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MIX RAY SOUND ! Fresh 2019...

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mardi 8 novembre 2011

Work in Progress...

Ainsi donc, on est arrivé hier soir tranquillement aux 10 000 vues, signant par là même (je l'avais averti) la fin de ce blog dans le paysage culturel Reggae marseillais (?) .Sniff... En chantier depuis 2008, il n'avait pourtant reçu que des bonnes critiques (sauf indirectement celle de Natty dread...), a surmonté pas mal de problèmes techniques et a essayé de n'oublier aucun acteur, mais toujours de privilégier... les meilleurs !
Rassurons d'abord les quelques-uns parmi ces 10 000 lecteurs ayant parcouru avec attention ses pages virtuelles : Elles resteront visibles encore longtemps, je l'espère, et pourront être lus par 10 000 autres, qui sait. Débuté dans la fin de l'année 2008, ce blog contient donc des archives qui pourront vous intéresser, quelques critiques de disques reggae parus dans des feuilles de chous locales et signés X-Ray, et quelques bios savament préparés... On trouvera aussi actualisé une sélection des meilleures vidéos Reggae trouvées sur le site you tube et ailleurs sur le net

Il y a aussi l'agenda Reggae marseillais que j'essaierai de maintenir, PROMIS (!) au gré des infos que je reçois : A ce sujet, on m'a souvent désavoué quand j'omettais une date, mais on ne m'a jamais remercié d'en avoir mis une sans que je n'ai pourtant reçu d'info de la part du groupe ou de l'organisateur. Disons que celà fait partie du jeu, mais celà peut lasser, et est tellement commun dans le milieu musical (pas que Reggae) que je préfère me taire.
Non, si le blog s'arrête, c'est surtout du à de grosses contraintes pour rendre ces pages vivantes et sonores... Les sites gratuits Deezer, Wormee et autres ont peu à peu freiné le téléchargement de musiques sur des sites blogs (pour protéger les artistes) et ont rendu plus difficile pour moi de mettre à votre disposition régulièrement du (bon) son. Une Web radio attaché au blog serait la seule solution, nécessite du travail mais pourrait être opérationelle bientôt... En ce moment une très longue sélection de plus de trois heures de titres roots avec le titre Africa est disponible (vous pouvez également la télécharger, si à la lecture, celà se bloque !...).
La Playlist est à votre disposition bien sur, et si vous voulez connaître un titre, précisez dans votre mail le minutage et je vous dirai qui c'est ! 
Le temps passé à rédiger chaque article n'étant pas utilisé pour autre chose, il est peut-être temps pour moi de lacher un peu le clavier, les réseaux sociaux et autres websites, et de passer à autre chose... en restant fidèle à moi même et en suivant la même direction, ne vous inquiétez pas ! Un blog n'est pas un livre car un blog s'ecrit au présent, un livre (surtout sur la musique Reggae) fait référence au passé, peut devenir une référence dans l'avenir, mais ne se conjugue pas de la même façon !
Enfin, la valeur de certains artistes ne fait plus briller mes oreilles depuis longtemps, et le Reggae a connu son age d'or il y a bien longtemps. Difficile de trouver des news intéressantes, de belles affiches, et les derniers cd que je reçois ne sont pas encore décellophanés, je l'avoue... Ne soyons pas pessimistes, il y a le dernier Midnite, la venue du King Jammy à Marseille, et même un titre Reggae Paris for Africa pour aider la Somalie (non, je rigole ! Mais celà existe en fait...). Mais les Racines, la Jamaique, les Rastas, le mystique, la motivation autre que financière et le business artisanal des labels Reggae font désormais partie de l'Histoire, mais plus de l'actualité...
Pour ne pas regretter les ordonnances musicales du Docteur, je laisse donc ces quelques pages ouvertes à tous, et vous fait passer mes mixes et émission s Murder riddim Stylet sur les ondes radiophoniques de Radio Grenouille, sans oublier les quelques soirées que j'anime et où je compte bien vous retrouver... un jour !

samedi 4 juin 2011

Rebels ou Gentlemens

REBELS OU GENTLEMEN ?

Doucement mais surement, la vague Reggae s’est retirée dans l’Underground, coulant des jours incertains sans trop s’en faire (à la Jamaïcaine, quoi !), avec en son fond des projets ambitieux et des oubliés qui n’ont pu saisir leur chance… Sur le sable Jamaïcain, trainent toujours la trace de ces messagers excentriques, trop intégristes pour embrasser la portée universelle du Reggae : Vybez Kartel le Don s’explique (?) sur un site français, Buju Banton est en taule aux Etats-Unis, Risto Benji s’est éteint en Jamaïque (mais le DJ n’était pas un enfant de choeur) et même l’Anglais Chukki Starr a été annulé à la dernière minute (Sound-system prévu à Aubagne) car on a trouvé chez lui à Londres tout un arsenal… On avait aussi eu droit à une drôle de boulette à l’Anglaise quand ils avaient supprimé Smiley Culture, qui tentait de fuir son domicile ou était entreposé armes et drogues diverses. Tout cela ne respire pas le Flower Power, et l’on arrive même à s’en désintéresser… Même si ce n’est pas votre came, le Africa Calling de Tiwony vous réconciliera peut-être avec le coté militant du Reggae, mais les visages pales n’ont pas l’air vraiment attendus dans leur Eglise !...

De l’autre coté de cette plage musicale très affutée, certains artistes européens se sont ancrés dans le PAF Reggae, qu’ils soient jamaïcains ou blancs, voire les deux ! Alborosie en Maître pose sur chaque style aussi facilement que les insulaires, et pourtant il est Italien. Alpheus et Gappy Ranks en Angleterre sortent des morceaux sur des rythmiques bien plus soignées que ce qui se fait là-bas. L’antillais Taïro, Patrice et Gentleman sont à l’affiche dans le Var pour la soirée Reggae de leurs « Couleurs Urbaines », ils n’ont donc retenu aucun authentique Jamaïcain cette année…

En Mai dernier c’était Alborosie, Alpha Blondy et ce même Gentleman qui se retrouvaient en Live à Paris. Ce dernier sort aujourd’hui un double album Live et un DVD enregistré au Summerjam (le plus gros festival européen de Reggae, installé à Cologne en Allemagne) pour son 25ème anniversaire. Il fallait donc aller voir de plus prêt cet ersatz de Reggae Germanique, qui sonne franchement aussi bien si ce n’est mieux que les dernières sorties de « Yard », et qui nous vient pourtant d’un pays pas à proprement parler concerné par le Reggae !



Alors première question, est-il besoin de toujours aller en Jamaïque pour y enregistrer ?

- Les albums naissent aujourd’hui de différents endroits, New York, London, Berlin, cela n’influe pas sur la manière de les faire, mais quand tu vas en Jamaïque, et spécialement à Kingston tu as des solides vibrations créatives, il y a tant d’artistes, de producteurs, je suis connecté à la source…J’ai de nombreux amis, avec qui je travaille. Je travaille aussi sur la route, avec mon groupe, on a plus besoin de gros studios tu sais, les choses changent… Mais j’ai besoin d’un retour aux choses analogiques. Pour l’âme d’une chanson, c’est mieux d’avoir un groupe, de le développer ensemble. Le Reggae est versatile, le son du Dancehall est bien aussi. C’est maintenant une super opportunité pour les jeunes de pouvoir enregistrer leurs riddims soi-même facilement, ils font une musique vraiment formidable, comme par exemple Steve Mc Gregor. C’est même difficile de reconnaître au final ce qui est digital... C’est partie intégrante de cette Musique, mais pour le Roots il faut revenir à l’analogique…

Et chanter en allemand, ca ne te vient pas ?

- J’écris en Anglais, c’est plus facile, même si ma langue maternelle est l’Allemand. La façon dont je suis entré dans cette musique s’est fait par le Patois, je suis allé en Jamaïque, je suis tombé amoureux du Reggae, et j’y passe beaucoup de temps, à parler Anglais. En plus, cela suit aussi l’objectif de toucher tout le monde au niveau international : Si je chantais en Allemand, seul mon peuple et peut-être les Suisses et le Autrichiens me comprendraient ! Si le monde entier parlait Espagnol, je chanterai en Espagnol, mais là nous parlons Anglais, non ? La plupart des discussions faites autour du Reggae sont en Anglais, donc quand j’écris, ma première inspiration est l’Anglais… Cette langue allemande est riche, mais en plus je n’aime pas trop le son, même si des groupes comme Seeed l’utilisent bien. Pour moi, cela me ferait redémarrer à Zéro si je voulais créer quelque chose en Allemand !

Qu’est ce qui a installé le son Jamaïcain en Allemagne, des artistes, des soirées, des radios ?.

- Je ne sais pas trop comment cela est arrivé, et si cela est arrivé d'ailleurs, car moi, quand j’écoute la radio, il passe pas de Luciano, ce genre de choses, ils passent du Lady Gaga ! J’espère toujours voir le reggae dans une ligne « mainstream » pas au sens négatif, mais plutôt dans l’idée de diversifier le Top 10 en Radio et Télé. En France il y a je pense beaucoup de stations où tu peux passer pas seulement ce que le Boss veut que tu passes ! En Angleterre, il y a eu le réseau Pirate, très important pour le coté Culturel et anti-commercial de la Musique. En Allemagne, ils ont raté cette chose-là, il y a beaucoup de sound et de producteurs, beaucoup d’artistes qui font cette musique mais il y a un manque certain du coté des médias…

Peut-être ont-ils été plus ouverts au Dancehall ?

