleurs moments en Live.

Dans la dexième moitié des années 80, beaucoup d'entre eux s'installèrent aux Etats-Unis (Jackie Mittoo avait très tôt émigré au Canada, il jouera avec eux pour la première tournéee US en Janvier 1990, mais décèdera le 16 Décembre de la même année des suites d'un cancer.) En Avril 1989, ils suivèrent en tournée Bunny Wailer, le Liberation Tour, avec Tommy McCook, Roland Alphonso, Lester Sterling, Johnny Moore, Jackie Mittoo, Lloyd Brevett et Lloyd Knibbs. A cette occasion, on vit son fils, Dion Knibbs chanter, il allait ensuite faire son petit bout de carrière tout seul créant un groupe américain les Agitators avec Ken Stewart, et réaliser un album un peu plus tard en 1998.

C'est au milieu des années 90 qu'on retrouve les Skatalites sur les routes européennes, et c'est un tourneur Suisse (en fait des Indiens) qui les remettra en selle. L'avant dernière partie de l'Histoire de ce groupe commence avec la réalisation de "Skavoovee" pour Sanachie, puis quelques albums et nominations aux Grammys plus tard, avec "Ball of Fire" en 1997 sur Island, avec Ernest Ranglin à la guitare. Le 05 Mai 1998, Tommy McCook décéda en Georgie (USA), et le 17 Novembre Rolando Alphonso disparut à son tour à Los Angeles.

Le 27 Mars 1999, Cedric 'Im Brooks prit en main cette section rythmique basse batterie qui était préservée, pour un dernier tour d'honneur, mais il ne s'entendit pas sur sa place dans le groupe et partit peu après. S'en suivit des tournées éparpillées avec certains chanteurs plus ou moins inspirés, dont le brillante Dorrine Shaeffer, et un répertoire quasi-identique à toutes leurs prestations.
Le groupe fut particulièrement populaire en France (ils sortirent le 15 Avril 2002 "From Paris with Love") mais tourna un peu partout de 2002 (Mexique, Vénézuela, Puerto Rico, Russue, Japon) à 2004 (leur 40ème anniversaire en Grèce, Singapour, ou Colombie). Le Live à Buenos aires en Octobre 2005 est un de leur meilleurs !

Parmi le line-up du groupe, on nota au fur à mesure que les anciens disparaissaient, l'apparition de remplaçants très connus dans le Reggae, comme Vincent(Don Drummond Jr) Gordon, Karl (Cannonball) Bryan et Val Douglas, le bassiste. Mais dès lors que cette rythmique s'est vu dépossédée du son de la contrebasse, ce ne fût que l'ombre d'eux mêmes qui illustraient sur scène ! Pour conclure dans le Tragi-comique, ils furent même invités à jouer au Bal de la Rose à Monaco... Ce n'est donc pas vraiment terminé puisque l'on retrouvera le groupe cet été sur les routes de Festivals : Des membres originaux reste Lester Sterling, c'est donc lui qui sera le dernier héritier du nom...

mardi 11 mai 2010

Alpha, le premier d'Afrique

Retour sur l'interview d'Alpha Blondy fait à Massilia, un premier Avril de cette année... Merci à Squaaly pour le pass, Bertrand pour des photos privées prises à Porquerolles, Philippe de VP records (appellé ici le producteur) et merci surtout à Alpha Blondy, qui, actualité oblige *,nous propose un retour sur sa discographie...
- Ca fait très longtemps que je ne t’ai plus rencontré (mon premier travail radio, c’était avec toi en 83 ! !), et je te retrouve tout sourire je vois, et avec plein de bonnes nouvelles…

- Dieu Merci, on va enfin faire un remastering de mes sept premiers albums pour EMI, et les retrouver enfin sur le marché. Ca fait 10 ans que mon contrat avec EMI est expiré, et vu que je suis le producteur, j’ai repris les bandes chez eux, c’était le grand souk, yu know…

- Dès le premier, t’a été ton producteur ?

Non, mais j’ai racheté les droits du premiers à George Benson, [aucun rapport avec le guitariste jazzy].