- Non, je pense d’ailleurs que le phénomène est mondial, pareil partout ailleurs. Je suis un grand voyageur, le Dancehall n’est pas plus populaire, bien sur il y en a plus dans les Charts et en Radio que du Roots, et c'est vrai en Jamaïque bien sur, mais on est allé en Amérique du Sud, en Californie, on écoute du Roots, Burning Spear, Anthony B, pas du Vybez Kartel. Et en Afrique c’est pareil, le Dancehall est moins culturellement développé…

« Si t’es pas Jamaïcain, tu n’es pas Rastafari », alors d’où peut venir ton inspiration ?...

- L’Inspiration est là, tu dois juste t’ouvrir à cela… Elle se révèle à toi, si tu n’a pas peur de te faire mal…Voyager, parler avec les gens, écouter des musiques différente, c’est cela mon inspiration… La Nature elle-même est Inspiration, lire un livre, regarder les News peuvent être mon inspiration. Mais il y a un moment de créativité qu’il faut sentir, qu’il faut connaître. La créativité elle n’est pas permanente. Ce n’est pas toujours que l’on crée, il faut prendre ce moment comme un cadeau, et ne pas remettre à demain ce moment de créativité. Je me sens aussi responsable quant aux contenus de mes textes, même si pas tous les textes ont besoin d’une certaine profondeur et philosophie, car tu peux faire une belle chanson d’amour, et c’est tout ! La Musique au départ est un divertissement, mais si tu vas plus loin, tu es devant quelque chose de spécial, tu peux avoir un super texte, mais sans une bonne mélodie et un bon groove, on n’écoutera pas ! Par contre, si c’est le cas, les gens s’identifieront à ta chanson, et là c’est encore plus puissant… Tu as une pensée en toi, tu es seul, et puis tu entends une chanson qui exprime ce que tu ressens, et alors tu te sens réconforté, c’est cela pour moi le vrai Pouvoir de la Musique !... Quand j’écoute du Reggae Roots, cela me donne l’énergie !

Gentleman était à Paris sur la même affiche qu'Alpha Blondy et Alborosie, Albo a dit sur scène que tu étais son "Frère', quel est ta réponse?

- Bien sur qu’on est frère, et Alpha est son père ! Je le connais depuis très longtemps, on s’est rencontré en Jamaïque, il était producteur et chantait de temps en temps, je lui ai alors dit qu’il devait utiliser plus sa voix, qu’il avait ce talent, il chantait alors en Lead « Jamaica » qui disait que la Jamaïque te manque dès que tu t’en vas, c’était pour moi un Hit ! Je suis fier de voir que cela a marché, c’est un amoureux du Reggae tu sais, il a dans le sang, il joue de tous les instruments, il produit tout lui-même, c’est un fanatique, un vrai, je suis très heureux de son succès dans le monde entier, il le mérite ! Alpha a fait beaucoup pour le Reggae, et quand je te parlé de la portée du Reggae qui est plus qu’un simple divertissement, c’est ce que défend cet artiste. Quand tu vois l’expression dans les yeux des gens à ces concert, c’est très puissant, c’est vraiment un messager pour ces gens…

Une chanson vous lie tous les trois, car vous la chantez, c’est Jérusalem, vous auriez pu la chanter ensemble, non ?

- On l’a chanté ensemble pour moi, on était sur scène, on a utilisé le même micro probablement. On fait tous les trois la même musique, pas la peine de se retrouver à la chanter ensemble.

Le chanteur de Groundation tourne actuellement avec un hommage à Bob Marley, est-ce qu’il est prévu quelque chose de spécial ?

- Je loue Bob chaque jour, chaque fois que je joue du reggae. Il est la raison même pour laquelle je fais cette musique ! Et pour laquelle je parle musique avec vous aujourd’hui. C’est le Prophète ! Sa musique influence la mienne, c’est un hommage de chaque jour , pas besoin d’anniversaire pour les 20 ans ou les 30 ans, je le fais chaque jour !

C’est donc grâce à Bob que tu sors aujourd’hui un double cd live, un Best of en quelque sorte ! !

- Yes, ce Live est la combinaison de mes trois derniers disques. Mais le public sait que les versions live de nos morceaux sont différentes qu’en studio, différents arrangements et différente énergie, c’est vrai qu’un live peut avoir la mauvaise réputation de ne reprendre qu’un album, mais là c’est vraiment différent. Il y avait en plus une grosse demande, notre dernier Live était de 2003 !...

Alors pour finir, cite nous ton meilleur album Live de tous les temps ?

- Il y en a tellement, par exemple le Live d’Ayo ( !), Sizzla à Brixton avec le Firehouse Crew, Le Bob à Zimbabwe, le Peter Tosh à Los Angeles, le Barrington Levy à San Fransisco, on va en parler jusqu’à demain !

lundi 16 mai 2011

Voilà l'été

C'est vrai, j'étais plutôt paresseux ces temps-ci, et à vrai dire plus occupé à ratisser mon jardin que les bacs des disquaires, ou à arroser mes plantes plutôt que d'arroser de news mon blog reggae marseillais...

Avec le Reggae, on le prend cool, mais cette musique étant toujours assez mal comprise et perçue, je me réveille aujourd'hui, après m'avoir assomé de Bob MArley toute la semaine...

Des festivals comme chaque année, qui vont faire place poncuellement à des artistes Reggae, ou des Festoches Reggae à 100 %, vous avez le choix suivant les envies, les budgets et les déplacements... commençons par les premiers avec :

- Le mas des escaravatiers (un endroit paradisiaque perdu dans le Var) où l'on a droit chaque année à du bon son (on se rappelle les Congoes il y a deux ans) propose Alborosie (Jeudi 23 Juin), Israel VIbration (le 21 Juillet) et Lion Roots et Jah Observer en Sound System le 12 Aout.

- La nuit Reggae du Festival "les voix du Gaou" fait place à Jimmy Cliff, accompagné de Dub Inc' pour les jeunes, et John Holt pour les plus agés ! Venez en famille...

- Le Festival de Nîmes ne programme jamais de Reggae, mais nous propose le plus beau plateau de l'été : Carlos Santana, Keziah Jones, et Asa le même soir (Lundi 18 juillet)

- Vendredi 22 Juillet, le Festival de Jazz des Cinq Continents acceuille Monty Alexander, c'est toujours pas du Reggae, mais c'est un Jamaïcain...

- Le Garance Festival, c'est cette année 40 artistes de Reggae, pour 4 soirées de fête : BURNING SPEAR ★ JIMMY CLIFF ★ MIDNITE ★ THIRD WORLD ★ TIKEN JAH FAKOLY ★ DANAKIL ★ JUNIOR REID & SLY + ROBBIE ★ THE ABYSSINIANS ★ KEN BOOTHE ★ TONY REBEL ★ QUEEN IFRICA ★ JUNIOR KELLY ★ LUTAN FYAH ★PRESSURE ★PROTOJE ★ JOHNNY CLARKE ★ HORACE ANDY ★ CLINTON FEARON ★ TWINKLE BROTHERS ★ KING STITT ★ PRINCE JAZZBO ★ DILLINGER ★ WILLI WILLIAMS ★ DAWN PENN ★ WINSTON FRANCIS ★ LONE RANGER ★ ALPHEUS ★ JIM BROWN ★ CARLTON LIVINGSTON ★ SOUL STEREO ★ JAH SHAKA ★ KING JAMMY'S ★ IRATION STEPPAS ★ MAKI BANTON ★ YT ★ CARL MEEKS ★ SANDEENO ★ JAHTARI ★ HUGHIE IZACHAAR ★ OBF ★ BLACKBOARD JUNGLE ★GUSSIE P & PRINCE LIVIJAH & MORE…

- Le Reggae Sun Ska nous délivre sa programmation, en mêm temps qu'un nouveau lieu, du 05 au 08 Aout prochain : Ky-Mani Marley Reggae – Jamaïque / Stephen Marley
Reggae – Jamaïque / Toots & The Maytals Reggae – Jamaïque / Patrice Reggae – Allemagne / LKJ Reggae / Dub – UK / Admiral T Dancehall – Guadeloupe / The Heptones Reggae – Jamaïque / Winston McAnuff & The Bazbaz Orchestra Reggae – Jamaïque – France / Luciano & Irie Vibration Band Reggae – Jamaïque / Dub Inc. Reggae – France /
Harrison « PROFESSOR » Stafford Reggae – USA – Jamaïque / Danakil Reggae – France /
Richie Spice Reggae / Dancehall – Jamaïque / Andrew Tosh Reggae – Jamaïque / Perfect Dancehall – Jamaïque / Burro Banton Dancehall – Jamaïque / Romain Virgo Reggae – Jamaïque / Gappy Ranks Reggae / Dancehall – UK / Takana Zion Reggae – Guinée / Broussaï Reggae – France / Sentinel Sound System Reggae – Dancehall – Allemagne / Pow Pow Movement Reggae – Dancehall – Allemagne / Channel One Sound System
Reggae – UK / Irie Ites feat. Trinity Reggae – France – Jamaïque / Jahcoozy
Electro Dubstep – Allemagne / Mista Savona feat. Vida Sunshyne Reggae – Australie /
Katchafire Reggae – Nouvelle Zélande / Art Melody Hip Hop – Burkina Faso Prince Fatty feat. Hollie Cook Reggae – UK / Ladi6 Reggae/ Soul – Nouvelle Zélande

samedi 2 avril 2011

MISSION 2011, OBJECTIF BABEL !:

La mission : Retrouver la trace du Reggae dans les musiques du monde. Objectif, la planète Babel Med, où un salon professionnel s’établit chaque année pour y présenter ses artistes en demande de concerts, et ses festivals en demande d’artistes. Localiser la Jamaïque dans ce dédale de stands est un parcours plutôt chaotique : Un retour en arrière nous prévient que les autres éditions du Babel Med n’exposaient guère plus les couleurs rasta - à l’exception de Baster de la Réunion et de repousses actuelles fleuretant avec le genre comme les locaux du Massilia, ou Rupa, Terrakota, et autres Novalima. Prenons garde et ouvrons l’œil ! Sa programmation est inversement proportionnelle à sa renommée internationale mais, plus grave, l’espèce originelle serait en voie d’extinction là-bas alors que des clones se reproduisent aux quatre coins du globe : On peine à trouver du renouveau sur l’île de la Jamaïque, alors que partout ailleurs, au travers de leur Histoire, chaque peuple a su donner un nouveau sens musical à leur message par le vecteur du Reggae… Aucun natif de l’île n’est donc visible ici, quelques spécimens déjà vus sur le terrain ont même disparu depuis, comme Makasound qui présentait « Inna de yard » l’an dernier, et qui a enterré son label il y a quelques semaines… Cette année, seul Music Action (regroupé avec Soulbeat Records) affiche clairement sa position, posters reggae et concert des Wailers annoncé derrière leur stand, mais peine à trouver un bilan positif de l’évènement, le Reggae traversant comme les autres le même nuage de crise! Alors quand on lui apprend qu’il y a quinze évènements reggae à Marseille le mois prochain, il sait que certains vont en pâtir… Alors pourquoi ce malaise ? Pourquoi cette mauvaise mise en valeur ? Le Reggae se décline en « une » des musiques du monde comme la Salsa ou le Kuduro pour tous ceux qui n’y voient que l’apanage nattes-ganja-trois couleurs rasta, mais il est classifié dans les musiques dites actuelles proche du Hip-hop pour tous les défenseurs de l’authenticité des musiques World… Pas assez typique car trop universel, c’est la rançon de son succès ! Les pays à l’Est de notre territoire ont digéré depuis bien longtemps les musiques à la sauce Reggae, et proposent souvent un échange et une mixité musicale dans leurs festivités world, pas nous. Il a fallu attendre ici l’explosion du Reggae français, une onde de choc qui a réveillé labels, producteurs et tourneurs. Revenu de cette vague éphémère, le Reggae Africain est le seul qui s’accroche au bateau en digne garant des musiques typiques noires, seul Takana Zion est donc « vendu » comme un pur produit reggae world sur le stand de son tourneur. Dire que les Jamaïcains ne comprenaient pas au départ pourquoi sur une affiche ils étaient écrit en plus petit que nos pousses locales (On se rappelle de Ras Michaël et Pierpoljack !...), Aujourd’hui, ils ne comprennent pas non plus comment ils n’ont pas profité de ce tsunami reggae en France. Dans cette exploration, on y découvrira donc d’authentiques passeurs (de Nouvelle Calédonie à Liverpool) mais on se rendra vite compte que quand on est indépendant et auto-labellisé, on n’a pas le même poids et on ne peut pas exiger les mêmes tarifs (les cachets d’artistes augmentant avec la baisse de leurs revenus sur le disque, beaucoup de Jamaïcains sont trop gourmands quand ils s’approchent de nous !). Si infime puisse en être les débouchés, le stand de la Guinée ou de la Somalie a certes eu le mérite de s’exposer à coté du Flamenco et des musiques plus nobles, plus « classe », avec à chaque fois des artistes de valeur. Mais lorsque l’on enquête sur les perles rares en Reggae, on a la mauvaise surprise de voir certains représentants nous dire qu’ils en ont pas (ou alors « un titre sur une compil », alors que rentré à la base, on en découvrira plusieurs…), et d’autres bien avares de renseignements (ou de cd) sur leurs progénitures (ont-ils écouté ce qu’ils vendent ?). Une sélection musicale vous permettra donc ici d’apprécier tous ceux qui trente ans après la mort de Marley, ont répandu son message dans le monde entier, et dont on a trouvé la trace sur ce salon, une empreinte que leurs représentants (tourneurs, producteurs) n’ont en majorité pas l’air de vouloir suivre ! Pour ne pas rentrer bredouilles, on a quand même du passer l’épreuve des cocktails apéros et accéder aux docks pour les trois soirs de concerts. Encore plus flagrant que les autres années, on se rend compte qu’un public se fédère autour des musiques du monde, et reçoit de manière positive des images musicales du Portugal, de l’Australie, de la Turquie, comme si ils avaient voyagé eux aussi… Coup de cœur pour le duo Juju, coup de fouet avec Fedayi Pacha, coup de blues avec la réunion d’artistes de Mayotte, coup de coude avec le final explosif des Watcha Clan, on a vécu encore de grands moments à ce Festival, immanquable même si il n’y a toujours pas la « Reggae vibes ». Résigné, On espère encore l’an prochain…

TOP TWELVE :


Banlieuz’Art : « Police », (auto-production Guinée) : Composez le 911 pour avoir le standard de Babylone ! Les vibes acoustiques de ces deux jeunes pousses guinéennes donnent à penser que l’avenir du Reggae se déroule en Afrique. Le rap s’est d’abord installé, mais son style urbain semble ne pas convenir à la souplesse de ce continent, alors que le Reggae a une place plus naturelle là-bas. A noter l’emploi d’un vocoder pour traduire la modernité de leur talent aux cotés d’instruments plus roots. Un vrai bonheur de démo pour ces « enfants du bled », à suivre…


Bomboro Kosso : « Natale », (trouvé sur le stand Rhone alpes, label Yes) : La relève de Tiken Jah et d’Alpha ! Empreint de beaucoup d’originalité, la musique de Kosso secoue, les arrangements de Bomboro sont intelligents, l’album « Gorée mon amour » nous emporte un peu partout en Afrique de l’Ouest, les textes sont traduits dans le livret, et pour couronner le tout, le seul guest de l’album est le groupe le plus influent de Jamaïque, les Mystic Revelation of Rastafari ! Un super album très bien produit, à l’égal de ses pairs…


Blue King Brown : « Never fade away » (groupe australien, pas d’album ni de stand, concert le Vendredi) : L’ovni du bout du monde ! Rien n’a filtré sur ce groupe jusqu’au concert, sauf une possible intervention de Roobie Shakespeare et Sly Dunbar pour l’enregistrement d’un de leurs titres ! Sur scène, c’est le fourre tout musical, un gros mix avec plein d’énergie : Beaucoup n’ont pas compris l’intérêt, il y a pourtant plein de bonnes idées, avec une délicieuse chanteuse qui peut faire penser à Nnekka, un percussionniste qui manie les timbales à toutes les sauces, et un groupe hyper soudé. La présentation des deux choristes (qui entonne No, no, no et Turn your lights down low) et les parties Dubs confirment leur inspiration jamaïcaine…


Anslom : « Dhem Dance » (cd sampler Mangrove, viennent de Papouasie nouvelle Guinée) : La vague du Pacifique. Le stand de Nouvelle Calédonie nous a présenté Naio (avec une vidéo live qui passe en boucle très intéressante) dont on reparlera surement, tant son Reggae est authentique… Il est vrai que le climat, les herbes locales, et le rythme de vie dans les atolls du Pacifique poussent naturellement à se bouger au son du Reggae, c’est peut-être l’éloignement qui a fait qu’aucun artiste n’a été encore découvert. Mais encore plus surprenant est leur son ULTRA moderne, avec par exemple ce titre qui pourrait faire fureur sur les plages de la Cote d’azur…Un big hit, même si c’est de loin le titre le moins roots de la compil…


JFK : « Let It Be » (groupe de Liverpool, album de 2006 trouvé sur le stand de son tourneur français) : Ainsi soit-il ! On a reproché à pas mal de groupes français de ne pas chanté dans leur langue, et de voir trahir leurs origines dans un accent anglais assez maladroit : Les marseillais des Messengers avaientt trouvé la parade, en engageant un chanteur Anglais, ce qui donne tout de suite beaucoup plus de valeur à leurs enregistrements. Pareil ici, avec ce band dont le leader chanteur vient de Liverpool… Du coup, une telle reprise se tient bien plus, l’album s’écoute, et l’on notera même la participation de Eldé, qui avait en son temps ouvert la voie à tous les artistes français qui se voulaient Reggae…


Toubab All Stars : « La plus belle » (from Paris, une production taxi-brousse) : Le ton bien de chez nous ! Quand on est français, on n’est pas forcément obligé de s’habiller vert jaune rouge et de se laisse pousser les locks pour faire du Reggae. Au contraire, il faut s’étendre à d’autres styles, ne pas se prendre la tête, et être imaginatif. Toubab All-stars l’ont compris et s’éclate bien, et leur label va plus loin, reprenant l’idée jamaïcaine du sound system ambulant pour le décliner lors de chaudes soirées groove à Paname… Peut-être la plus évidente preuve d’originalité nationale sur le salon, et avec des sons funky, cumbias ou africains, ils défendent leur place ici !