- Premier disque, premier succés…

Aucun disque n’a produit cet effet comme le premier, c’est le décollage, on a eu une chance inoui que l’enregistrement se soit bien passé, en maximum trois jours sur un huit pistes, alors t’avais intérêt à chanter vite et bien… Je suis passé à une émission qui s’appelait première chance, car le producteur travaillait aussi à la télé. Quand les gens m’ont découvert, on était dans la période des rafles et des arrestations, ceux qui ont connu la morsure de la matraque ont ensuite participé à l’explosion du titre, car c’était présent dans leurs esprits !

- Le producteur ne trouvait pas cela dangereux, comment un homme de télé a-t-il pu signer un nouveau chanteur rasta et subversif ?

C’était aussi un grand amoureux de musique, il voulait faire venir Bob en cote d’ivoire, cela ne s’est pas fait car Bob était déjà malade, il aimait déjà le reggae, surtout chanté en africain et en Français…

[s’en suivit une longue parenthèse sur les droits d’auteurs, le piratage en Afrique et ailleurs]
[Parenthèse du producteur] - C’est le premier à avoir crée un entreprise culturelle en Afrique…


Et c’est la France qui nous a sauvé : Quand la SACEM a créé le BURIDA [bureau des droits d’auteurs en Cote d’Ivoire] un certain Raphaël me convoque. Il se trouve que sur la pochette il y avait marqué PAI, et que le producteur m’avait dit que c’était le code. Il y avait la grande euphorie autour de cet album, et le producteur m’a dit : Attention, ils vont gater ton business, méfie-toi… Moi je vais au BURIDA, agressif, ils sont assis et me disent : Est ce que Mr Benson vous a payé ? – Oui, j’ai répondu. - Combien ? - 150 000 Francs CFA, 200 euros, c’était une jolie somme pour l’époque. Et j’ai ouvert un compte. – Savez-vous combien de disques vous avez vendu ? – Je sais pas mais beaucoup, je réponds. – Comme vous êtes déclarés chez nous, on est obligé de défendre vos droits. Vous savez ce que PAI veut dire ? – Oui, c’est le code –Quel code ? – Le code du disque ! On va t’aider : PAI veut dire Propriétaire actuellement inconnu, ce qui veut dire que tu n’existes pas ! Comme tu es inscrit chez nous, tu existe. Ma garde baisse un peu et on me donne un chèque de 12 million CFA !... A l’époque c’était énorme ! Même maintenant c’est énorme ! Et tu sais pas ce que j’ai fait avec… J’ai acheté un Walkman, et deux jeans Wrangler… La bourgeoisie man, on roule plus en bus, on prend le Taxi... Mais jusqu’à aujourd’hui, j’en veux pas au producteur, car à l’époque au moins il a osé.

- Et Rasta Poué est ensuite sorti ici, en mini album. Tous tes premiers LP sont courts, l’idée de rajouter des bonus pour leur re-sortie en Cd est fameuse !

J’ai trouvé des chansons inédites pour mettre ces rééditions au diapason, par exemple la version « opération coup de poing » en 45 t, la version de Jérusalem enregistré au Gabon en 85, avant la version Wailers, bref de beaux bonus…

- Un original de « Jerusalem » ? Dis nous en un peu plus…

Je revenais d’Israel pour un concert avec mes musiciens et j’ai eu l’inspiration aux studios Africa N°1 (qui appartenaient à Mme Bongo, au Cameroun). Il était bien équipé, le résultat ressemble à la version jamaïcaine, mais il y a un doigté différent, une sonorité plus africaine, c’est dur à expliquer : J’ai pris cette version pour leur faire écouter quand je suis allé en Jamaïque, pour que les Wailers fassent selon leur sensibilité en respectant le feeling de mes musiciens, l’ossature de ce que j’avais fait.

- Comment s’est passé l'enregistrement de cet album ?