Takana Zion : « Love Fire » (de son second album Rasta Governement). La grogne rebelle des Noirs ! On redevient sérieux, intransigeant, et on s’écoute le seul album qui sur le salon n’est pas une découverte, le talent de cet artiste est reconnu et bien installé dans l’esprit des gens depuis son premier opus. Moins original mais plus efficace… Un antagonisme s’explique par des arrangements coordonnés (les chœurs masculins donnent de la virilité et son chant est « posé » comme à yard). On attend seulement de le voir déployer ses ailes sur Massilia, ce qui semble pas le cas cette année encore…


Djama Keita : « Criminel » (Martinique, mp3 récupéré sur le stand Afro-Caraïbes) La perle rare Pour trouver ce genre de sons, il faut être patient, avoir le regard affuté et l’oreille tendue. Petite production 100% efficace, ce genre d’artistes ne fait pas du bélé ou du gros Kwa, et donc ne peut s’afficher comme musique typique des Antilles. Mais son Dancehall n’est pas non plus yankee ou yardie, il a une spécificité et une couleur locale intéressante, peut-être un peu trop rebelle et sans concession (et surtout sans moyens !). Fait partie de cette légion d’artistes de ces départements français qui n’ont jamais fait le Babel… C’est pourtant ceux qui font l’actualité sur les sites spécialisés reggae, non ?


Degg Force 3 : « Coup de gong » (autoproduction Guinée) L’humeur rap s’assagit au son du Reggae… Encore une petite production africaine, largement inspiré du courant Rap et des rythmes digitaux. Mais quand ce genre de morceaux est réalisé en Afrique, il prend des couleurs, une chaleur, et un ton qui du coup devient plus humain que chez nos confrères ricains ou Français. Ils défendent cette touche musicale qui doit pour eux être le seul espoir pour sortir de leur quasi-anonymat. En attendant, ils multiplient les scènes à Conakry et en Afrique, et commence à récolter localement les fruits de leur travail…


Naby : « Dem naa » (Senegal, découverte RFI 2009, trouvé parmi le vaste catalogue du tourneur V.O music) Servi sur un plateau ! Entendons par là que ce label a le nez et l’exposition nécessaire pour faire briller « ses » artistes : Avec Monty Alexander, mais aussi des stars comme Kidjo, Bona, les Mahotella Queens ou Cheikh Lo, ils ont dû avoir du travail pendant ces trois jours ! L’année dernière, ils présentaient Vieux Farka Touré et surtout Yemen blues, la gros buzz de Babel Med en 2010…Mais ce Naby mérite aussi sa place, même si cette forêt de talents doit un peu lui faire de l’ombre… Considéré comme un talent émergent des musiques actuelles africaines (tiens donc, on ne parle pas de Reggae sur la plaquette…), son dernier opus « Dem Naa » a reçu le soutien de nombreux sponsors et est sorti sur le label Iris, distribué par Sony : Ca aide !


Fedayi Pacha – Pyramids (the sun), (concert le Vendredi, DJ set soutenu par Yes Music) : A l’Est du nouveau ! On avait osé depuis quelques années mettre dans la programmation du Babel Med des DJ, car ce sont eux les vecteurs principaux des rythmes du monde, ce Global Beat qui a permis à la World music de ne pas être qu’une musique ancestrale, ethnique, et écouté dans les magasins d’antiquité... En boîte de nuit aussi, on peut se divertir avec les sons des quatre coins du monde, on a eu cette année Shantel (très bon) et le Pacha (excellent), après le passage l’an dernier de El Hijo de la Cumbia ! Ces artistes sortent aussi des cd pour rentabiliser leurs performances live, à l’opposé des artistes musiciens qui auraient tendance à faire le contraire…


Watcha Clan – Tangos del Cachito (label Piranha, groupe marseillais, concert le samedi) Le bouquet final ! Même si je suis mal placé pour parler ouvertement de leur succès et de la liesse qu’ils ont provoquée au Babel, les 400 personnes entassés à l’extérieur et qui n’ont pu voir leur prestation scénique apportent la preuve d’une certaine consécration, avec un album percutant et produit de bout en bout … par eux-mêmes ! Un clin d’œil à la Soul et au peuple hispanique dans ce morceau qui comme tout l’album, n’a rien de Jamaïcain, mais conserve un petit je ne sais quoi de Reggae. C’est ce dosage minutieux qui les porte aujourd’hui, après leur avoir donné pendant longtemps cette fausse image galvaudée de groupe Reggae festif et marseillais… Ceux qui les connaissent savent bien qu’il n’en est rien, les rivages balkaniques et méditerranéens se sont télescopés ce soir là pour s’unir : « Out of many, one People »…


Chronique du pilote Docteur x-ray, lors de son récent voyage aux docks des suds pour le babel Med du 24 au 26 mars dernier... Merci à tous !


mardi 22 février 2011

Un super singe...


« Totalement imprévisible… ». C’est de cette manière dont Mad Professor nous parlait de son mentor, Lee Scratch Perry depuis l’incendie volontaire de son studio et son évasion musicale dans les montagnes suisses… Ils s’étaient rencontrés pour de nombreux projets, dont le premier Mystical Warrior aura été sans doute le plus constructif de tous. De ses expériences américaines baclées à la panique récente de ses White belly Rats, Lee Perry a frappé à la porte de nombreux briscards du métier, qui ont gardé avec lui des liens solides, difficile quand on en face de soi the Upsetter en personne : Adrian Sherwood a d’ailleurs retrouvé un jour chez lui sa télé enterrée dans le jardin, mais sans rancœur a continué de le produire, avec encore cette année "The mighty Upsetter", un album qui rappelle la pureté des lignes sonores de "Time boom X de Devil Dead"…

Compassion, soutien sans failles, ou respect aveugle, on a surtout dit que le génie était un savant fou et embobineur, et que ces frasques allaient de plus en plus de pair avec le nombre de verres d’alcool fort qui accompagnait sa consommation effrenée de ganja. Lee Perry s’était fait lui aussi spolié dans le passé, ce qui explique d’ailleurs la destruction de son studio avant son départ, par « sécurité » et pour ne rien laisser derrière lui. Sa folie était sans doute le voile qui lui permettait qu’on lui foute la paix, et le bouclier pour dégager tous les escros du métier ! Ce qui n'a pas empéché depuis de nombreux labels de sortir des albums de Scratch sans son autorisation, jusqu'au dernier en date (de 2010) "Mad Alien Dub" : On y retrouve des improvisations très surfaites, à coté d'anciens morceaux du Black Ark (non crédités) et de quelques petites merveilles (un magnifique "World Peace" ou "Jah Power" sur un riddim Revolution que 'on dirait issu du catalogue Ariwa...). L’ingénieur s’est retrouvé producteur puis aujourd’hui chanteur, quelque peu esseulé hors du vivier vocaliste des talents du ghetto jamaïcain. Il est devenu l’ombre de lui-même selon les spécialistes, mais reste une icône déjantée et vénérée pour tous ses nouveaux fans. Tellement habitué à des gigs ratés, des interventions anectotiques, et des longs disours en patois chevrotant qui n’atteignent pas les oreilles européennes, on avait tout de même un peu tiré vite un trait sur cette lignée royale du Dub, et enterré un des derniers témoins et principal instigateur de l’ascension du Prophète Marley et du mouvement Reggae en général…
L’actualité de ce vieillard de 74 ans est d’avoir fait rosir sa barbe, jammé avec George Clinton et Keith Richards sur un album, réalisé un clip très chaud plein de « pum pum », s’être entouré de muses comme Samia Farrah, et surtout d’une comptable-manageuse-femme d’affaire à l’expérience aussi affutée que n’était sulfureux ses anciens ébats dans le cinéma X et les maisons de passe…. Improbable et toujours en survie, le couple s’est séparé plusieurs fois, et elle regrettait souvent qu’il ne se laisse aller en coulisses à taquiner du goulot, avant d’emballer la gente féminine présente à ce moment-là : A Lyon il y a une dizaine d'années, il embarqua même avec lui deux poufs qui lui ont fait croire qu’elle étaient choristes. Pas de problème, le lendemain, il les exhibait sur scène, à Marseille, dans une tenue des plus légères, en les affublant de surnoms comme « monkeys » (singes), ce qui n’a fait réflechir personne. En effet, si la moquerie était gratuite et ressemblait à une supercherie de plus, ce choix délibéré de critiquer ce que l’on voit sur toutes les chaines de Télé avec leur R&B soyeux, sensuel et machiste était novateur, et donc voué à l’incompréhension...

Il a fallu un n-ième retour sur les routes europénnes dans la peau d’un shaman usé et essouflé, et la commémoration du Trentième anniversaire de la mort de Bob Marley, pour qu’il se regarde enfin dans un miroir et tire un trait sur ce passé de fouteur de merde. Son message aujourd’hui est simple, « souriez, c’est la seule façon de gagner la lutte contre Babylon ». On comprend alors rapidement la nature de ses plaisanteries exacerbées quand il nous lance avec le sourire que la joie est le seul pare feu à la violence : Lee Perry a donc fait le clown pendant tout ce temps, dans l’unique but de nous sauver, et sauver par là même sa chaotique fin de carrière…

Les candidats pour accompagner Lee sur scène à chaque tournée sont toujours différents, ne savant pas sur quel pied ils danseront, et doivent se retrouver à chaque fois dans des conditions optimum pour que cela fonctionne. Prenons un exemple : Imaginez-vous dans la peau d’un ingénieur du son, devant sonoriser le spectacle de Lee Perry, fàce au MEILLEUR des ingénieurs du son Reggae. On peut croire à une liesse verbale, point s’en faut, juste un regard lointain et le fauve disparaîtra... Difficile dans ces cas-là d'être confiant dans ses tournées, même si le vieux bonhomme n'a plus rien à prouver ! Cette année, un autre fauve, Dennis Bovell devait retrouver l’équipe du Charmax band, ce groupe qui s'est fait connaître avec Max Roméo (et qui porte le nom de son label), rehaussé d’un très bon guitariste français, Hughes, à l’origine du dernier enregistrement studio de Sugar Minott "Leave out of Babylon.

Avec seulement deux jours de répétition à Londres, la tournée n'a pas démarré de façon caustique ou détendue, mais de façon très aléatoire. Les deux premières dates n'avaient pas ce peps indispensable pour que Lee Perry puisse parfaire son message, maintenant sans lutins démoniaques qui l'incitent à éxagérer ses propos, mais avec toujours la volonté de montrer une certaine distance avec la Société, hilard dans ce monde de brutes !… Sa femme n’étant pas là, il conserve une garde féminine rapprochée avec sa fille à ses cotés. Simple et droit, il ne parle jamais beaucoup, et rentre directement à l’hotel à la fin de son show. On ne saura donc pas sa réaction quand un miracle a fait venir en lieu et place de Bovell, un ange gardien à la main d’acier, en la personne de Black Steel, guitariste mais ici bassiste, pour remonter la pente tout shuss, et prendre le tire fesse dans l’autre sens !

Cette année étant un cru très marley-isant, Lee Perry était aux premières loges pour effectuer un grand coup de balai dans la production de Tuff Gong : Un "Crazy Balhead" moins affuté que la "Small Axe", un "Sun is shining" moins brillant que "Duppy conqueror", le rite s’achèvera finalement avec "Curly locks", avant de prendre le virage de ses productions post-black ark, et sans y revenir... sauf en avignon, où il s'essaiera sur "War ina Babylon" pour la première fois en live. L'interprétation hasardeuse de ce refrain méga connu de Max Roméo, chanté faux par celui qui l'a enregistré, est le résumé même de tout le show : Après avoir tenté de recopier de très mauvaise façon le titre, il partira ensuite dans une impro bien sentie, où ses remarques et rimes claqueront sur les cordes de Black Steel avec une efficacité implacable...



On peut croire que personne n'irait voir une nouvelle fois ce témoin usé de l’Histoire, mais la salle en ce Lundi 21 Fevrier était pleine, les passagers du zinc ont communié avec la pèche de son dévot et jusqu’à la fin, car la banane brillait dans les regards : Le singe nous a donc encore appris quelquechose sur la Vie. The monkey speaks his mind… X-Ray.

Lee Perry & the Charmax Band en Avignon ce Lundi 21 Fevrier (merci à la salle les passagers du Zinc et à Finger, l'ingé-son ! ! )




Lee Perry & Adrian Sherwood - The mighty upsetter (2010, On-u sound) et sa version dub (DUB SETTER) en import japonais jusqu'à sa sortie toute récente sur le label de Sherwood, en vinyl et cd, pour célebrer l'anniversaire d'On-U Sound !! Avec aussi, Mad Alien Dub (2010, fake album)...

jeudi 5 août 2010

Vacances, c'est... la PAIX !

Pas une, mais deux occasions d'voir la paix cet été, faire la paix dès ce week-end à Vitrolles et reposer en paix jusqu'en Septembre à Aubagne... D'ici là, un petit sondage vous sera envoyé pour commenter ce blog, qui tourne depuis deux ans en rassemblant 6000 clics, et plein de patients malades qui attendent l'ordonnance du Docteur ! ! ! La guérison est proche, Pace Salute a tutti !





mardi 11 mai 2010

Alpha, le premier d'Afrique

Retour sur l'interview d'Alpha Blondy fait à Massilia, un premier Avril de cette année... Merci à Squaaly pour le pass, Bertrand pour des photos privées prises à Porquerolles, Philippe de VP records (appellé ici le producteur) et merci surtout à Alpha Blondy, qui, actualité oblige *,nous propose un retour sur sa discographie...
- Ca fait très longtemps que je ne t’ai plus rencontré (mon premier travail radio, c’était avec toi en 83 ! !), et je te retrouve tout sourire je vois, et avec plein de bonnes nouvelles…

- Dieu Merci, on va enfin faire un remastering de mes sept premiers albums pour EMI, et les retrouver enfin sur le marché. Ca fait 10 ans que mon contrat avec EMI est expiré, et vu que je suis le producteur, j’ai repris les bandes chez eux, c’était le grand souk, yu know…

- Dès le premier, t’a été ton producteur ?

Non, mais j’ai racheté les droits du premiers à George Benson, [aucun rapport avec le guitariste jazzy].

- Premier disque, premier succés…

Aucun disque n’a produit cet effet comme le premier, c’est le décollage, on a eu une chance inoui que l’enregistrement se soit bien passé, en maximum trois jours sur un huit pistes, alors t’avais intérêt à chanter vite et bien… Je suis passé à une émission qui s’appelait première chance, car le producteur travaillait aussi à la télé. Quand les gens m’ont découvert, on était dans la période des rafles et des arrestations, ceux qui ont connu la morsure de la matraque ont ensuite participé à l’explosion du titre, car c’était présent dans leurs esprits !

- Le producteur ne trouvait pas cela dangereux, comment un homme de télé a-t-il pu signer un nouveau chanteur rasta et subversif ?

C’était aussi un grand amoureux de musique, il voulait faire venir Bob en cote d’ivoire, cela ne s’est pas fait car Bob était déjà malade, il aimait déjà le reggae, surtout chanté en africain et en Français…

[s’en suivit une longue parenthèse sur les droits d’auteurs, le piratage en Afrique et ailleurs]
[Parenthèse du producteur] - C’est le premier à avoir crée un entreprise culturelle en Afrique…


Et c’est la France qui nous a sauvé : Quand la SACEM a créé le BURIDA [bureau des droits d’auteurs en Cote d’Ivoire] un certain Raphaël me convoque. Il se trouve que sur la pochette il y avait marqué PAI, et que le producteur m’avait dit que c’était le code. Il y avait la grande euphorie autour de cet album, et le producteur m’a dit : Attention, ils vont gater ton business, méfie-toi… Moi je vais au BURIDA, agressif, ils sont assis et me disent : Est ce que Mr Benson vous a payé ? – Oui, j’ai répondu. - Combien ? - 150 000 Francs CFA, 200 euros, c’était une jolie somme pour l’époque. Et j’ai ouvert un compte. – Savez-vous combien de disques vous avez vendu ? – Je sais pas mais beaucoup, je réponds. – Comme vous êtes déclarés chez nous, on est obligé de défendre vos droits. Vous savez ce que PAI veut dire ? – Oui, c’est le code –Quel code ? – Le code du disque ! On va t’aider : PAI veut dire Propriétaire actuellement inconnu, ce qui veut dire que tu n’existes pas ! Comme tu es inscrit chez nous, tu existe. Ma garde baisse un peu et on me donne un chèque de 12 million CFA !... A l’époque c’était énorme ! Même maintenant c’est énorme ! Et tu sais pas ce que j’ai fait avec… J’ai acheté un Walkman, et deux jeans Wrangler… La bourgeoisie man, on roule plus en bus, on prend le Taxi... Mais jusqu’à aujourd’hui, j’en veux pas au producteur, car à l’époque au moins il a osé.

- Et Rasta Poué est ensuite sorti ici, en mini album. Tous tes premiers LP sont courts, l’idée de rajouter des bonus pour leur re-sortie en Cd est fameuse !