C’est le frère Jimmy Cliff qui nous a ouvert les portes de Tuff Gong, yu know, et tous les morceaux ont été répété ce qui n’était pas l’habitude du groue, qui faisaient du « One Shot » . Cela remonte en 1984, j’avais une amie Hélène Lee qui a crée le contact, je le dis même si le courant ne passe plus avec nous... Même si tu n’aimes pas le lièvre, reconnais qui court vite ! J’espère qu’elle admet cela elle aussi, que c’est elle le point de départ. On est parti au Sunsplash, on a rencontré [Prince ] Jazzboe, qu’elle conaissait bien et qui ‘ma présenté Familyman. Ils connaissaient la plume d’Hélène, et les amis de mes amis sont mes amis, yu know… je voulais la signature Wailers, pour légaliser le reggae africain, la chanson « Cocody rock » avait été fait avant à Paris aux studios Felicité, ils l’ont joué, l’ont remonté avec moi, puis en 85-86, je suis retourné sans Hélène pour travailler « Jerusalem ». On s’est aussi retrouvé en Israël sur un Festival à Tel Aviv, Junior Murvin chantait alors, ce sont que de supers souvenirs…

[Parenthèse de Squally] - Mais tu te souviens de tout…

Je suis de cote d’ivoire, mémoire d’éléphant, yu know !
- Que retient tu de tous ces souvenirs ?

Je vais te surprendre, mais pour les mauvaises nouvelles comme les bonnes je dis Dieu merci, tout ce que dieu fait est bon, dans les épreuves que l‘on traverse on apprend toujours… Ce que je dirai à mes enfants…

- Combien en as-tu ?

J’ai neuf enfants, et j’en ai adopté deux !

- T’as l’équipe alors ?

Ouis et on va jouer contre l’O.M bientôt… [S'en suivra un long moment à parler ballon, mais, pour la petite histoire, la majorité de ses enfants... sont des filles !]. La vérité, c’est qu’ici-bas rien n’est facile. Il faut savoir tirer le positif du négatif pour avancer, la vie vous brise…



- Parle nous de ces mauvais pas…

Gram Bassam Rock est raté, trop rapide, je le voulais avec des cuivres, mais EMI voulait faire le dernier, et voulait faire vite : J’ai les boules quand le l’écoute… Mais ainsi soit il ?.

- Tu n’es pas le seul, Youssou ‘N Dour est revenu de Jamaïque il y a peu avec un album décevant…

Oui, il faut que je l’écoute, car tu n’es pas le premier à me le dire. C’est vraiment dommage.

- Quand as-tu senti que le reggae est devenu mondial ?


Quand chaque élément de chaque pays a pris sa langue pour chanter en reggae, cela a créé un apport culturel nouveau ! Y’ a eu en fait un concours de circonstance : Quand j’écrivais mes chansons à New York [au tout début de sa carrière], j’ai choisi de reprendre « War » et « I shot the Sheriff » en français, mais comme j’étais chanteur africain, le public pensait que c’était en Africain, la même langue que quand je chantais « Bori Samory » ! En même temps, Clive m’a poussé à écrire en Dioula et en Français, plutôt qu’en Anglais comme le font les jamaïcains, pour apporter un plus. Il me disait, si ils avaient eu la chance de parler une langue africaine, ils chanteraient ainsi. Quand tu analyses cette assertion, il n’a pas tort. Regarde la cote d’Ivoire, nous avons 60 ethnies, imagines chaque jeune chantant du reggae dans sa langue, ça fait du Monde. Et au Nigéria, y’a les Yorubas, Haoussa, les Peuls, en Guinée, au Mali, au Ghana. Et en Afrique du Sud… Dans cette idée de diversifier le reggae, j’ai donc choisi de chanter en langue africaine, je me suis dit je suis sur et certain que quelqu’un va le chanter en Lingala, swahili.. Dieu merci, ça a pris, y’a du reggae burkinabé, en Bambara au Mali, en fula en Guinée.. Mon rève de reggae mosaïque est une réalité. De toute façon, quand tu écoutes du reggae, c’est plein de styles différents [il cite burning Spear et Bob, U-Roy, I Jah Man, Steel Pulse].

- Y’a même un Italien qui chante tes chansons [Alborosie, NDLR] ?...


Y’en a même un italien qui a fait une reprise de Sebe allah yé en Techno ! Un algérien Youssef Didil a repris Brigadier sabari, Chéou chagari, ca déchire, avec un chorus de guitare mortel ! Une fille l’a aussi repris en grec !

Et le Reggae africain aujourd’hui ?