J’ai trouvé des chansons inédites pour mettre ces rééditions au diapason, par exemple la version « opération coup de poing » en 45 t, la version de Jérusalem enregistré au Gabon en 85, avant la version Wailers, bref de beaux bonus…

- Un original de « Jerusalem » ? Dis nous en un peu plus…

Je revenais d’Israel pour un concert avec mes musiciens et j’ai eu l’inspiration aux studios Africa N°1 (qui appartenaient à Mme Bongo, au Cameroun). Il était bien équipé, le résultat ressemble à la version jamaïcaine, mais il y a un doigté différent, une sonorité plus africaine, c’est dur à expliquer : J’ai pris cette version pour leur faire écouter quand je suis allé en Jamaïque, pour que les Wailers fassent selon leur sensibilité en respectant le feeling de mes musiciens, l’ossature de ce que j’avais fait.

- Comment s’est passé l'enregistrement de cet album ?

C’est le frère Jimmy Cliff qui nous a ouvert les portes de Tuff Gong, yu know, et tous les morceaux ont été répété ce qui n’était pas l’habitude du groue, qui faisaient du « One Shot » . Cela remonte en 1984, j’avais une amie Hélène Lee qui a crée le contact, je le dis même si le courant ne passe plus avec nous... Même si tu n’aimes pas le lièvre, reconnais qui court vite ! J’espère qu’elle admet cela elle aussi, que c’est elle le point de départ. On est parti au Sunsplash, on a rencontré [Prince ] Jazzboe, qu’elle conaissait bien et qui ‘ma présenté Familyman. Ils connaissaient la plume d’Hélène, et les amis de mes amis sont mes amis, yu know… je voulais la signature Wailers, pour légaliser le reggae africain, la chanson « Cocody rock » avait été fait avant à Paris aux studios Felicité, ils l’ont joué, l’ont remonté avec moi, puis en 85-86, je suis retourné sans Hélène pour travailler « Jerusalem ». On s’est aussi retrouvé en Israël sur un Festival à Tel Aviv, Junior Murvin chantait alors, ce sont que de supers souvenirs…

[Parenthèse de Squally] - Mais tu te souviens de tout…

Je suis de cote d’ivoire, mémoire d’éléphant, yu know !
- Que retient tu de tous ces souvenirs ?

Je vais te surprendre, mais pour les mauvaises nouvelles comme les bonnes je dis Dieu merci, tout ce que dieu fait est bon, dans les épreuves que l‘on traverse on apprend toujours… Ce que je dirai à mes enfants…

- Combien en as-tu ?

J’ai neuf enfants, et j’en ai adopté deux !

- T’as l’équipe alors ?

Ouis et on va jouer contre l’O.M bientôt… [S'en suivra un long moment à parler ballon, mais, pour la petite histoire, la majorité de ses enfants... sont des filles !]. La vérité, c’est qu’ici-bas rien n’est facile. Il faut savoir tirer le positif du négatif pour avancer, la vie vous brise…



- Parle nous de ces mauvais pas…

Gram Bassam Rock est raté, trop rapide, je le voulais avec des cuivres, mais EMI voulait faire le dernier, et voulait faire vite : J’ai les boules quand le l’écoute… Mais ainsi soit il ?.

- Tu n’es pas le seul, Youssou ‘N Dour est revenu de Jamaïque il y a peu avec un album décevant…

Oui, il faut que je l’écoute, car tu n’es pas le premier à me le dire. C’est vraiment dommage.

- Quand as-tu senti que le reggae est devenu mondial ?


Quand chaque élément de chaque pays a pris sa langue pour chanter en reggae, cela a créé un apport culturel nouveau ! Y’ a eu en fait un concours de circonstance : Quand j’écrivais mes chansons à New York [au tout début de sa carrière], j’ai choisi de reprendre « War » et « I shot the Sheriff » en français, mais comme j’étais chanteur africain, le public pensait que c’était en Africain, la même langue que quand je chantais « Bori Samory » ! En même temps, Clive m’a poussé à écrire en Dioula et en Français, plutôt qu’en Anglais comme le font les jamaïcains, pour apporter un plus. Il me disait, si ils avaient eu la chance de parler une langue africaine, ils chanteraient ainsi. Quand tu analyses cette assertion, il n’a pas tort. Regarde la cote d’Ivoire, nous avons 60 ethnies, imagines chaque jeune chantant du reggae dans sa langue, ça fait du Monde. Et au Nigéria, y’a les Yorubas, Haoussa, les Peuls, en Guinée, au Mali, au Ghana. Et en Afrique du Sud… Dans cette idée de diversifier le reggae, j’ai donc choisi de chanter en langue africaine, je me suis dit je suis sur et certain que quelqu’un va le chanter en Lingala, swahili.. Dieu merci, ça a pris, y’a du reggae burkinabé, en Bambara au Mali, en fula en Guinée.. Mon rève de reggae mosaïque est une réalité. De toute façon, quand tu écoutes du reggae, c’est plein de styles différents [il cite burning Spear et Bob, U-Roy, I Jah Man, Steel Pulse].

- Y’a même un Italien qui chante tes chansons [Alborosie, NDLR] ?...


Y’en a même un italien qui a fait une reprise de Sebe allah yé en Techno ! Un algérien Youssef Didil a repris Brigadier sabari, Chéou chagari, ca déchire, avec un chorus de guitare mortel ! Une fille l’a aussi repris en grec !

Et le Reggae africain aujourd’hui ?

Aujourd’hui y’en a plein de bons, mais toujours pas de producteurs. Ceux qui jouent dans mon restaurant, le vieux Mogo (le vieil homme) sont un collectif de six artistes, comme par exemple un qui chante Slavery days en Ashanti. Tout est mixé par Timour, celà va sortir bientôt. Il y a beaucoup de talents en Afrique : Fadal Dey, Ismael Isaac, son dioula est parfait, Ahmed Faras, Serge Kassy (même si on lui reproche d’être trop allié à la galaxie de patriotiques de Cote d’Iivoire., mais on a pas de major africaine, ce sont les pirates qui sont de grosse sociétés ! Je ne parle pas de Tiken, je ne l’aime pas, pas à cause de sa musique, c’est sa gueule qui ne me revient pas ! … [Il chante Johnny Hallyday, nous on se rappelle de son titre « Mister grande gueule », qui chanta le soir même.]

« Jah Verity » était une sorte de retour inespéré d’un Alpha Blondy roots ?

Non, pour moi c’est une continuité avec les moyens nouveaux, et une liberté nouvelle. Mais c’est vrai, dans la vie y’a le facteur chance…

[Parenthèse du producteur] -
Pink Floyd et de la cornemuse, tu trouves cela roots toi ?...

Comment s’est venu ?


On était en studio, on travaillait « Wish you were here », j’ai dit à Michel [Jovanovitch, de Médiacom] je vois bien la ligne de claviers principale refaite au violon, au violoncelle, ou au tuba. Il m’a dit en rigolant, pourquoi pas à la cornemuse ! Mais son idée n’est pas si mal car on s’attend à tout mais pas ça… Et comme je suis toujours en quête de sons nouveaux [après la darbouka, la flûte péruvienne], un frère celte breton hyper talentueux m’a donné rendez vous le lendemain matin. Je suis arrivé deux heures en retard, à l’heure africaine, pour l’entendre enregister au studio, mais il avait déjà fini son solo ! Une seule prise. Rien à redire. Quand tu vois le dvd au zenih, c’est lui, il vient avec sa tête de professeur de chimie, tu ne le soupconne pas de faire cela, il a une aisance enfantine, il m’a « blow », tu know...

- Ton prochain album ?

Si je te dévierge la vierge, elle ser aune pétasse ! mais Je ne retournerai pas en Jamaïque aujourd’hui pour l’enregistrer, en France y’a de bons studios, de bons musiciens, je peux inviter des Jamaïcains, pour venir faire une ligne de basse par exemple. Malheureusement, pour le prochain album, Tyrone n’est pas dispo, en tournée avec Youssou ‘n Dour. On est en période laboratoire, on habille le fétiche, on garde le mystère…

- A quand la retraite ?

Après 30 ans de chomage, tu as enfin un boulot, tu ne vas pas prendre des vacances… C’est mon cas, tu sais, la peur de la précarité, et aussi tu ne sens pas la vie passer. A Abidjan tu sais, j’ai le Café de Versailles, le plus grand maquis du monde, et je suis modeste. Tu sais ce que c’est ? Ce sont des restaurants en plein air, celui là très moderne. Tout le monde y va, Ivoiriens, Libanais, Français ...

[Parenthèse du producteur] - Un Boudha Bar africain à Abidjan !

Non, c’est diffférent, y’a une salle de spectacle, une terrasse de 800 personnes, une boîte de nuit, un écran géant pour voir les Elephants [l’équipe de foot de Cote d’Ivoire] perdre ! Tu sais à propos, y’a deux équipes ou il faut un cardiologue à coté, pour pouvoir voir tous leurs matchs. Les Eléphants, et les Français ! On a construit ce café pendant que la guerre éclatait car on ne savait pas ou aller. Et je suis aussi quelqu’un de très casanier… Mais j’y invite tous les amis… [S’en suit une discussion sur certains proches de nous deux comme Tom, ou le journaliste Bertrand Lavaine] … Tous ces visages inconnus qui dans l’ombre ont contribué à la carrière d’Alpha. Vous savez, les vrais rois sont ceux qui sont dans l’humilité, comme vous… [Merci à toi ...]

lundi 12 octobre 2009

La plus belle pour aller danser...

La meilleure date de la Fiesta 2008 (un an déjà, c'était la naissance de ce blog !) restera une des dernières apparitions d’Alain Bashung. Son ombre plane encore sur les Docks et le voile est tombé sur la programmation de cette année, un concentré de passé, de présent et d’avenir, qui va faire couler beaucoup d’encres…

Bashung avait repris « Les mots bleus », l’hymne blues pour français moyen d’un Saint Christophe moustachu et dragueur, jamais complètement sorti des strass et de l’innocence de l’époque Top 50. Bashung avait aussi au début ce coté Kraut-Punk sale et éméché, radicalement non cartésien que défendait Nina Hagen, qui arrive comme un cheveu dans la soupe… Rêveur et provocante, ces deux artistes divisent ou regroupent les souvenirs de nos 20 ans. et même si la qualité n’était pas toujours là, ils rappellent que ces années 80 ont forgé des styles si personnels et libres qu’il n'en reste plus aucune trace aujourd'hui...

La tchatche de locaux comme Toko Blaze (sympa routier des scènes du Sud) ou Sam Karpénia, l’exotisme baltique (Caravan Palace) ou la plastique d’une bête à cornes (Rinocérose) essaieront non sans peine de se démarquer dans ce lieu présentant ses délires les plus baroques au regard joufflu d’une jeunesse qui a préfère sans doute Marsatac. Le son Reggae est bien absent, surtout depuis que les mixeurs masqués de Loo & Placido nous servent une crème anglaise prise de tête beaucoup moins légères que leurs premiers morceaux (Beatles, Queen, et Disco Inferno en reggae, celà le faisait beaucoup mieux!). Conforme à ses coutumes locales, on touchera du doigt la World-Music la plus farfelue (après la cécité, la paraplégie de Staff Benda Bilili…) et la plus noble (une soirée Flamenco avec Juan Carmona et des danseurs invités). On n’attendra plus le « grand » retour de Khaled, coureur de fond maintes fois invité dans cette épreuve ! De jeunes pousses roots réunionnaises, Toguna seront peut-être un des temps forts des cinq soirs de ce festival avec un bon buzz autour de Izia qui a passé l’épreuve des festivals de cet été, approuvé par le père Higelin. On entend déjà les insatisfaits vouloir remplacer Charlie Winston (autre tête d’affiche plus actuelle) par Leonard Cohen, et Izia par Jacques. Les pingres dénigreront dans cette programmation l’abondance de noms de DJ au lieu de noms de groupes, les plus tatillons l’absence de Nathalie Natiembé déjà croisée avec Bumcello à la Fiesta. Même les moins branchés auront noté que le futur tram se construisant devant la grande scène, il y aura donc du changement cette année, et peut-être encore plus de promiscuité. Mais c'est sur QUE L'ON NE VA PASA LA FIESTA POUR VOIR DES CONCERTS ! La défection de Chaka Demus, qui s'était débarassé de son Pliers dans un premier temps, rassurera tous ceux qui craignaient ce retour plus que douteux ! Le manque de thèmes communs aux soirées (c’est sûr que la soirée du Vendredi 23 avec plateau de danse Hip-Hop et DJs de Constantinople, on ne voit pas cela partout) et de musiques africaines ou jamaïcaines dans la programmation de la Fiesta est redondant depuis le début des festivités… Bernard Aubert nous a indiqué que ses coups de coeur sont Avishai Cohen (Jeudi 22) et Charlie Winston (Vendredi 16), « écoutés tout l’été », même si ils ont surement été pressentis bien avant (!). Si la surprise pourrait être ces icône des années 80 déjà citées, aucune info de plus n'est sorti de la conférence de presse, tant est si bien que l'on se demande si ils savent eux-mêmes où en sont ces artistes d'un point de vue artistique... Mais c'est bien connu, à la Fiesta, ON S'EN FOUT UN PEU DES ARTISTES ! N’hésitant pas à donner carte blanche à des acteurs qu’il soutient, il reste fidèle à des amis comme Khaled (24), et acceuille cette année Juan Carmona (1er concert à la Fiesta en 96 pour son premier album), avec tout le « gratin » du Flamenco et un orchestre symphonique (le 22). La parenthèse Marsatac (considéré comme un mariage « gaché, qui ne pouvait pas se réparer et devait donc se séparer…) laisse place au tapis rouge des docks, pour plus d’ambitions et un peu plus d’un million d’Euros de budget. Tout est fait pour vous plaire pourtant, avec en nouveauté des grands écrans et d’autres fioritures (comme une démonstration de Cocktails), des expos un peu partout dans les containers, et des navettes gratuites pour rentrer. L’équipe agit désormais en responsable (tri sélectif, et gobelet unique pour les bars) et se donne bonne conscience en invitant à la conférence de presse un acousticien qui semble satisfait des améliorations faites(???). Encore pire, on donne dans l'humanitaire en proposant à la fondation Abbé Pierre de mettre une centaine de boites aux lettres à destination de S.D.F. invités, pour leur transmettre des messages de soutien : C'est sur, à la Fiesta, ON Y VA QUE POUR AIDER SON PROCHAIN, NON?...

lundi 3 août 2009

Voilà l'été ! !

I, Docteur X-Ray animait ce Vendredi 14 Aout une Holy Hot Sunset en l'honneur de l'anniversaire de Ras Henri, fondateur du JA Sound. Plus de 100 personnes ont partagé un pur moment de bonheur avec nous, sur la plage et jusqu'à 01h du matin : Mes plus vieilles galettes ont tourné et vous avez tous je crois apprécié le son, et dans ces conditions là c'était le TOP ! Si l'on ne nous avait pas dit d'arrêter, sûr que celà aurait pu continuer toute la nuit... Une platine vinyl sur les deux a eu de gros ennuis de pitch (elle n'allait pas à la bonne vitesse en 45 tours) ce qui m'a empéché d'enchainer systématiquement deux singles. C'est donc dur aujourd'hui d'éditer une play-list complète, même si vous êtes nombreux à la vouloir...
Il y a eu un petit retard (trop de monde sur la plage à 19h ! ! !) au départ, donc pas de Calypso pour débuter mon set, mais une série de Live (Dennis Brown, Aswad, Burning spear), que des classiques. Peu de dancehall dans tout le set, à part un General Levy pour les plus déchainés, et un Chicken Flap qui a détroné la chenille : Sur un riddim classique, le Hi-Fashion (Bobbby Bobylon) Daddy Horseman et Ricky Ranking, un Maxi Magic Shoot qui a presque 20 ans ! Du Ska (My Boy Lollipop, Message to you rudy), du Oldies studio One (parmi de nombreuses sélections, le maxi d'Al Walker "Chick Chick") une serie de Bubbling (Echo Minott, Winston Hussey, Toyan), sans oublier les riddims Answer, Fade Away, Heavenless, I can't Hide, et des 12'' comme le "Rivers of Babylon" de U-Roy, "Mister Know it all" de Gregory Isaacs, "Book of old testament" de Sylford Walker, "Israelites" version reggae de Mystic M & Jah Stitch, "Morgan the Pirate" de Mighty Diamonds, et j'en passe... Ayant à disposition mes 33 tours de Calypso, je n'ai pu résister à vous faire partager ce terrible morceau de Harry Belafonte, entendu dans Beetlejuice. Enchainé à Bubbles Cameron et ses rythmes soul-nyabinghi, ca l'a fait!!!!

Merci aussi pour l'accueil du mix de Tchoi MC avec sa version de Beat it en Reggae, ce fut un pur moment de délire partagé, et on en reparlera bientôt sur ce blog! Ce bootleg a été enchainé avec les Blood Sisters, sur le disco "Ring my Bell", puis repassé avec après un mix de King tubby & des Beatles capturé sur le Web en 2007... On vous proposera d'autres mixes maisons à chaque prestation, promis. Et la prochaine sera sans doute au Bar de la Plaine, le 10 Octobre prochain, pour un special Reggae Anglais, 1975 - 1995...

mardi 14 juillet 2009

We nah follow natty dread !