Aujourd’hui y’en a plein de bons, mais toujours pas de producteurs. Ceux qui jouent dans mon restaurant, le vieux Mogo (le vieil homme) sont un collectif de six artistes, comme par exemple un qui chante Slavery days en Ashanti. Tout est mixé par Timour, celà va sortir bientôt. Il y a beaucoup de talents en Afrique : Fadal Dey, Ismael Isaac, son dioula est parfait, Ahmed Faras, Serge Kassy (même si on lui reproche d’être trop allié à la galaxie de patriotiques de Cote d’Iivoire., mais on a pas de major africaine, ce sont les pirates qui sont de grosse sociétés ! Je ne parle pas de Tiken, je ne l’aime pas, pas à cause de sa musique, c’est sa gueule qui ne me revient pas ! … [Il chante Johnny Hallyday, nous on se rappelle de son titre « Mister grande gueule », qui chanta le soir même.]

« Jah Verity » était une sorte de retour inespéré d’un Alpha Blondy roots ?

Non, pour moi c’est une continuité avec les moyens nouveaux, et une liberté nouvelle. Mais c’est vrai, dans la vie y’a le facteur chance…

[Parenthèse du producteur] -
Pink Floyd et de la cornemuse, tu trouves cela roots toi ?...

Comment s’est venu ?


On était en studio, on travaillait « Wish you were here », j’ai dit à Michel [Jovanovitch, de Médiacom] je vois bien la ligne de claviers principale refaite au violon, au violoncelle, ou au tuba. Il m’a dit en rigolant, pourquoi pas à la cornemuse ! Mais son idée n’est pas si mal car on s’attend à tout mais pas ça… Et comme je suis toujours en quête de sons nouveaux [après la darbouka, la flûte péruvienne], un frère celte breton hyper talentueux m’a donné rendez vous le lendemain matin. Je suis arrivé deux heures en retard, à l’heure africaine, pour l’entendre enregister au studio, mais il avait déjà fini son solo ! Une seule prise. Rien à redire. Quand tu vois le dvd au zenih, c’est lui, il vient avec sa tête de professeur de chimie, tu ne le soupconne pas de faire cela, il a une aisance enfantine, il m’a « blow », tu know...

- Ton prochain album ?

Si je te dévierge la vierge, elle ser aune pétasse ! mais Je ne retournerai pas en Jamaïque aujourd’hui pour l’enregistrer, en France y’a de bons studios, de bons musiciens, je peux inviter des Jamaïcains, pour venir faire une ligne de basse par exemple. Malheureusement, pour le prochain album, Tyrone n’est pas dispo, en tournée avec Youssou ‘n Dour. On est en période laboratoire, on habille le fétiche, on garde le mystère…

- A quand la retraite ?

Après 30 ans de chomage, tu as enfin un boulot, tu ne vas pas prendre des vacances… C’est mon cas, tu sais, la peur de la précarité, et aussi tu ne sens pas la vie passer. A Abidjan tu sais, j’ai le Café de Versailles, le plus grand maquis du monde, et je suis modeste. Tu sais ce que c’est ? Ce sont des restaurants en plein air, celui là très moderne. Tout le monde y va, Ivoiriens, Libanais, Français ...

[Parenthèse du producteur] - Un Boudha Bar africain à Abidjan !

Non, c’est diffférent, y’a une salle de spectacle, une terrasse de 800 personnes, une boîte de nuit, un écran géant pour voir les Elephants [l’équipe de foot de Cote d’Ivoire] perdre ! Tu sais à propos, y’a deux équipes ou il faut un cardiologue à coté, pour pouvoir voir tous leurs matchs. Les Eléphants, et les Français ! On a construit ce café pendant que la guerre éclatait car on ne savait pas ou aller. Et je suis aussi quelqu’un de très casanier… Mais j’y invite tous les amis… [S’en suit une discussion sur certains proches de nous deux comme Tom, ou le journaliste Bertrand Lavaine] … Tous ces visages inconnus qui dans l’ombre ont contribué à la carrière d’Alpha. Vous savez, les vrais rois sont ceux qui sont dans l’humilité, comme vous… [Merci à toi ...]