Lecteur assidu de N.D. depuis ses premiers numéros en noir & blanc, je me décide enfin à adresser au courrier – forum des lecteurs mon sentiment, suite à la lecture du seul article jamais publié en Français ( ?) sur Jacob « killer » Miller…C’est bizzare que personne ne dresse de critiques à l’encontre de cette « bio » de surface très brouillon, seul l’absence de crédits photos a été relevée jusque là. En étant publiée un peu moins dans la hâte (c’est bientôt le 30ème anniversaire de sa disparition, non ?...), elle aurait pû vous en apporter plus ! Allons y pour une relecture… C’est drôle par exemple de lire que l’album « Reggae Thing » de 1976 est anecdotique quand c’est par lui que j’ai découvert cet artiste (en 1982) et tant pour moi il recèle uniquement de pures chansons : Deux seules reprises (non ré enregistrées, comment dire qu’elles sonnent moins bien ?....), l’énergie de "Ghetto on fire", l’esprit cool de "Groovin’", des titres signés Chinna Smith (comme 80 000 careless ethiopians, pas moins) le piano de Pablo, le hit "Jah music"ou le militant " Roman soldiers of Babylon"... De la pochette (si, si) aux lyrics (édités à l’interieur du vinyl), c’est surement un des meilleurs albums de Inner Circle. Question de goût ? Pas sur, tant « Ready for the world » qui contient aussi des perles ne vous a pas touché… Les avez-vous seulement écouté avant d’en parler, ou avez-vous sur eux une conclusion toute faite étant sortis par des majors… Dire que leur musique est « cross-over » (plus que Marley !) est aberrant quand on voit ce qu’ont fait les Jamaïcains des rythmes us depuis la Fondation Ska, c’était plus un cross-back, car on disait à l’époque : La différence entre un musicien américain et jamaïcain, est que le yardie peut tout refaire mieux qu’eux, là où l’américain n’arrive même pas à copier un Reggae roots (citation Gainsbourg)! … Là où l’on peut aimer ou pas, on est obligé de ne pas dire n’importe quoi… Rien de pop dans cet album qui montre (et explique au verso du LP) l'essence de la "Reggae thing". Si vous vous attardez sur ses relations avec Chris Blackwell et Pablo, ces stéréotypes et vos phrases toutes faites manquent sérieusement d’analyse. Comment pouvions nous envisager un « killer » album Miller-Pablo-Blackwell en 75 alors que ces quelques singles (pas seulement ceux cités, d’autres duos apparus ensuite sous Trojan, comme l’excellentissime Irie Feelings de Rupie Edwards) n’ont pas décidé Island d’en faire un champion ? Sans imaginer le placer comme un quelconque remplaçant à Bob, ils ont juste « découvert » sa face Dub, laissant Jacob filer sur une autre major, avant de repasser par Island gràce à Rockers, pour ne jamais aller plus loin… L’époque Marley sous Chris Blackwell n’étant pas la meilleure non plus, disent les plus courageux, alors cet album imaginé n’aurait peut-être pas été si « killer » que ca… Dire que le patron d’Island voulait mettre le nom du lead vocal devant le nom du groupe (comme Bob & the Wailers) est faux, il n’a pas fait cela pour Black Uhuru, Third World ou Burning Spear, que je sache ?... Jacob Miller a eu une série de succés locaux AVANT de rejoindre le groupe (l’aide apportée par Niney, Blackbeard ou Bunny Lee, vous connaissez ?...). S’il a continué de signer de son nom certains titres de Inner Circle, c’était uniquement pour rallier ses fans de base qui le suivaient déjà (source : Steve Nye), tout en signant un contrat exclusif avec une major... Parler de cette double carrière (en solo ou en groupe) aurait été un axe intéressant de l’article, mais en allant chercher le témoignage des membres du groupe, et en citant le travail conséquent de Bernard « Touter » Harvey, les premiers soutiens de Tommy Cowan (où l’on retrouve Pablo), ou les efforts Dubs de la section Fatman Riddim (Is it war or Peace, ou tribulation Dub pour n’en citer que deux…). Au lieu de cela vous citez la pochette de Natty Christmas (certainement pas choisie par Jacob), et ne comprenez pas la « blague potache » autour de l’herbe qu’il jamme (sur la scène du Sunsplash 78 plus vraissemblablement qu’à celle du Peace concert) en s’entichant d’une casquette de flic… Remettez les choses à leur place, revoyez l’extrait, comme celui de Rockers (le ROLE qu’il y joue ne doit pas être interprété comme allant dans le sens de Dillinger, Gregory Isaacs n’est pas dépanneur de clés pour les touristes, non plus?...). Sa courte carrière (6 ans) n’est pas défrichée et trop vite déroulée, sans trouvaille comparative avec celle de Bob. Lee O’Neill a d’ailleurs été plus loin en soulignant (sur reggae archives) l’énergie du premier au détriment de la noirceur « claustrophobique » du second, lors de ce concert historique et du geste révolutionaire et populaire de Jacob Miller (réunissant les deux chefs de Gang), que n’a pas retenu la version officielle des deux partis PNP et JLP, préférant montrer Bob tenant la main des deux leaders de partis... De plus, sa fin tragique avait été à l’époque traduite comme un « meurtre » par de nombreux témoignages car ses freins auraient été trafiqués (y a-t-il eu même une quelconque enquête), tant est si bien qu’en France on a d’abord eu la nouvelle de son assassinat avant d’avoir les conclusions hâtives de cet accident. Alors, complot de labels ou de gangs, il faudrait y voir plus clair, trente ans après…
Question discographie, je rajouterai volontiers la compilaton Trojan/Sanctuary paru en 2004, et qui recèle de trésors, avec principalement des titres cédés par Feu Tommy Cowan, et insisterait un peu sur les deux reprises de Bob Marley (3 O' clock, et Natty Dread) à ajouter à Burial, pour sa collaboration avec Augustus Pablo.
Dans les années 90, un "Songbook" de Jacob Miller où l'on peut entendre les hommages de Sanchez, Luciano Freddie Mc Gregor, et les dérives de Red Rat, sur des morceaux retapés pour l'occasion est sorti dans une quasi ignorance, puis plus tard, un mix tonitruant de King Tubby sur les standards du Killer a fait heureusement surface, et vous évité d'acheter les deux excellents (mais pirates) cd parus sur Esoldun...

Bref, que les détenteurs et critiques du magazine « Natty Dread » se mettent d’accord, c’est un journal d’opinion, libre de dire ce qu’il veut, de vous raconter son histoire, sa Vérité sur le Reggae. Mais il faut dans ce genre de forum dire aussi la sienne, surtout quand il s’agit d’erreurs ou de lacunes dispensant ce genre d’article d’être de référence pour tous les lecteurs qui veulent en savoir plus, comme moi, comme vous…

Sachant déjà qu’il ne fallait pas trop vous chatouiller, je tentais seulement
- de remettre un peu les choses à leur place…
- de vous soumettre mon sentiment sur cet article !
- de vous faire admettre qu’il aurait mérité d’être un peu plus « travaillé ».
Je ne range pas systématiquement tout ce que je lis à coté de la Bible, (c’est une image bien sur !), je préfère vérifier d’abord... Un exemple m’a fait sourire : On ne sait pas exactement la date de naissance de Jacob Miller (on s’en fout d’ailleurs) ; la plus recensée est le 4/05 - Yannick Maréchal donne le 23/03, se trompant avec sa date de décés ! - de l’année 1952 ou 1955, voire 1956 ou 1958 d’après un interview au Rockers shop de Pablo. Vous pouviez donc difficilement savoir la Vérité, mais de là à citer deux dates différentes (sur la couv’ et dans votre magazine)… Sans employer de conditionnel (!), vous répondez assurément dans ce forum l’année 1954 : Tiens, on nous l’avait jamais sortie celle-là !
Je n’essayais donc pas de minimiser un travail évident : Si vous ne connaissiez pas le reggae, je ne vous lirai pas depuis le début !... J’ai dévoré comme tous les passionnés cet article, mais je me demandais seulement : Quand le single « Baby I love you so » est sorti, la patron d’Island savait–il qui était Jacob ? Vous avez dû apprendre dans ce même interview qu’il ne connaissait même pas Bob Marley avant de le rencontrer dans ses bureaux d’Angleterre en 1973… Mon pote Chris m’en a parlé encore hier, et m’a d’ailleurs laissé la photo dont il vos a parlé, sur l’avion… Si vous voulez la voir…
Avez-vous enfin écouté les albums de Inner Circle sur la major US Capitol ? Alors, pas de faute de goût ? Lloyd Bradley les met aussi au top de la discographie du groupe, vous savez ? C’est vraiment drôle, mais toujours dans ce même interview que vous citez, Chris parle de relations qu’il avait avec Capitol USA, dès 1970 ! De là à dire que la signature de Inner Circle s’est faite grâce à lui, il n’y a plus qu’un conditionnel à mettre…
Quant aux rumeurs sur son décés, je n’avais pas à faire ce travail de journaliste, ne l’étant pas pour votre magazine… Je me contente de vérifier après vous lire, et avant d’écrire mes articles sur un blog… Sur ce génial artiste, j’aurai insisté sur son poids (sans jeu de mot) et sa place dans la Reggae : C’était la voix du peuple jamaïcain de la fin des années 70. Dur de savoir que vous mettez ses textes à la cheville de Bob, ils sont pour moi au firmament rasta, au sommet du roots, plus engagé et ancré à Yard que quiconque à cet époque : « Can’t even be free ina own land, the wicked, they turn it to battleground, can’t even smoke our little ily, let’s sing praises unto Jah RastafarI…. » [© penetrate music]. De quoi l’éliminer lui aussi ?
Au fait pour cet interview de mon poto: © 2009 Brant Publications, Inc. Gale, Cengage Learning- le journaliste est Hooman Majd, et on le trouve facilement sur le net en Anglais, mais je pense qu’on peut facilement en demander l’autorisation de le traduire... X-Ray sur le forum Natty Dread